volcan et puys
Le Plomb du Cantal
24/11/2015

Le Plomb du Cantal

Le Plomb du Cantal, est le point culminant des Monts du Cantal. Ses 1 855 mètres d'altitude en font le deuxième plus haut sommet du Massif central après le Puy de Sancy (1 886 m).

Situé au centre du département du Cantal, il constitue la ligne de crête entre les vallées de la Cère, de l'Alagnon et de Brezons, de part et d'autre des communes de Saint Jacques des Blats, d'Albepierre et de Laveissière.

L'origine du mot cantal / chantal, courant en Auvergne, est plus incertaine. Selon Albert d'Auzat, le suffixe prélatin allu de l'ancienne forme *Cantallu, indique une origine prélatine dont le radical pourrait être le mot gaulois Cant = brillant, évoquant l'apparence de l'ensemble des monts Cantal enneigés l'hiver.

C'est un point triple de rencontre des bassins versants de trois grands fleuves :

  • côté Saint-Jacques-des-Blats, à l'ouest, c'est le bassin-versant de la Cère, qui se dirige vers la Dordogne ;

  • côté Brezons, au sud, c'est le bassin-versant du Brezons, qui se dirige vers la Garonne ;

  • côté Albepierre-Bredons, au nord-est, c'est le bassin versant de l'Alagnon, qui se dirige vers la Loire.

Il fait partie intégrante du stratovolcan du Cantal, le plus grand d'Europe, avec 60 km de diamètre et dont la hauteur, il y a 4 Ma, dépassait les 3 000 mètres.

Le Plomb du Cantal est formé d'un culot de basanite (roche proche du basalte) vestige d'un lac de lave basaltique solidifiée, est la partie la plus récente de ce vaste édifice : il s'est formé il y a 2,9 Ma.

Celui-ci surmonte un amoncellement de plusieurs dizaines de coulées de trachyandésite et de brèches pyroclastiques (formées à la suite de nuées ardentes).

Au Quaternaire récent, le Plomb du Cantal subit l'érosion glaciaire sans trop de dégâts puisqu'il y a 2,9 Ma il n'excédait pas 1 900 mètres.

 

L'empilement du Plomb du Cantal

Le versant nord du Plomb du Cantal et le versant sud du Bec de l'Aigle, au-dessus de la Font d'Alagnon, sont constitués par un empilement de coulées alternant avec des formations bréchiques composant 60 à 80 % de l'empilement. Sous le Bec de l'Aigle, cette séquence se répète une dizaine de fois sur 600 m de dénivelé. Sur le versant nord du Plomb du Cantal, il est possible d'en compter une dizaine sur 800 m de dénivelé, leur nombre variant en fonction des paléomorphologies empruntées par les coulées.

Dans le paysage, les coulées forment des escarpements de 20 à 40 m d'épaisseur, de couleur claire, aux prismes souvent visibles. Dans certains cas, les brèches intercalées forment des escarpements de couleur brun sombre et d'aspect ruiniforme, mais elles sont, en général, recouvertes par la végétation.

La base des coulées, d'une épaisseur de 4 à 5 m, est rarement visible et est constituée de blocs trachyandésitiques recuits (de teinte rougeâtre), polychromes et de taille hétérogène. Ces blocs sont rarement anguleux et on ne trouve quasiment pas de matrice interstitielle.

Les niveaux de brèches présentent quelquefois des intercalations floues et discontinues de niveaux plus fins. Aucune figure d'écoulement ou de granoclassement n'est visible dans ces niveaux. Dans le corps de la brèche, les blocs sont très anguleux et de taille relativement homogène : rarement supérieur à 1 m, leur diamètre est en majorité compris entre 10 et 30 cm.

Les blocs sont, dans la plupart des cas, soudés par un ciment de même composition et indissociable des éléments.

Les pentes, quelquefois très fortes de ces coulées et brèches (20 à 35°), donnaient au volcan une forme caractéristique de stratovolcan.

Ces brèches, trouvées en place au cœur du Cantal, sont très abondantes sous forme de blocs et de mégablocs dans les dépôts d'avalanches de débris (plus de la moitié des blocs et mégablocs des dépôts d'avalanches de débris de l'Ouest du Cantal).

D'un point de vue volcanologique, ces brèches proviennent d'éruptions de type « nuées ardentes » (d'après les critères de nature, de taille et de la forme des blocs, et de leurs relations avec les matrices).