Toponymie & Anthroponymie

Toponymie & Anthroponymie

 

 

 

 

 

 

Un peu de Culture
 

Le Cantal est de langue occitane (patois), une langue orale. Le patois est précis au sujet des métiers et de tout ce qui touche aux champs, (outils, objets usuels), il est aussi très riche en verbes d’action. On s’exprime par formules, par des expressions toutes faites, des dictons qu’on se transmet de génération en génération.

Il existe différents dialectes et parlers mais cela n’empêche en rien leur compréhension. La difficulté réside plus dans le manque de pratique de la langue française et dans la dévalorisation du statut social du patois ; au point de faire de l’occitan seulement une marque d’identité, voire de repli, et non plus un instrument de communication.

D’ailleurs, au début du siècle, seul le français transmettait le savoir et permettait donc l’ascension sociale.

Pourtant l’occitan représente un véritable potentiel linguistique qu’il faut conserver. La perte progressive de l’occitan dans le cantal est un appauvrissement culturel. On sait qu’un enfant bilingue très tôt, peut apprendre facilement d’autres langues. Le Cantal a les atouts pour cela mais il ne les valorise pas réellement, peut-être par manque de conscience de cette richesse.

Promouvoir ce potentiel est pourtant essentiel à l’heure de l’ouverture au monde ; en effet, assumer sa culture propre permet de se situer dans un ensemble de plus en plus vaste.

A propos de la littérature cantalienne, il faut aussi parler des troubadours comme Arséne Vermenouze, Pierre de Roziers, Louis de Boissy. Tous chantaient cette fameuse langue et ont ainsi maintenu, à travers leur oeuvre, plus de mille ans de traditions. Cette littérature parle à l’instinct. Il faut, pour l’apprécier, croire un peu au destin, aux légendes... C’est une littérature fière de son oralité, de son passé, de son histoire.

La parole est le vecteur privilégié de la culture cantalienne, c’est un échange authentique et non virtuel.

Quelques définitions :

Ref : Dictionnaire topographique du Cantal (1897), Edouard Bouyé, archives départementales.

  • La lexicologie est la discipline de la linguistique consacrée à l'étude des mots. Elle s'intéresse à leur nature, à leur étymologie mais aussi aux relations systématiques (notamment sémantique) qui les caractérisent.
  • L'onomastique est une branche de la lexicologie qui a pour objet l'étude des noms propres : leur étymologie, leur formation, leur usage à travers les langues et les sociétés.
  • La toponymie est l'étude des noms propres désignant un lieu.
  • L'anthroponymie est l'étude des noms de personnes.

Les « couches linguistiques »

  • Formations « préceltiques », pré-indo-indoeuropéennes : cours d’eau et relief L’Auze (racine ALIS) Escalmels (dans les landes), Calmette (petite lande, petit plateau désert) (racine CALM)
  • Couche celtique : cours d’eau, relief, terrain, villes  (parfois hybrides moitié gaulois-moitié latin) ; vocabulaire rural en Auvergne  – Condat : confluent Rhue-Boujan
  • Formations latines (Ier siècle av JC-Ve siècle) et/ou romanes (Ve siècle-Xe siècle) – Giou-de-Mamou et Jou-sous-Montjou (Jovis = Jupiter)Faverolles (fèves)
  • Apport germanique (à partir des invasions du Ve siècle) – Marmanhac (Marcomannus + iacum)
  • Langue d’oc (à partir du Xe siècle) Rouziers (rosier)

La structure des noms

  • La composition (nom + nom ou nom + adjectif) Bel-veyre/Bel-bex ; Neuv-église; Vieille-vie; Albe-pierre ; Puech-mège ; Mont-fort ; Belle-rive ; Chaudes-Aigues ; Fraisse-haut
  • La suffixation  :
  1. Suffixes localisateurs :  -ac ou –at : présence abondante voire insolite de plantes ou d’éléments naturels
  2. Suffixes diminutif en –el : Prad-el
  3. Suffixe augmentatif / péjoratif en –ard : Teilhard

Toponymie du Cantal

Noms de relief (Oronymes)

  • Le nom Cantal a pour origine le mot Kantia dérivé du gaulois Canto (montagne).
  • Cantal : pierre (prélatin); Saint-Santin et Saint-Martin-Cantalès
  • Puy, puech, pouget, poujade, poux, peuch (latin : podium) : monticule, hauteur
  • Suc (préceltique) : hauteur
  • Cros, croze (gaulois : crossos)
  • Montboudif (latin mons votivus)
  • Plomb (langue d’oc pom) : pomme, pommeau
  • Cap (latin caput) = tête, sommet, « au-delà de »; Cap-del-Coste, Cap del Bos, Cap del Prat ; mais aussi Cap-mas = maison principale
  • Vabre(s) (gaulois : vabero) : ravin
  • Sous-sol : Ferrieres (latin : ferrum)
  • Vaureilles (latin vallis) = petit ravin
  • La Roque : ex. Laroque-brou (brau = taureau),
  • Laroquevieille, Chavaroche (roche creuse)
  • Coste
  • Cueilhes (latin collis)
  • Motte (tertre, puis château bâti sur un tertre)
  • Serre (éminence de terrain, cf. sierra) ; Mejanessere = éminence moyenne ou située entre deux autres
  • Usse (gaulois upso = en haut) : sommet
  • Vert (latin vertex) : Montvert
  • Combe : creux de terrain
  • Cambon, chambon : petite pleine alluvionnaire
  • Planèze (latin planus)
  • Calm = plateau ; calmette, calmejane
  • Cayre, cayrel : pierre
  • Composés : Peyre, aubespeyre, peyrelade, pierrefiche

Noms de rivière préceltiques

  • Racine *al : Allagnon(nette)
  • Racine *alis : Auze, Elze
  • Racine *alt : Authre
  • Racine * dora : Doire, Dordogne
  • Racine * seikw : Seine, Cézens
  • Racine *ser : Cère
  • Racine *vario : Aveyron, Vérone

Noms de cours ou d’étendues d’eau (hydronymes)

  • Saignes, sanhes ; narse = « zone humide »
  • Saut (latin : saltus) = cascade ; attention, saltus signifie aussi lieu de bois et pacage
  • Rieu (latin rivus) ; ribeyre (latin ripa)
  • Saillant : eaux jaillissantes
  • Touron, thouron : source (préceltique ?) ; attention, peut aussi signifier colline ou tertre
  • Chaudes-Aigues, Aix, aisse, aygueparsse (eaux éparpillées), aygues-bonnes, aygues-vives, Aigaldie, Aigues-vives-basses
  • La Ganne, gane (germanique = ruisseau)
  • Rase, raze

Utilisation de l’eau

  • Agal, agial (latin aqua) : canal
  • Beal (gaulois bedalis) : canal
  • Buire : écluse

Arbres et plantes

  • Aulne : vernhe, vergne
  • Bouleau : besse, bex, bech
  • Buis : Bouisse, Monboisse, Bouysse
  • Cerisier : Serieys, Sirieix, Cère (attention : peut aussi venir du préceltique seikw)
  • Chanvre : Chanabier
  • Châtaignier : castan-, chastan
  • Chêne : garric, garrigue (préindoeuropéen) ; casse, chassan, cassagne, chasseigne (gaulois)
  • Chêne-liège : soubre, soubrier ; attention Mas-Soubro signifie maison d’en haut (latin super)
  • Epine : agude (latin acutus), espinasse, espinassol
  • Erable : auzeral
  • Fougère : felgine (latin filix)
  • Framboisier : jorde, jourde
  • Frêne : fraysse, freix, fresse
  • Genêt (origine ?) : Pénières
  • Hêtre (latin fagus) : faye, fau
  • Noisetier : cabre (attention : ne désigne pas les chèvres); vaysse
  • Peuplier : Tible, tremble, trimouille
  • Prunier : Brunhes, La Brunie
  • Saule (latin salix) : Salesse, Saugues; (latin vinculum) : Vinzelle

Formations végétales

  • Bos
  • Barthe (gaulois) = broussailles, hallier
  • Breuil (gaulois brogilus) = petit bois clos ou non, taillis
  • Brousse = bruyère
  • Malesse (latin malitia) = buissons

Terres infertiles ou abandonnées

  • Esquieu : lieu sauvage et désolé
  • Fraux (latin fragosus) : terre infertile
  • Leyritz (germanique laar = clairière ?) : lande
  • Izorche : terre infertile
  • Vedrine (vieille terre) : terre abandonnée de longue date

Terre défrichée

  • Ardes, ars (latin ardere brûler) : terre brûlée
  • Noailhac, Noailles (latin novalia) : terre nouvellement défrichée
  • Rezentière (recens) : terre récemment défrichée
  • Rode, rodde (latin ager rudis) : champ nouveau, récent
  • Usclade (latin ustulare= brûler) : terre brûlée

Les aménagements

  • Estrade, ferrat (= chemin ferré) : chemin
  • Crouzade, croizet : carrefour (attention : ne pas confondre avec Cros)

Description des parcelles

  • Estieu : estive
  • Tauve : pré voisin de la maison
  • Prade, pradel, pradet : pré
  • Barrat (langue d’oc : fermé) : clôture
  • Mazière : petit mur de clôture
  • Reinal, raynal : borne
  • Buge : embrumé
  • Escure : obscur (attention : aussi Ecurie, étable)
  • Soulage : ensoleillé ; Roque

Lieux spécialisés

  • Fabrègue, fabrerie (latin faber) : forge
  • Martinet : moulin à cuivre
  • Buget, bujadour (germanique *bukon) : lavoir
  • Pesteil (latin pistillus pressoir) : pressoir (ancien limousin)
  • Bitarelle, vitarelle (habitarelle) : auberge située en rase campagne
  • Chaufour : four à chaux
  • Caminade, cheminade :pièce comportant une cheminée, … presbytère
  • Chaze, chaise (latin casa) : maison
  • Mongie, mongeal (latin monachus) : monastère
  • Oradour (latin oratorium) : oratoire
  • Secret : cimetière ; ex. Champsecret
  • Mirande (latin mirare) : tour de guet
  • Salvetat (latin salvare) : lieu sûr ; cas particulier des sauvetés

Noms de lieux dérivés de noms de personnes

  • Vigouroux : homme vigoureux

Dieux et saints

  • Jupiter : Giou-de-Mamou et Jou-sous-Montjou
  • Hagiotoponymes : Saint-Clément, Sainte-Anastasie, etc.
  • Jordanne (Jourdain) ; autre étymologie possible : framboisier

Emplacement

  • Cap : tête, extension, bout, extrémité
  • Mège, meghe : milieu
  • Soubre (latin superus) : dessus
  • Soutre (latin adverbe subtus) : dessous

Type de domaine/agglomération

  • Affaire, affar (= A faire) / fazienda (facienda) : exploitation agricole
  • Condamine : domaine de deux seigneurs,  co-seigneuries
  • Angle : lieu éloigné (et non parcelle en angle)
  • Barry (arabe barri : extérieur) : rempart, faubourg
  • Pleaux (latin plebs) : paroisse
  • Barge : fenil

Les ruines

  • Excidioux, eyssidieux : en ruines
  • Rouyre, roire : ruine (Attention : Rueyre = rameau propre à faire des anneaux de joug)

Toponymes pléonastiques

  • Col du Pertus (portus = passage, col ; cf. Saint-Jean-pied-de-Port)
  • Ruisseau appelé Ribet (affluent de la Truyère)
  • Rivière appelée la Rhue
  • La Fon de l’Aygues
  • Ruisseau appelé la Ganne
  • Montvert

Noms de lieux en -acum

  • Nom commun + acum : Noalhac (novalia)
  • Nom propre + acum : Benac (Beninus), Marcenac (Martianus), Vitrac (Victor), Aurillac (Aurelius), Mauriac (Maurius), etc.
  • Autres suffixes : Arpajon (Harpigius+ on)
  • (La) Chassagne/Chassagny : lieu planté de chênes
  • Chavaroche : la roche creuse
  • Cheyrouse : de "la cheira" (auvergnat), coulée volcanique
  • Clavières : l'enclos
  • La Bastide : désigne soit une petite ville fortifiée (vocabulaire médiéval), soit une ferme isolée (ferme de sauveté)
  • La Montagnoune : la colline
  • Le Meynial : toponyme avec le sens de maison rurale, ferme, petit hameau (latin mansionile). De nombreux hameaux du Cantal s'appellent le Meyniel ou le Meynial
  • Lapeyre : lieu où se trouve un rocher, un chaos rocheux ou une pierre dominant le site
  • La Sagne : endroit marécageux
  • La Vidal : référence à une petite fille qui vient de naître, à un baptême ?
  • Le Caire : lieu surmonté d'un rocher, d'un sommet rocheux
  • Le Coudert : espace inculte près d'une ferme,
  • Le Fraisse : évoque la présence de frênes
  • La Chaumette : sommet dénudé, pâturage de montagne

Anthroponymie

Voici donc la signification des principaux noms locaux...

Ils proviennent généralement soit :

  • de prénoms de baptême (André, Julien, Raymond, Robert, Juillard...),

  • de surnoms ou sobriquets (Rouchy, Besson, Raynal, Rispal),

  • des lieux d'habitation (Dumas, Serre, Chaumeil),

  • de vieux métiers (Charbonnel, Moulier, Rodde, Sartre)

  • de la flore (Fageol, Floret, Joncoux, Delteil).

  • Besson : Surnom. Il désigne un jumeau, aussi bien en français qu'en occitan.
  • Bourgeade : Celui ou celle qui est "du bourg".
  • Boyer : Ce nom très répandu en Occitanie tire son origine de bouvier (vacher, personne qui s'occupe des bœufs).
  • Chabrier : Nom auvergnat désignant un gardien de chèvres.
  • Charbonnel : C'est le fabricant de charbon de bois.
  • Chaumeil : Celui ou celle qui habite une plaine élevée, une lande.
  • Clauzel : C'est le chaumeur de toits (Clauzel, Cluzel).
  • Delteil : Toponyme : lieu où se trouve un tilleul ou un bois de tilleuls
  • Duval : Celui qui est originaire de la vallée.
  • Fabre : Fabre et Lafarge : le forgeron.
  • Fageol : Désigne un bois de hêtres.
  • Floret (Flouret) : Rencontré aux confins méridionaux de l'Auvergne, c'est un diminutifde Flour, nom de baptême illustré par Saint-Flour, apôtre de l'Auvergne, qui aurait été le premier évêque de Lodève (IVe siècle). Mais c'est aussi un adjectif qui signifie tout simplement fleuri...
  • Fouillade : Désigne le feuillage.
  • Julien, Juillard (Julia) : Equivalent du français Julien. Le nom vient du latin Julianus, lui-même dérivé de Julius.
  • Laborie : C'est le fermier (borie provient du latin bovaria qui signifie une étale à boeufs, ou une ferme isolée).
  • Labro : Sobriquet. Le lièvre.
  • Marcombe, Marcombes : Surtout porté dans le Cantal, désigne celui qui est originaire de Marcombes, hameau de la commune de Valette (15). Sens du toponyme : la mauvaise combe (vallée creusée par l'érosion).
  • Monier : Le meunier, celui qui dirige le moulin.
  • Mercier : Représente un nom de métier, le mercier étant un boutiquier (marchand).
  • Meyniel : toponyme avec le sens de maison rurale, ferme, petit hameau (latin mansionile). De nombreux hameaux du Cantal s'appellent le Meyniel ou le Meynial.
  • Raboisson : Qui habite à l'orée du bois ?
  • Rispal : Nom assez fréquent dans le Cantal. C'est sans doute un toponyme désignant un lieu broussailleux (francique hrispa, bas-latin rispa)
  • Rodde, (Roddes, Rode) : Il peut avoir deux sens : soit une roue de moulin, soit un lieu broussailleux.
  • Sabatier : Le cordonnier.
  • Serre (Serra, Serres, Sierra) : Toponyme (lieu) désignant une ligne de crête, aussi bien en haute qu'en moyenne montagne
  • Tissandier : Le tisserand.
  • Veschambre : Il désigne la filasse du chanvre, et c'est donc un surnom donné à l'ouvrier qui broie le chanvre, qui procède au teillage.
  • Vessier : Le noisetier a inspiré ce nom.

ORIGINE

NOMS DE FAMILLE

Prénoms de  baptême

Amblard — André — Antoine — Armand — Bernard — Charles — Constant — Denis — Désiré - Gervais - Julien - Léonard - Luc - Mathieu - Noël - Raymond - Robert - Romain - Simon - Thomas - Vincent

Aubert (vient d'Albert) - Bagilet (de Basile, avec suffixe diminutif) - Bertrandias (de Bertrand) - Bénézy, Bénédit, Bénech (de Benoît) - Juillard (de Jules) - Laurichesse (de Laurent) - Malguy (de Guy, avec préfixe péjoratif) - Lissandre (d 'Alexandre) -Marche (de Marc) - Maury (d'Amaury) - Raoux (de Raoul) - Vidal ( de Vitalis).

Surnoms et Sobriquets

Albessard (de blanc, avec suffixe peut-être péjoratif) - Bleu (ancienne acceptation signifiant : teint blafard) - Blondelat (d'un blond très pâle) - Chanut (chenu) -Castaing (« la castanhan » la châtaigne) - Roux - Rouchy - Boutel et Boutin (allusion à des grains de la peau, boutons ou veuves). Besson (le Jumeau) — Boulot (gros et court) - Chevalier (souvenir féodal, sans doute avec une nuance d'ironie) - Galvaing (hardi comme un coq) - Joune (jeune) - Labro (le lièvre) - Escurolles (l'écureuil) -Chantegreil (qui chante comme un grillon) - Lamouroux (l'amoureux, le coureur de jupons) - Malgat (le garçon, avec préfixe péjoratif) - Parrot (esprit batailleur, tel un bélier) - Renaud, Raymond, Raynal (le renard) - Redon (rond de visage ou embonpoint) - Rispal (la pelle à feu, munie d'un très long manche : individu de haute taille).

Professions

Bachellerie (fabricant de bacholles) - Bourrelier (fabricant de harnachements) Boutiller (aide-fromager) - Boyer, et son diminutif   Bouvelot (Bouvier) -Charbonnel (fabricant de charbon de bois) — Charbonnier Charreyre (de chemin, roulier) - Chaudière (Chaudronnier) — Chavaroche (quicreuse le rocher : carrier) -Clauzel, Cluzel (chaumeur de toits) - Fournier (le boulanger) - Fabre, Farge, Lafarge, Faure (le forgeron) - Gerlicr, Jarlier (le boisselier) - Laborie (le fermier) -Laboureix (le laboureur) - Mège (le médecin) - Molinier, Monier (le meunier) — Moulier (le remouleur) - Pezaire (le paveur) - Planteblat (qui cultive le blé) -Plantecoste (qui laboure les coteaux) - Rodde, Rodier (charron) - Sabatier (cordonnier) - Sarrail (serrurier) - Sartre, Sastre, Soustre (tailleur d'habits). Sellier ou Cellier (sellier) - Taillandier (taillandier) - Teissèdre, Tissandier, Tissière, Tixier (le tisserand) - Veschambre (la filasse du chanvre) - Vacher - Vigier (le vannier).

 

Toponymes

Les noms de famille se sont souvent confondus avec le lieu habité.

Barthe et Laharthe (terre inculte) - Bourgeade (du bourg) - Bouyges et Labouyges (la friche) - Chabannes (le buron) - Chalvignac (pacage à chevaux) - Chaumeil, Chaumeilles (plaine élevée, lande) - Delcaire (de la borne d'un champ) - Delchet et Delcher (coulée volcanique). Delbosc, (du bois) - Delort (du jardin) - Delmas et Dumas (importation provençale de mas : ferme ?) — Delostal (de la maison) — Delpuech (du puy). Estorgues (de l'étang ?) - Journiac (jour + ac = endroit clair et ensoleillé) - La peyre (la pierre) — Lassagne (marécage) - Madelpuech (ferme du puy ?) — Madelrieux (ferme près d'un ruisseau ?) — Moncel, Mons, Monteil (la montagne) - Peyrol (le chaudron) - Raboisson (à l'orée du bois ?) - Ribier (la vallée) - Serre (lachaîne de montagne) - Suc et Delsuc (lacolline isolée) -Versapuech (puy incliné).

Flore

Besse, Besseyre (le bouleau) - Chassagne, Chassagnard, Chassaing, Lachassagne (le chêne) -- Espinasse (l'aubépine) - Fageol, Fau, Fay (le hêtre) - Fouillade (le feuillage) - Fraisse, Frayssinet et Delfraisse (le frêne) - Floret (adjectif: fleuri) - Garric, Garrigue, Jarrige (le chêne) - Genest, Genestier (le genêt) - Griffoul, Griffoulière (le houx) - Joncoux (le Jonc) - Pommaret ( la pomme) - Teilh, Delteil et Dutheil (le tilleul) - Trémolière (le tremble) - Ulmet (l'orme) — Vaissier, Veissier, Lavessière, Vayssade (lenoisetier) - Vergne, Vernhes, Vernet, Lavergne, Alvergne (l'aulne).

Evolution des toponymie

Dictionnaire topographique du Cantal (1897)

Laveissière (Vessier : Le noisetier a inspiré ce nom) :

  • La Vaiceira, 1237 (archives départementales, série H) ;
  • La Baysseyria, 1396 ; La Vaysseria, 1403 (archives départementales, série E) ;
  • La Veysseyra, 1486 (archives départementales, série G) ;
  • La Vaysseyra, 1490 (terrier de Chambeuil) ;
  • La Boyssyra, XVe siècle (terrier de Bredon) ;
  • La Veyssière ; la Vesseyre, 1500 (terrier de Combrelles) ;
  • La Veisseyre, 1644 (état civil de Murat) ;
  • La Besseyre, 1664 (terrier de Bredon) ; La Bessoyra, 1374 ;
  • La Veissaire, 1669 (insinuation de la cour royale de Murat) ;
  • Laveisseire, 1687 ; La Veyssayre, 1691 (insinuation de la cour royale de Murat)
  • La Veisseyra, XVIIe siècle (terrier de Combrelles) ;

Val-Agnon (La Rivière du) (commune de Laveissière)

Nom collectif désignant les villages sur lesquels le prieuré de Bredons prélevait la dîme. La Rivière du Val-Agnon comprenait, en 1618, les villages suivants : la Bastide, la Bourgade, Chambeuil, la Chassagne, Fraisse, Fraisse-Bas, Fraisse-Haut, Malpertus, le Meynial, le Meynialou et Laveissière.

  • Les habitants de la Rivière du Valaignon, 1500 (terrier de Combrelles)
  • Le Vallaignon, 1518 (terrier de Dienne) ;
  • Le Valeugnon ; la Ribeyre-du-Valeugnon, 1559 (inventaire des titres de la collégiale de Notre-Dame de Murat) ;
  • La Rivière de Vallanchon, 1575 ;
  • La Rivière du Valanion, 1664 (terrier de Bredon) ;

Chambeuil (commune de Laveissière)  village et château féodal en ruine

Chambeuil était, avant 1789, régi par le droit écrit. Siège de la justice seigneuriale de Chambeuil, il ressortissait au bailliage de Vic, en appel de la cour royale de Murat.

  • Chamboir ; Combeir, 1237 (archives départementales série H) ;
  • Chambuer, 1403 (archives départementales série E) ;
  • Chambeur, 1446 (terrier de Farges) ;
  • Chambous, 1455 (terrier d'Antéroche) ;
  • Chamborium, 1463 (archives départementales série H) ;
  • Chabreul, 1475 (archives départementales série E) ;
  • Chamber, XVe siécle (terrier de Bredon) ;
  • Chambeul, 1518 ; Chanbeur, 1535 (terrier de la vicomté de Murat) ;
  • Cheinebeur, 1542 (terrier de la collégiale de Notre-Dame de Murat) ;
  • Chambeulh, 1569 (archives départementales série E) ;
  • Chambreur, 1580 (terrier des Bros) ;
  • Chanbour, 1580 (liève confiné de la vicomté de Murat) ;
  • Chambeuil, 1591 (terrier de Bressanges) ;
  • Chamboul, 1598 (reconnaissance des consuls d'Albepierre) ;
  • Molin de Chambeulh, 1620 (minutes Danty, notaire)
  • Chambeuille, XVIIe siècle (terrier du roi) ;

Cheyrouses (Les) (commune de Laveissière) - hameau

  • Affar de la Chairosa, 1309 (archives départementales, série E) ;
  • Las Cheyrossas, 1463 (archives départementales, série H) ;
  • Las Chayrouzas, 1490 (terrier de Chambeuil) ;
  • Las Cheyrosas, 1494 (archives départementales, série E) ;
  • Las Cheyrousas ; la Cheyrossa ; las Cheyrouzes ; las Jeyrouzas, XVe siècle (terrier de Chambeuil) ;
  • Les Cheyrouse ; la Cheyrouze ; 1500 (terrier de Combrelles)
  • Las Cheirouzes, 1603 (liève de Combrelles) ;
  • Las Cheyrouses, 1606 (minutes Danty, notaire) ;
  • Las Cheirouses, 1626 (archives départementales, série E) ;
  • Las Cheyroutes, 1666 (insinuations du baillage d'Andelat) ;
  • Las Cheyroazes, 1668 (nommée au prince de Monaco) ;
  • Chairouge (Cassini) ; Chayrousses (État-major) ; La Cherouses, 1686 (état civil de Murat) ;

Fraisse-Haut (commune de Laveissière) - village et chapelle détruite

  • Fraice, 1237 (archives départementales, série H) ;
  • Fraysser-la-Sobra, 1403 (archives départementales, série E) ;
  • Fraysse-Soubra, 1490 (terrier de Chambeuil) ;
  • Frayssenus Superior, 1498 (archives départementales, série H) ;
  • Fraixe-Soubra, 1535 (terrier de la vicomté de Murat) ;
  • Fraixe-Sobre, 1559 (minutes Lanusse, notaire) ;
  • Fraisse-Sobra, 1591 (terrier de Bressanges) ;
  • Fraisse-Soubra, 1618 (minutes Danty, notaire) ;
  • Fraisse-Soubro, 1756 (terrier de la collégiale de Notre-Dame de Murat) ;
  • Haut-Fresse (Cassini)

Fraisse-Bas (commune de Laveissière) - village

  • Frayssenus Subterior, 1498 (archives départementales, série E) ;
  • Fraisse-lo-Soutra ; Fraixe-Soubtra, XVe siècle (terrier de Chambeuil) ;
  • Fraisser-Sobtra, 1528 (archives départementales, série E) ;
  • Fraixe-Soutra, 1535 (terrier de la vicomté de Murat) ;
  • Fresse-Bas (Cassini)

Chassagne (La) (commune de Laveissière) - village

  • La Chassaha, 1478 ( liève d'Antéroche) ;
  • Mansus de la Chassanhe, 1403 ; La Chassanhia, 1404 ; La Chassanha, 1427 (archives départementales série E)
  • La Chassania, 1490 ( liève de Chambeuil) ;
  • La Chassaigne, 1500 ( liève de Combrelles) ;
  • La Chassanhie, 1603 (liève de Combrelles) ;
  • La Chassagne, 1672 (insinuations du baillage d'Andelat) ;
  • La Chassagnhe, 1668 (nommée au prince de Monaco) ;
  • La Chassagnie, 1609 (minutes Danty, notaire) ;

Meynial (Le) (commune de Laveissière) - village

  • Mansus de Mainils, 1279 ; (archives départementales, série E)
  • Lo Maynhal, 1403 (archives départementales, série E)
  • Lo Mayniel, 1490 ;(archives départementales, série E)
  • Lo Mas del Meynial ; Lou Maynial, XVe siècle (terrier de Chambeuil) ;
  • Lou Meyniol, 1500 (terrier de Combrelles) ;
  • Lou Meyniel, 1636 (archives départementales, série E) ;
  • Lou Meyniau, 1667 (état civil de Murat) ;

Bastide (La) (commune de Laveissière) - village

  • La Bastida, 1291 (archives départementales série E) ;
  • La Bastyda, 1490 ; La Bastyde, XVe siècle (terrier de Chambeuil)
  • La Bastide, 1691 (état civil de Murat) ;

 

Bourgéade (La) (commune de Laveissière) - village

  • Lo mas de la Bourgiada, 1490 (terrier de Chambeuil)
  • La Bourghade, 1603 (liève de Combrelles) ;
  • La Bourgheade, 1618 ; La Borjade, 1619 (minutes Danty, notaire) ;
  • Bourgeade (Cassini) ;

 

Chambon (Le) (commune de Laveissière) - hameau

  • Chambo, 1403 (archives départementales série E)
  • Le Chambon, 1668 (nommée au prince de Monaco)

 

Combrelles (commune de Laveissière) - moulin et château détruits

Combrelles, avant 1789, était régi par le droit écrit, et siège d'une justice seigneuriale ressortissant au bailliage de Vic, en appel de la cour royale de Murat.

  • Conberas, 1329 (enquète sur la justice de Vieillespesse)
  • Combrelas, 1370 (archives départementales série G)
  • Combrellœ, 1396 ;
  • Cumbrelœ ; Conbrelœ, 1442 ;
  • Combreliœ, 1447 (archives départementales série E)
  • Combrellium, 1500 (archives départementales série E)
  • Conbrelles ; Combrelhes, XVe siècle (terrier de Chambeuil)
  • Sombrellas, 1606 ;
  • Molin de Combrellas assiz sur le ruysseau de Chamboyrol, 1620 (minutes Danty notaire)
  • Combrelles, 1668 (nommée au prince de Monaco)

Empalat (commune de Laveissière) - hameau

  • Palat, 1535 ;
  • Empalat, 1580 (terrier de la vicomté de Murat)
  • Pallat, 1598 (reconnaissance des habitants d'Albepierre)
  • Empalut (État-major)


Grand-Champ (commune de Laveissière) - hameau

  • Grand-champ, 1580 (liève confinée de la vicomté de Murat)
  • Grand-chalm, 1609 (minutes Danty notaire)
  • Montagnhe de Grandchanc, 1668 (nommée au prince de Monaco)
  • Grand-chant, 1668 (nommée au prince de Monaco)

Malpertuis (commune de Laveissière) - hameau

  • Malpartus, 1498 (reconnaissance des consuls d'Albepierre)
  • Malpertus, XVe siècle (terrier de Chambeuil)
  • Malpartut, 1684 (état civil de Murat)
  • Malpertuis (Cassini)

 

Meynialou (Le) (commune de Laveissière) - hameau

  • Mas del Maynialo ; lo Maynalo, 1490 ;
  • LeMeyniello, XVe siècle (terrier de Chambeuil)
  • Lou Meyniassou, 1603 (liève de Combrelles)
  • Le Meyniallou, 1608 (minutes Danty notaire)
  • Lo Meyniagou, 1682 (état civil de Murat)
  • Mignalou (État-major)

 

Le Lioran : Formes à l’époque moderne (Dictionnaire topographique) : LIEURAN, LIAURAN, LYOURAN

  • Dauzat et Rostaing : on ne trouve pas Lioran, mais Liorac, qui renvoie à Lieurac (Nom d’homme latin Liber(ius) + suffixe –acum) ; le Lioran serait le nom de domaine gallo-romain d’un certain Liber ou Liberius, ou tout simplement d’un homme libre

  • Nègre, n°11031 : Lioran, nom propre romain Liberianus, d’après Onomasticon totius latinitatis, Padoue, 1940

  • Mais, article de J. Astor dans la Nouvelle revue d’onomastique, 1984, p. 23 : les noms de domaines en –an sont peu nombreux en Auvergne, et encore plus rares dans les montagnes. D’autre part, il existe un hydronyme (= nom de cours d’eau) prélatin Lip/ar ou Lib/ar (ex. le Libron dans l’Hérault, le Libre, dans l’Aude et Lioure, nom de deux ruisseaux dans la Drôme). Le suffixe serait un –o ouvert prononcé –on. Il faut se méfier ponctuellement de certains radicaux d’apparence latine – sans tomber dans la « celtilâtrie ».