Via Celtica, Via Arverna...

Via Celtica - Via Arverna - Route Royale 126

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Via Celtica

La voie Celtica (Via Celtica) est une voie romaine qui traverse les Monts du Cantal (Mons Celtorum) et le Pays des Arvernes en allant de Massiac à Arpajon-sur-Cère.

C'est une voie secondaire (via terrana ou via rustica) considérée comme faisant partie d'un itinéraire plus long, la voie des Métaux, partant de l'estuaire de la Loire.

Une autre voie romaine traverse le Massif central plus au sud par la haute Margeride, en passant sur les plateaux de Trizac, de Collandres et d'Apchon, appelée la chaussée de la reine Blanche (Auvergne).

Historique

Cette voie emprunte un itinéraire antique plus ancien que la conquête de la Gaule par les Romains.

L'Itinéraire qui passe par le Plomb du Cantal et qui portait le nom de grande estrade du Cantal, n'a jamais cessé d'être empruntée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, époque de la construction par les intendants d'une nouvelle route royale passant dans les vallées de la Cère et de l'Alagnon (la route Royale  126 actuelle route nationale 122).

La table de Peutinger  est une copie du XIIIe siècle d'une ancienne carte romaine où figurent les routes et les villes principales de l'Empire romain

Les régions de la Gaule romaine, carte réalisée par Jan Jansson en 1657

 

Le GR 400 suit le tracé de la voie romaine

 

 

Le col de la Pourtoune, le Puy Brunet (1 806 m) et le Plomb du Cantal

Deux itinéraires :

Après avoir suivi la vallée de l'Alagnon jusqu'à Murat, deux itinéraires différents sont attestés :

  • l'un par le plateau du Bru, la vallée de la Santoire, et le col de Cabre.
  • L'autre passe à proximité du Plomb du Cantal, au col de la Tombe du Père, et sur le plateau entre les vallées du Goul et de la Cère en suivant le tracé indiqué sur les cartes d'état-major jusqu'à Jou-sous-Monjou. Là, le chemin bifurque d'un côté vers le château de Carlat, de l'autre vers la vallée de la Cère.

Itinéraire par le plateau du Bru

  • Depuis Massiac, elle franchit l'Alagnon au gué de Grenier-Montgon ;
  • Sur le Plateau de La Bousseloeuf ou du Bru (alt. 1 090 m.), des morceaux de cette voie, bordés de muret, sont toujours bien visibles ;
  • Elle passe au sud d'Allanche au Plot du Cap (alt. 1 067 m.), franchit la vallée au col de Cambalut, puis passe à Dienne (alt. 1 060 m.), ensuite franchit le col de Cabre (alt. 1 528 m., entre le Puy de Peyre-Arse 1 806 m. et le Puy Bataillouse 1 683 m.) puis redescend la vallée de la Jordanne à Mandailles (Cantal) (alt. 924 m.) jusqu'à Aurillac (alt. 620 m.), et delà rejoint en plaine Arpajon-sur-Cère (alt. 610 m.).

Itinéraire par le Mons Celticum

  • Partant aussi de Massiac, elle longeait la vallée de l'Allagnon en passant à Molompize (alt.597 m.),
  • à côté de la commanderie de Celles (alt. 894 m.) jusqu'à Murat (alt. 898 m.) ;
  • de là, elle tournait vers Albepierre-Bredons (alt. 1 052 m) jusqu'au col de Prat-de-Bouc (alt. 1 396 m.).
  • Là, la voie laisse à droite la route de la vallée de Brezons qui conduit à Saint-Flour et monte vers l'Ouest sur une arête passant au col de la Tombe-du-Père (alt. 1 586 m.), laissant le Plomb à droite pour prendre le col de la Pourtoune qui monte à l'altitude de 1 693 m.
  • Descente du Mons Celtius sur la crête entre vallées du Goul et de la Cère. Actuellement, le GR4 permet d'emprunter une arête qui conduit en haut du Plomb du Cantal (alt. 1 855 m.), d'où l'estrade du Cantal, qui reprend le tracé de la via Celtica, descend ensuite en ligne droite sur le plateau du Cantal qui sépare les vallées de la Cère et du Goul en passant :
  • au Puy-Gros et à la chapelle du Cantal sur la commune de Pailherols,
  • puis au buron de la Tuilière,
  • jusqu'à Curebourse sur la commune de Saint-Clément (alt. 994 m.), lieu d'un péage qui commandait l'accès à un col permettant de descendre dans la vallée de la Cère par un passage en lacets jusqu'à Vic-sur-Cère (alt. 669 m.). Là se trouvait en vallée une source thermale où on a découvert de nombreuses monnaies romaines, et le pont romain de Fournols. Les nombreux toponymes en - ac attestent de l'existence de domaines gallo-romains.
  • Au niveau de Puy-Gros (alt. 1 594 m.) se trouve une bifurcation qui donne accès au Rouergue par une autre voie.
  • Au niveau du buron de la Tuilière (alt. 1 337 m.), un col permet de redescendre de cette partie du plateau qui s'appelle Montagne du Jacquet dans la vallée de la Cère à Saint-Jacques-des-Blats (alt. 985 m.).
  • À partir de Vic, la route redevient rectiligne et passe en vallée par Polminhac (alt. 660 m.), Yolet, puis Arpajon-sur-Cère (alt. 610 m.).

La Via Arverna

520km en 20 étapes

La Via Arverna, une voie auvergnate vers Saint-Jacques de Compostelle.

La Via Arverna est une voie jacquaire quelque peu méconnue. Loin de la foule de pèlerins qui s’élancent chaque année depuis Le Puy-en-Velay , Vézelay ou encore de Saint-Jean Pied-de-Port, elle n’attire encore que peu de marcheurs.

Pourtant, au départ de Clermont-Ferrand, elle permet de découvrir une Auvergne intime, entre beaux villages aux riches architectures patrimoniales, calmes campagnes, vignobles et montagnes.

Via Arverna, un itinéraire magnifique – certains se risquent à prétendre qu’il n’en est pas de plus beau en France

De Clermont-Ferrand, elle remonte la vallée de l'Allagnon, franchit les Monts du Cantal, puis redescend la vallée de la Cère jusqu'à Rocamadour et enfin rejoint à Cahors l'itinéraire principal de la via Podiensis ; cette dernière se prolonge jusqu'au col de Roncevaux et, de là, à Saint-Jacques-de-Compostelle.

 

Sur la commune de Laveissière, Le Bec de l'Aigle à 1700m d'altitude est le point culminant de la Via Arverna

En passant par le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, le Cantal et le Lot, les randonneurs découvriront des paysages variés : les volcans d’Auvergne et la Chaîne des puys, le massif du Sancy, la vallée de l’Alagnon, les gorges de la Cère, la vallée de la Dordogne et les rives du Lot.
 
La richesse patrimoniale de cette voie de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle permet de contempler de superbes églises romanes, des villages médiévaux et des châteaux historiques.

Etape 10 - Murat -Saint Jacques des Blats

Etape de montagne avec une élévation progressive pour atteindre une altitude culminant à environ 1 700 m.

Au cours de ce chemin, vous suivrez la GR 400 (« Tour des monts du Cantal ») jusqu’au Puy du Griou. Passage ou contournement de plusieurs sommets (Puy Griou, Téton de Venus, …).

Les plus belles vues du chemin sont au rendez-vous.

Au cours de cette étape, découverte des gentianes sur les hauteurs. Vous quitterez l’Alagnon pour découvrir la rivière de la Cère à l’arrivée au village de Saint-Jacques-des-Blats.

La Route Royale 126

Chasse neige déblayant la route au Lioran

Le département du Cantal au XIXe siècle.

Au XIXe siècle, l'ouest et l'est du département ne sont reliés que par la route royale n° 126 entre Montauban et Saint-Flour, construite en 1789. Celle-ci était censée remplacer l'ancienne voie romaine, la via Celtica, qui traversait les monts du Cantal par le col de la Tombe du Père au pied du Plomb du Cantal.

 

Autrefois, cette route était redoutée en hiver car recouverte d’une épaisse couche de neige et exposée à des vents violents, ce qui rend cet itinéraire impraticable plusieurs mois dans l’année.

Balayée par le vent du nord, enfouie sous 4 à 5 mètres de neige durant les mois d’hiver, elle était alors impraticable, malgré les nombreuses tentatives de déblaiement.

La route royale, essentiellement fréquentée par les troupes royales, franchit le col de Font-de-Cère (1 296 m), itinéraire souvent impraticable d'octobre à mai à cause de la neige. Infranchissable en hiver, il ne l'était pas moins en été, mais pour d'autres raisons comme le brigandage excessif, les loups s'attaquant aux passant et la forêt du Lioran alimentant les peurs.

Le fréquenter était donc très dangereux comme le témoignaient de nombreuses croix en bois et en fer le long de la route en souvenirs de personnes agressées par les brigands ou les loups, ou bien surprises par les rigueurs de l'hiver.

Par conséquent, la route est délaissée des voyageurs préférant réutiliser l'ancienne voie romaine de la via Celtica.

Projet d'un pont à construire sur le ruisseau de la Pierre Taillade

Histoire de brigandage à Fraisse-Haut :

« En 1800, quelques hommes avaient cru l'époque favorable pour un mouvement politique. Afin de se procurer des fonds, ils tentèrent, à plusieurs reprises, d'enlever la recette générale.

Une de ces tentatives eut lieu notamment près du village de Fraysse-Haut, à l'entrée de la forêt du Lioran.

Quatre jeunes gens bien armés, étrangers en partie au pays, assaillirent la voiture qui portait le versement des receveurs, firent feu sur les deux gendarmes qui l'escortaient, et tuèrent un de ses militaires.

La nouvelle s'en répandit promptement dans Murat ; la jeunesse disponible de la ville fut mise en réquisition et lancée à la poursuite des délinquants. La forêt du Lioran, alors intacte, pouvait favoriser leur évasion ; mais ils eurent l'imprudence de faire halte au sommet d'une colline d'où ils furent facilement aperçus par ceux qui les cherchaient.

Après une fusillade assez longue, qui heureusement ne fit aucune nouvelle victime, ils furent arrêtés, conduits au travers de la population réunie sur leur passage dans les prisons de Murat, et de là transférés à Lyon où ils subirent leur jugement. Les fonds enlevés furent réintégrés à la caisse.  »

En 1843, il est donc décidé de mettre fin à cet isolement  avec la construction du tout premier tunnel routier de France (en service jusqu’en 2007).

Puis vient l’arrivée du tourisme en 1868 avec la construction du tunnel ferroviaire et la gare du Lioran.