Les Seigneuries du Valagnon

                                                              

                                                                Les Seigneuries

                                                                    du Valagnon

 

 

 

 

 

 

 

Sommaire :

  • Un peu de géographie historique.
  • La seigneurie de Chambeuil.
  • La seigneurie de Combrelles.
  • La seigneurie d'Anterroches.
  • Bredons, le château royal de Beccoire et le prieuré.
  • En cours de rédaction :
  • La vicomté de Murat.
  • La vicomté de Carlat.

Principales sources  :

  • Histoire des provinces, collection Jean de Doat, édition 1663-1670
  • Dictionnaire Statistique du département du Cantal, J-B de Ribier du Châtelet, édition 1824
  • Nobiliaire d’Auvergne, J-B Bouillet, 7 volumes, édition 1846, 1847, 1848, 1851 (2), 1852 et 1853
  • Dictionnaire Statistique et Histoire du département du Cantal, J-B de Ribier du Châtelet, 5 volumes, éditions 1852, 1853, 1855, 1856 et 1857
  • Dictionnaire Héraldique de l’Auvergne, J-B Bouillet, édition 1857
  • Dictionnaire des lieux habités du Cantal, J-B de Ribier du Châtelet, édition 1861
  • Armorial Général des familles Nobles, J. B. Rietstap, édition 1861
  • Dictionnaire topographique du Cantal, Noms de lieux anciens et modernes, Emile Amé, édition 1892
  • Preuves de la Noblesse d'Auvergne 1656-1727, Docteur Louis de Ribier, édition 1907
  • Archives départementales du Cantal

Un peu de géographie historique...

Alors que la question des identités défraye jour après jour la chronique contemporaine, celle de l'Auvergne et des Auvergnats, apparemment objective et intrinsèque, n'existe que par la conscience que l'on a d'elle, de l'intérieur et/ou de l'extérieur. L'identité est à la fois différence et ressemblance. L'histoire de l'Auvergne est celle de l'une des plus anciennes unités régionales de France, mais aussi une de celles dont les frontières ont le moins varié.

Longtemps abordé avec réticence, en raison des textes qui le décrivaient de nature hostile, de pentes et d’abîmes effrayants, de chemins âpres et rocailleux, le Cantal a connu, au cours des siècles, une riche histoire marquée de nombreux événements. Son histoire est certes constamment liée, dans ses grandes lignes, aux évolutions générales, cependant, le caractère montagnard du pays et sa situation en France, lui confèrent quelques traits originaux :

  • le massif densément circulaire a, en effet, joué tantôt le rôle de butoir où sont venues se heurter des influences de tous les horizons et tantôt celui d’une zone d’éclatement.
  • d’un autre côté, sa position centrale lui a valu, étrangement, d’être une sorte de frontière à de longues querelles anciennes...

Principaux gisements préhistoriques

Chronologie temporel de la France

La Roche Percée puise ses origines probablement de la Préhistoire

Dolmen de Touls (Coltines)

Dessein R. Cayrol

Frise chronologique  : Préhistoire - Histoire

A la préhistoire

Les théories anciennes faisaient de l'Auvergne un quasi-désert durant les temps préhistoriques, qui représentent, rappelons-le, 99% de l'histoire totale de l'humanité, mais, il n'en est rien, les recherches récentes ont permis de remettre en cause cette idée.

Même s'il est certain que la densité de population ne fut jamais exceptionnellement forte en Auvergne, comparée à d'autres contrées comme le Périgord, il serait absolument faux d'en faire un désert ou un pays délaissé par nos ancêtres. Bien au contraire, l'Auvergne, en dehors des zones montagneuses durant les périodes les plus froides, a exercé une attraction constante sur l'homme durant toute la préhistoire. Des milliers de gisements, déjà connus ou à découvrir, sont là pour en témoigner.

Il convient également de réfuter la vieille idée de l'isolement des populations préhistoriques qui vivaient en Auvergne. Il n'y à jamais eu de retard culturel dans cette région. Les datations obtenues sur les gisements préhistoriques montrent que les groupes humains ont évolué et vécu en phase avec ceux des régions voisines.

Les plus vieilles traces de la présence humaine (Néandertaliens) dans le secteur des Monts du Cantal datent du paléolithique inférieur. Probablement des chasseurs venus d'Aquitaine, attirés par les ressources en silex de grande qualité fournis par les calcaires du bassin d'Aurillac et sur les bords de la Cère et de la Jordanne, près de leur confluent.

Nouvelles incursions (Homo sapiens) venues du Sud-ouest ou du Nord-est à la fin de l'époque magdalénienne, il y a environ 15.000 ans (Surmely, 1998). Cette colonisation des hauteurs s'explique avant tout par la disparition des glaciers, le radoucissement du climat et les changements environnementaux qui ont rendu la montagne attractive pour l'homme. Sa présence est confirmée dans des abris-sous-roche, notamment aux lieux-dits Cors (Saint-Chamant), La Tourille (Celles), Le Cavalier (Molompize), La Bade (Collandres), ..., à des altitudes variant entre 700 et 1200 m.

Avec le Néolithique, l'homme commence à s'installer de façon permanente : habitat de plateaux principalement, surtout à l'Est du massif : Planèze de Saint-Flour, Cézallier...

C'est vers 6 000 - 5 000 ans avant JC que l'agriculture fit son apparition ; cultures et élevage font alors reculer la forêt. De nombreux outils, des tessons de poterie confirment la présence d'agriculteurs sédentaires. La planèze de Saint-Flour concentre un grand nombre de sites liés à cette période, à Villedieu, Coltines, Roffiac, Loubaresse, Saint-Georges, Les Ternes...

Le néolithique ancien est encore mal connu, quant au néolithique moyen, il a vu la création de grands habitats établis sur des sites perchés, probablement fortifiés, tels celui de Chastel-sur-Murat. Des découvertes d'objets néolithiques isolés (notamment des pointes de flèches) sur les sommets du Cantal témoignent vraisemblablement d'expéditions de chasse en montagne.

La plupart des types, connus et décrits, des instruments préhistoriques s'y retrouvent, depuis les grossiers éclats de silex des premiers âges, jusqu'aux haches de pierre admirablement façonnées et polies (hache en trachyte porphyroïde trouvée à Tournemire en 1842, (à voir au musée d'Aurillac).

A l'Age du Bronze et à l'Age du Fer de nombreux tumulus sont des indices de sociétés hiérarchisées. Épisode mégalithique notable, principalement à l'Est du Massif.

L'Auvergne Celtique : les Arvernes

De 1200 à 480 avant JC, les Celtes venus du Nord, investissent le massif. C'est eux qui vont réellement entreprendre la valorisation de ce territoire agricole même si ces petits groupes n'ont laissé que peu de traces de leur implantation, excepté dans la toponymie.

Du fait de leurs ressources en or, argent, bronze et de leur maîtrise de la métallurgie et de l'artisanat, les Arvernes, peuple Celte ou celtisé du Massif Central, sont parmi les plus riches et les plus nombreux des Gaulois. Ils ont formé une puissante confédération avec plusieurs peuples voisins qui étaient clients ou tributaires.

L'Auvergne sous l'empire romain

En 52 ans avant J.C., le Cantal n’a pas encore d’individualité propre et constitue la partie sud du territoire des Arvernes.

Nul n'ignore le rôle joué par les Arvernes et leur chef Vercingétorix au seuil de notre histoire. Après la conquête romaine, le pays des Arvernes qui s'étendait, au sud, jusqu'aux territoires des Gabales et des Ruthènes devint la "Civitas Arvernorum". Sous la domination romaine, les Arvernes sont considérés comme un peuple libre, sorte d'autonomie administrative.

La romanisation, commencée après 52 avant JC, dissémine de nombreuses villas dans l'Ouest et l'Est du Cantal. On note l'existence d'environ 300 lieux s'achevant par le suffixe « ac » [-acum], ce qui permet de mesurer le degré de romanisation. Les trouvailles archéologiques démontrent toutefois l’influence exercée par le vainqueur (sources thermales de Vic-sur-Cère et Chaudes-Aigues, temple circulaire du site d’Aron à Aurillac). Les Romains traçent des routes dont la Via Celtica qui traverse les Monts du Cantal (Mons Celtorum) en allant de Massiac à Arpajon-sur-Cère. Cette civilisation gallo-romaine se maintint après l’évangélisation du pays.

La christianisation débute avec la création du grand évêché de Clermont au IIIème siècle. Dans le Massif Central, elle est l'œuvre de Saint Mary et Saint Mamet, disciples de Saint Austremoine (1er évêque de Clermont) mais aussi de Saint-Flour venue de Lodève, sans oublier l’ermite Saint Calupan, qui évangélisa la vallée de l'Alagnon.

Quand sous Constantin (272-337), le christianisme devient la religion officielle de l'Empire Romain, l'Arvernie est entièrement soumise aux nouvelles croyances.

L'Auvergne Wisigothe

En 472 l'Auvergne est le dernier bastion de la romanité face aux Wisigoths.

L'année suivante, l'empereur Julius Nepos, céde à Euric l'Arvernie avec tout le territoire situé à l'Ouest du Rhône.

En 475, l'immense royaume d'Euric a pour capitale Toulouse et s'étend sur presque toute la péninsule Ibérique et le Sud de la Gaule. Le roi Wisigoth se montre cependant clément. Il nomme un Arverne catholique, Victorius, comme gouverneur de l'Auvergne et des provinces de l'Aquitaine, qui tempère les relations entre les Wisigoths, ariens, et l'Église.

Bien traité par les Wisigoths, les Arvernes se rattachent franchement à eux et participent en 507, sous les ordres d'Allaric II, à la bataille de Vouillé. Cette bataille qui oppose l'armée des Wisigoths et des Auvergnats, au Sud, face à celle des Francs, au Nord voit la victoire de ces derniers. Les Wisigoths perdent leur roi Alaric II au combat et sont contraint de laisser un vaste territoire (Midi de la France) aux vainqueurs. Toute la Gaule passe sous la domination du roi Franc, Clovis.

La gaule avant la conquête Romaine

Confédération Arverne en - 56 av JC

Saint Calupan, le reclus

La Gaule en 481

Expansion de l'empire Franc de 481 à 814

L'Empire Franc

En 511, à la mort de Clovis, l'Auvergne échoit à son fils Thierry contre lequel elle se révolte deux fois. Pour la punir, il l'envahit en 532 et y exerce les plus grands ravages, « n'y laissant, dit Grégoire de Tours, que le sol qu'il ne put emporter ».

L'affaiblissement du pouvoir royal des mérovingiens, en 567, est à l'origine de nombreux troubles. Luttes internes, recul agricole, pauvreté sont généralisés en Auvergne.

Eudes (665-735), duc d'Aquitaine et petit-neuve de Dagobert, joint l'Auvergne à ses Etats. Elle prend part aux luttes sanglantes contre le Carolingien, Charles Martel (690-741), et devient alors, l'un des théatres de la guerre. Après la défaite et la soumission du dernier duc d'Aquitaine, elle est un temps, intégrée  au royaume d'Aquitaine.

Les campagnes carolingiennes, en particulier celle de Pépin entre 760 et 768, laissent aux contemporains des souvenirs aussi cuisants que l'avaient fait les invasions wisigothes.

L'Auvergne féodale

C'est avec Bernard dit Plantevelue, marquis de Septimanie en 864, comte d'Auvergne en 869, que commence la dynastie héréditaire des comtes d'Auvergne. Lui succède son fils, Guillaume Ier, surnommé le Pieux, comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine, fondateur de l'abbaye de Cluny en 910.

Les comtes d'Auvergne, les « Guilhemides » vont lentement acquérir leur autonomie. Dès la fin du IXe siècle cette indépendance est un fait accompli. Les habitants de l'Auvergne ne reconnaissent pas la nouvelle dynastie des Capétiens et se considèrent en droit tout à fait indépendants.

Dans cet ensemble très étendu devaient immanquablement apparaître des subdivisions profitant de l'anarchie politique et sociale de la fin des temps carolingiens.

Il est assez difficile de dire quelles étaient à cette époque les division territoriales de l'Auvergne. Indépendamment du comté d'Auvergne, elle comporte des comtés secondaires comme Clermont, Turluron, Brioude, Tallende, Carlat, Aurillac... Mais l'état de guerre est parmanent entre les seigneurs de ces diverses circonscriptions.

Au IXe siècle, on voit se multiplier les petites seigneuries et naître les abbayes comme celles construites sous l’égide du comte Géraud d’Aurillac (855-909). Des villes se développent autour des chefs‑lieux, des paroisses rurales comme Saint-Flour, Maurs, Montsalvy... ou à côté des premiers châteaux comme Murat, Salers, Laroquebrou... faisant office de zones de sécurité et favorisant ainsi la genèse d’une économie agricole en voie de prospérité près de ces grands domaines.

Au Xe siècle, l'Auvergne fait l'objet de la rivalité entre les comtes de Poitiers et de Toulouse. En 928, elle passe sous domination du comte de Toulouse, Raymond Pons (892-962) et après lui, en 950, sous celle du comte de Poitiers, Guillaume Tête d'Etoupe (910-963), pour revenir ensuite comme fief,  au duc d'Aquitaine, en 979.

L'Auvergne, avec l'Aquitaine, parvient à échapper à l'autorité royale. Elle connaît un régime féodal très dur, synonyme d’émiettement du pouvoir politique.

La France d'Hugues Capet en 987

Carte de la France capétienne en 1030

Plan d'Aurillac, ville romane

Sylvestre II

Odilon de Mercœur

La France de 987 à 1180

Louis VI le Gros

Henri I d'Angleterre

En 972, l'évêque d'Auvergne, reconnaît comme deuxième ville de son diocèse, l'agglomération d'Aurillac qui s'est développée autour de l'abbaye fondée avant 899 par le comte Géraud (855-909) et décide qu'à l'avenir s'y tiendront les synodes du clergé et les assemblées des Grands pour la partie méridionale de l'Auvergne, amorçant ainsi la future division de la province en deux parties, Haute et Basse Auvergne.

Autour de l'An Mil, la Haute-Auvergne peut s'enorgueillir d'avoir fait naître les deux plus importants personnages de la chrétienté : le pape Sylvestre II (945-1003) (Gerbert d'Aurillac, la plus grande inteligence de son temps) et l'abbé de Cluny, Odilon de Mercœur (962-1048).

Au XIIème siècle, le Cantal connaît une période faste et les villes acquièrent une certaine autonomie. L’indépendance des cités favorise le développement économique à travers les foires et les marchés par leurs échanges commerciaux (produits d’élevage). C’est pour quelques temps une période de paix revenue, de prospérité des villes, de développement des campagnes.

Après ces temps de bien-être économique, la haute Auvergne est dominée par de nombreux conflits et ravages.  Son histoire se résume dans une lutte obscure et continuelle, dont l'enjeu est la suzeraineté de la province, que se disputent les ducs d'Aquitaine et les rois de France.

Louis VI le gros (1081-1137), qui comme ses successeurs, profite des incessantes querelles féodales, prenant prétexte des exactions commises à l'encontre du clergé local, permet aux rois Capétiens de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Auvergne et de mettre la main sur la province :

En 1121, Guillaume VI (1069-1136), comte d'Auvergne, s'empare du centre  de Clermont et de la cathédrale, au grand dam de l'évêque Aimeri. Celui-ci fait appel à son suzerain direct, le roi de France. Accompagné de Foulques d'Anjou, Conan de Bretagne et Guillaume de Nevers, Louis VI ravage l'Auvergne « pour venger sur les auvergnats l'injure faite à l'Église  », selon Suger.

Pont-du-Château est assiégé, bombardé de pierres et de traits, « rempli de carnage », et se rend. Clermont fait alors de même, Guillaume restitue ce qu'il a pris, et Louis rentre à Paris.

En 1126, la querelle se rallume entre le comte et l'évêque, Louis VI, accompagné de Charles de Flandre, Foulques d'Anjou, Conan de Bretagne, et d'une troupe de normands envoyée par son vassal Henri d'Angleterre (1068-1135), rejoint l'Auvergne à la tête d'une armée plus grande « qu'il n'en eût fallu pour subjuguer l'Espagne  ». Il met le siège devant Montferrand, sans pouvoir prendre la place. Arrive alors au secours des Auvergnats leur suzerain, le duc Guillaume, avec une forte troupe d'Aquitains. Suger nous dit que « du haut des monts où il avait assis son camp (quelque part entre La Baraque et Chanturgue, sur le plateau qui domine Montferrand), l'aperçu de la puissance royale l'amena à témoigner respect et obéissance à son seigneur supérieur ».

Le duc d'Aquitaine prête serment pour son vassal Auvergnat (en laissant un nombre suffisant de ses gens comme otages), et, ayant démontré sa puissance, le roi repart pour Paris.

En 1152, l'Aquitaine, dont l'Auvergne faisait partie, fut portée en dot par Eléonore de Guyenne à Henri Plantagenet, qui devint roi d'Angleterre en 1154.

Guillaume VIII, dit le Vieux ou l'Ancien, (1100-1182), est le fils de Guillaume VI d'Auvergne (1069-1136), et l'oncle de Guillaume VII le Jeune (1130-1169). Il profita, en 1155, de l'absence de ce dernier pour le dépouiller de la majeure partie de son patrimoine et usurper le dignité de comte qu'il transmit à ses descendants.

Le roi de France, Louis VII le Jeune (1120-1180), intervient en Auvergne pour arbitrer le grave différent entre les deux Guillaume. Son jugement de Salomon partage le comté en deux, et, est à l'origine du Dauphiné d'Auvergne, indépendant du comté d'Auvergne.

Guillaume VII le Jeune (1130-1169), garda seulement une partie de la Basse-Auvergne avec Vodable (Puy-de-Dôme) pour capitale sous le nom de Dauphiné d'Auvergne. C'est l'origine des comtes-dauphins d'Auvergne (1155).

La lutte n'en continua pas moins entre les deux Guillaume : Guillaume VII, se réclamant du roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt (1133-1189), suzerain de l'Auvergne comme duc d'Aquitaine ; Guillaume VIII le Vieux, se reconnaissant le vassal direct du roi de France, Louis VII le Jeune.

Quelques temps après, Guillaume VIII, son fils Robert, et le vicomte de Polignac se rendent coupables de graves exactions dans le brivadois, contre le chapitre de Brioude. Malgré excommunications et repentirs plus ou moins sincères, la situation perdure, et à l'appel des évêques, Louis VII le jeune lève une armée, qui parvient devant Brioude en 1166.

Le comte Guillaume, au caractère décidément peu accommodant, résiste, mais est battu et emprisonné. Le roi Louis ne les libère, lui et ses complices, qu'après avoir obtenu de leur part serments et promesses de bonne conduite.

Contes et dauphins d'Auvergne

Cartes de France en 1180

Louis VII le Jeune

Philippe II (Philippe Auguste)

Arbres généalogiques des Rois de France

 Mérovingiens

Carolingiens

Capetiens

Valois

Bourbons 1 Bourbons 2

Héraldique d'Auvergne

 
Au début du XIIIe siècle, Après la mort de Guillaume le Vieux et de ses deux successeurs, Robert II et Guillaume X, les querelles de Guy II, comte d'Auvergne (1165-1224), décrit comme « jovial, buveur, mais grand pilleur d'églises  », fidèle aux seigneurs d'Aquitaine, et donc au roi d'Angleterre, est en conflit permanent avec son frère Robert, l'évêque de Clermont, vassal du roi de France. Le comte, excommunié par son frère,  s'empare de ses biens et de ceux de l'Église, pille, entre autres, Mozac. L'évêque en appelle au roi Philippe Auguste, qui « ne laissait jamais impunies les injures faites à l'Église  »...

Le roi intervient de nouveau, et cette fois d'une manière décisive, en 1212, à la suite d'une expédition dirigée par Guy de Dampierre, sire de Bourbon, le comté d'Auvergne est confisqué par Philippe-Auguste.

Guy II lutte en vain jusqu'à sa mort (1224) pour conserver ses domaines. Son fils, Guillaume XI (1195-1247), reconnaît, au traité conclu avec saint Louis en 1229, la validité du testament de Louis VIII par lequel ce prince avait conféré à son fils Alphonse de Poitiers (1220-1271), la terre d'Auvergne à titre d'apanage. Tout ce qu'il put garder de l'héritage des anciens comtes fut une partie de la Basse-Auvergne, avec Vic-le-Comte pour capitale, et qui releva directement des rois de France. C'est là l'origine du comté d'Auvergne proprement dit.

En 1241, Alphonse prit en fait possession de son apanage et quand il mourut en 1271, après avoir doté plusieurs villes d'Auvergne de chartes de coutumes et administré sagement la province, l'Auvergne fut réunie à la couronne.

Le térritoire d'Auvergne se trouve, à ce moment, divisé en quatre parties :

Le dauphin d'Auvergne, les comtes d'Auvergne et de Clermont, sont vassaux immédiats du roi de France.

Les Grands fiefs de la Haute-Auvergne

Malgré les changements qui s'opérèrent dans la Basse-Auvergne de 1209 à 1230, le Haut Pays ne changea rien à sa constitution territoriale et féodale. La Haute-Auvergne se trouva divisée, en partie, au XIIIe siècle, en quatre grands fiefs :

  1. Le Comté d'Auvergne, donné en apanage au comte Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, érigé ensuite en duché en 1360, concédé de nouveau en apanage à Jean, duc de Berry et d'Auvergne, et qui fit retour à la couronne en 1530.
  2. Le duché de Mercœur, composé, avant son démembrement, de 9 mandements, dont 3 dans la Haute-Auvergne (Lastic et Cistrières ; Ruines et Corbières ; Tanavelle et Tagenac). Le prince de Conti avait fait ériger en duché-pairie ce qui restait du duché de Mercœur et dont une partie avait été aliénée, puis le vendit au roi. Par un édit de 1773, Louis XV en forma l'apanage du comte d'Artois, puis, par un autre édit de 1778, cet apanage fut supprimé et le duché réuni au domaine royal.
  3. Le comté de Carladès, composé de 10 mandements, dont 7 dans le Haut Pays d'Auvergne (Carlat, Boisset, Calvinet, Cromières, Turlande, Vic et Vigouroux). La terre de Carlat fut réunie à la couronne en 1531, après la mort de Louise de Savoie et y resta jusqu'en 1643. A cette époque, le roi en disposa en faveur d'Honoré Grimaldi, prince de Monaco.
  4. La vicomté de Murat, composée de 10 mandements, avant son démembrement en 1643 (Murat, Albepierre, Anglards, le Barrès, les Bros, Châteauneuf, Mallet, Turlande, Védrines-Saint-Loup et Vigouroux). Dans le principe, la vicomté de Murat était un fief mouvant de Carlat auquel il fut réuni vers 1398. La terre de Murat avait été confisquée sur Jacques d'Armagnac, par arrêt du 04 août 1476. Louis XI en fit don à Jean Dumas de Lile. Pierre de Bourbon, duc d'Auvergne, en fit l'acquisition, puis, après le défection du connétable, François 1er en disposa en faveur de la duchesse d'Angoulême, sa mère. Elle revint à la couronne en 1531 et fut donné en partie (Barrès, Vigouroux et Turlande) au prince de Monaco en 1643 avec le Carladès.

Ces grands fiefs, lorsqu'ils étaient donnés en apanage, relevaient toujours du roi. Le nombre des autres fiefs était considérable ; nous ne mentionnerons que les principaux : Apchon, Brezons, Cropières, Laroquebrou, Nozières, Pierrefort, Saignes, Le Sailhans, Saint-Christophe, Saint-Martin-Valmeroux, Salers, etc...

L'entrée de l'Auvergne dans le domaine royal coïncide avec le mouvement communal dans ce pays. Déjà au XIIe siècle, des seigneurs féodaux s'étaient vus forcés d'accorder des chartes de coutumes à certaines villes de leur domaine.

Ainsi environ quatre-vingts villes ou bourgs de l'Auvergne obtinrent soit du roi, soit de leurs seigneurs direct, des chartes municipales.

Alphonse de Poitiers, en arccorde à de nombreuses villes d'Auvergne. Elles sont administrées par des consuls élus et assistés de conseillers. Le seigneur y est représenté par un fonctionnaire spécial appelé châtelain ou bailli.

Les villes doivent à la suzerain le « servitium in campo  » et il exerce sur elles une partie des droit féodaux (cens, taille aux quatre cas, corvées, banalités, droit sur les ventes,...). En échange, le seigneur accorde protection à la cité et à ses franchises, des garanties pour la sûreté personnelle des habitants et celle de leurs biens. La juridiction reste toujours au suzerain, tout ce que peuvent obtenir les villes les plus favorisées, c'est pour leurs consuls, le droit d'assister aux enquêtes.

Aurillac, originellement un bourg monastique, a, dès la fin du XIIe siècle, une taille critique pour désirer s’administrer elle-même et gagner de l’autonomie vis-à-vis de l’abbé, seigneur de la ville. Les « consuls » apparaissent pour la première fois dans les textes en 1202. S’ensuivent des épisodes particulièrement violents, commençant en 1184 et culminant par le sac de l’abbaye par les bourgeois en 1233. Ces points d'extrêmes tensions sont entrecoupés, en 1280, 1298 et 1347, de moments de stabilisation, connus sous le nom de « Paix d’Aurillac ».

Pendant la période comprise entre le milieu du XIIème siècle et la fin du XIIIème, l'Auvergne se débat dans une longue anarchie déchaînée par la lutte contre l'Angleterre et la croisade albigeoise. Le brigandage est à l'ordre du jour. L'insécurité générale rend impossible la tenue des actes publics.

Le calme renaît avec Alphonse de Poitiers, ainsi, afin de rétablir l'ordre dans les campagnes, en s'opposant au brigandage et aux petits féodaux et en arbitrant les conflits entre les citadins et leurs seigneurs religieux, il crée, vers 1257, le bailliage des Montagnes.

De 1266 à 1268, Le pays est alors en proie à la guerre civile. C’est dans ces circonstances qu’Eustache de Beaumarchais (1235-1294), baron de Calvinet, seigneur de Chambeuil, de Falcimagne et coseigneur de Tournemire, que sa fidélité à Alphonse de Poitiers faisait considérer comme un fonctionnaire sûr, fut nommé bailli des montagnes d’Auvergne dans le courant de l’automne 1268 ou de l’hiver 1269, avec la mission de détruire les rassemblements des bandits qui désolaient l’Auvergne. Il concentra dans ses mains tous les pouvoirs supérieurs, militaires et judiciaires de la région. Il fut un dictateur dont la mission se résuma dans ces deux mots : « prendre et pendre  ».

L'établissement du pouvoir judiciaire, dans la Haute-Auvergne, ne se fit pas sans rencontrer des résistances. En 1288, Philippe le Bel avait établi, dans la Haute-Auvergne et dans une partie de la Basse, trois prévôtés : Saint-Flour, Aurillac et Mauriac ; elles avaient la même circonscription que les trois archiprêtrés de ce nom.

Lorsque le comte Alphonse de Poitiers eut été revêtu de l'apanage du comté d'Auvergne, ce fut au château de Crèvecœur, le seul domaine qu'il possédait dans la Haute-Auvergne, qu'il établit le siège du bailliage des montagnes d'Auvergne, de 1241 à 1271. De 1271 à 1360, ce bailliage fut le siège de la justice royale, et enfin de la justice du duc d'Auvergne de 1360 à la fin du XVIe siècle.

Après la mort d'Alphonse de Poitiers (1271), le duché d'Auvergne fut réuni à la couronne.  Son frère, Charles d'Anjou (1227-1285), réclama contre cet acte. L'arrêt de 1283 maintint les droits du roi de France « en vertu de la loi des apanages, suivant laquelle, défaillants tous mâles du corps, les apanages retournaient au roi et non au plus prochain lignager ».

En 1317, l'évêché de Saint-Flour est démembré de celui de Clermont. L'habitude se prend d'appeler le pays des Montagnes le Haut-Pays.

Le XIIIème siècle et le début du XIVème sont prospères pour le commerce et la diffusion de la littérature occitane. La guerre de Cent Ans (1337-1453) stoppe cette période d'expansion et ravage le territoire qui est pillé et ruiné par l'envahisseur.

Alphonse de Poitiers (1220-1271), frère du roi Saint Louis. comte de Poitiers, de Saintonge et d'Auvergne de 1241 à 1271 et comte de Toulouse de 1249 à 1271.

Blason de Beaumarchais

Sceau d'Eustache de Beaumarchais

D'azur à un chevron d'or accompagné de trois têtes d'aigles d'argent.

Duché d'Auvergne

Sceau de l’abbaye de Saint-Géraud

Sceau du bailliage des montagnes d’Auvergne

Diocèse de St-Flour du XIV au XVIII siècle

Généalogie des prétendants à la couronne de France

 

La guerre de Cent Ans (1337-1453)

Château d'Alleuze

Les XIVe et XVe siècles  : guerres et épidémie...

En 1332, le roi d'Angleterre, Edouard III, réclame l'Auvergne comme faisant partie de l'Aquitaine et du domaine de la reine Aliénor. L'Auvergne, devient ainsi un des enjeux de la guerre qui va désoler la France pendant un siècle.

La crise des XIVe et XVe siècles n’est pas seulement politique ou militaire, elle est aussi économique et religieuse ; sociale, les insurrections paysannes et urbaines se multiplient ; démographique, la peste noire tue entre 1347 et 1352 plus de 35% de la population du royaume.

Au traité de Brétigny (1360), Jean le Bon érigea l'Auvergne en un duché-pairie dont Riom fut la capitale et qui devint l'apanage de son troisième fils Jean, duc de Berry.

Jean Ier de Berry (1340-1416), duc d'Auvergne doit faire face à la révolte des Tuchins, une série de révoltes survenues entre 1363 et 1384 en Auvergne et en Languedoc contre les prélèvements fiscaux et la présence des mercenaires Anglais et Gascons.

En 1360, Jean achète le Carladès. Sa fille Marie de Berry, duchesse d'Auvergne, épouse Jean 1er, duc de Bourbon, qui devient duc d'Auvergne en 1416. En 1426, leur fils, Louis 1er de Bourbon, épouse  Jeanne, dauphine d'Auvergne, ainsi, les ducs de Bourbon acquièrent par mariage le Dauphiné d'Auvergne. 

En moins de cent ans, les rois de France réduisent à néant l'autonomie de la province, contrôlée désormais par la famille de Bourbon, représentante de la maison royale et prend alors pour centre administratif Riom.

A partir de 1359, le territoire Cantalien placé à la frontière des possessions anglaises d'Aquitaine, subit les assauts des Routiers menés par leur capitaine Bernard de Garlan dit « le méchant bossu d'Alleuze». Il terrorise les campagnes durant sept ans, pillant, rançonnant et tuant, n'épargnant aucune cité dont Murat, Vic-sur-Cère, Chaudes-Aigues... Seule Saint-Flour, « la clé du Royaume par-devers la Guyenne  » selon l'expression de Charles VII, (1403-1461) réussit à maintenir sa liberté face aux assaillants derrière de solides fortifications.

La mort du roi d'Angleterre Edouard Ill et les succès de Charles V déterminèrent la trêve de 1377.

En 1390, L'Auvergne jouit de quelque tranquillité jusqu'au moment où le roi d'Angleterre, Henri V, reprit la lutte contre la France en 1415. La mort du duc de Berry fait faire retour de l'Auvergne à la couronne en 1416.

Aussi voyons-nous les Etats provinciaux du pays, depuis 1419 jusqu'en 1450, prêter aide et assistance à Charles VIl (gouvernant comme régent jusqu'en 1422), par des secours en hommes et en argent, en même temps qu'ils se défendent toujours contre les bandes des routiers et des Anglais.

De 1407 à 1435, la guerre civile entre Armagnac et Bourguignon (appelée aussi la Guerre des Princes) n’épargnent pas non plus, la Haute-Auvergne. Les Armagnac, réunis autour de la famille d'Orléans après l'assassinat de Louis d'Orléans par des hommes de main du duc de Bourgogne (1407), permet à Henri V d'Angleterre d'intervenir sur le continent : le 25 octobre 1415, il inflige à la chevalerie française l'écrasante défaite d'Azincourt avant de conquérir la Normandie (1417).

Après l'assassinat à Montereau du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, par un fidèle du Dauphin, fils de Charles VI (1419), son fils Philippe le Bon pousse la reine Isabeau de Bavière à accepter le traité de Troyes (1420), qui reconnaît Henri V pour héritier du trône de France.

La mort presque simultanée d'Henri V et de Charles VI (1422) fait d'Henri VI, un enfant de dix mois, le souverain unique des royaumes d'Angleterre et de France, tandis que le Dauphin, réfugié à Bourges, se proclame roi, le 17 juillet 1429, sous le nom de Charles VII (1422-1461).

En 1453, après la défaite des anglais à Castillon, c'est la capitulation de Bordeaux qui marque la fin de la guerre de Cent Ans et le retour de la Guyenne sous domination Française.

Il faudra tout le XVème siècle pour réparer les ruines laissées par la guerre. Les églises sont restaurées ou reconstruites dans le style gothique, telle la nouvelle cathédrale de Saint-Flour, consacrée en 1466.

Au moment où mourut Charles VII (1461), l'Auvergne était dans la maison de Bourbon depuis 1425. Elle y resta jusqu'à la mort de Louise de Savoie (1531).

Le formidable château de Carlat, propriété des Armagnacs, est assiégé par les troupes de Louis XI (1423-1483). Jacques d'Armagnac, duc de Nemour, se rangea auprès de Charles Quint, ennemis du roi. Il est arrêté et, après un procés, condamné à mort et exécuté à Paris le 4 août 1477. Avec l’annexion à la couronne du Vicomté du Carladès se terminent les divisions de l’Auvergne féodale.

Des quatre grands fiefs du Moyen-âge restaient seuls le comté d'Auvergne et celui de Clermont. Le premier apporté en dot (1505) à Jean Stuart, duc d'Albany, par Anne de la Tour héritière de la puissante maison de la Tour d'Auvergne, qui avait succédé elle-même à la postérité de Guillaume le Vieux, passa par héritage à Catherine de Médicis en 1534 et resta dans la famille royale jusqu'en 1610 où l'avènement au trône de Louis XIII le réunit complètement à la couronne.

Le second fut également adjugé à Catherine de Médicis en 1551 à la suite d'un procès fameux avec l'évêque de Clermont, Guillaume Duprat, et suivi le sort du premier.

En 1523, le domaine du roi François Ier, s’étend au duché de Bourbonnais, au comté d’Auvergne, de Clermont, de Forez, de Beaujolais, de la Marche, de Mercœur et du Montpensier (la plupart de ces terres sont confisquées au connétable de Bourbon en 1530 après sa trahison). En 1531, le duché et le dauphiné d'Auvergne sont définitivement réunis à la couronne.

Armagnac

Louis d'Orléans

Charles VI

Bourguignon

Jean sans Peur

Henri V

Domaine famille d'Armagnac

Carlat au XVIe siècle 

Acquisitions de François 1er de 1515 à 1547

Les régions protestantes au XVIe siècle

France : Territaire de 1552 à 1798

Saint-Flour au moyen âge

Le XVIe siècle et les guerres de religion

Au XVIe siècle, à peine a-t'il pansé ses plaies, conséquences néfastes de la guerre de cent ans, que le pays doit faire face à une crise plus douloureuse encore par ses conséquences, les guerres religieuses, signal d'une nouvelle période de dévastation et de malheurs.

Des milices calvinistes font des incursions dans le Haut-Pays, et prennent par surprise des châteaux ou des bourgs catholiques qu'ils rendent ensuite en contrepartie d'une rançon.

Vers 1540, la réforme pénétre en Auvergne et Aurillac, pris et repris par les catholiques et les protestants, Aurillac est le théâtre d’événements violents et son abbaye entièrement détruite.

Une délibération du parlement de Paris, datée du 12 avril 1548, s’en inquiète : « La cour avertie qu’au bailliage des Montaignes d’Auvergne, mêmement en la ville d’Aurillac et autres lieux circonvoisins, latement (sic) et occultement plusieurs infectés de la blasphème secte luthérienne s’efforcent icelle secte semer et introduire dans le pays ..., les Messieurs du parlement souhaitent que les prêtres lisent et expliquent les articles de la faculté de théologie avec menace de feu en contre les opposants ». Plusieurs « huguenots  » de la ville d’Aurillac ou de Vic sont arrêtés, exposés, condamnés à la prison ou au bûcher.

Les protestants d'Aurillac sont inquiets, l'un d'eux est brûlé vif en 1553 et l'agitation s'amplifie. Entre 1561 et 1581, huguenots et catholiques s'affrontent en de violents combats avec des assauts menés contre les plus grandes cités, des massacres et des occupations de villes.

En 1562, tandis que les troupes catholiques de Brezons prenaient deux fois Aurillac, les protestants pillaient la Chaise-Dieu, et les troupes royales occupaient Issoire ou les horreurs de la peste virent se joindre à celle de la guerre (1562-1564)

Le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, n'a pas été conduit en Auvergne, mais sa nouvelle exacerbe les bandes armées catholiques et protestantes, qui massacrent et pillent. Le capitaine Merle, chef de partisans huguenots, est en particulier « la terreur de toute l'Auvergne  ». Solidement implanté dans le Gévaudan, Il parvient à prendre Issoire, mais devant Saint-Flour, repoussé par les habitants, il échoue. Un dicton est resté : « Nul ne te prit jamais de force, que le vent  ».

Les troubles s'intensifient encore lorsque, aux divisions religieuses, s'ajoutent les divisions politiques, une bonne partie de la noblesse auvergnate ayant rallié la Ligue.

Après l'avènement d'Henri IV, la guerre civile se poursuit, et les royalistes obtiennent au prix de longs sièges et tractations la soumission des villes ligueuses (Riom, Ambert et Saint-Flour sont les principales). La fin des guerres de religion laisse l'Auvergne très appauvrie, ravagée par les combats et les épidémies, et toujours en proie à l'insécurité

Les Temps modernes : l'Auvergne sous la monarchie

Le Cantal entre dans le XVIIème siècle une fois de plus meurtri par ces luttes, plus de 60 paroisses sont ravagées et dépeuplées. Il connaît ensuite une longue période d’agitation nobiliaire, de misères paysannes et populaires, mais aussi de progressives mutations sociales. Le pouvoir royal qui s'affirme progressivement sur l'ensemble du royaume ne peut accepter l'agitation nobiliaire...

Les forteresses les plus importantes du Cantal sont démantelées, Henri IV fait raser la forteresse de Carlat en 1604  et Richelieu, celles de Murat en 1633, puis de Pleaux et de Calvinet...

En 1616 avec la création de l'intendance d'Auvergne (généralité de Riom),  la monarchie réunifie en quelque sorte la province qui perd ses Etats. Elle est divisée en sept élections, dont trois, celles d'Aurillac, Mauriac et Saint-Flour, correspondent à la Haute-Auvergne.

La situation du peuple ne s'arrange cependant pas : famines et épidémies sévissent à Aurillac en 1628 et 1693, la misère soulève les paysans dans l'Est du Cantal de 1635 à 1637 dans la « Guerre des esclop ».

En 1665, Louis XIV instaure temporairement à Clermont et au Puy une cour criminelle d'exception, les Grands jours d'Auvergne, afin de faire droit à de nombreuses plaintes de personnes du peuple victimes des violences et des exactions de certains fonctionnaires ou membres de la noblesse d'Auvergne.

Des conseillers sont envoyés à Aurillac, et plus de 1200 affaires sont examinées avec solennité. Accueillis très favorablement par la population qui voit les premières condamnations à mort frapper des hobereaux aux habitudes tyranniques, parmi lesquels beaucoup prennent la fuite. Au total, le tribunal prononce 349 condamnations à mort (dont beaucoup par effigie), 96 au bannissement, et 28 aux galères.

La province est réorganisée fiscalement avec la Généralité de Riom, et judiciairement avec la rationalisation des bailliages comme celui des Montagnes dont le siège est transféré à Salers, et celui du Carladès qui est définitivement fixé à Vic.

Essentiellement agricole, la province produit du blé et du vin dans la plaine de la Limagne, du bétail et du fromage en montagne. De petites industries coexistent aussi, tannerie et coutellerie à Thiers, papeterie à Ambert, dentelles à Saint-Flour, et textiles partout. Cependant l'Auvergne a beaucoup de mal à se relever d'un siècle de dévastation par les guerres de religion, et reste gênée par le manque de bonnes voies de communication, aussi bien à l'intérieur que vers l'extérieur. Le tableau fait par l'évêque de Clermont est à cet égard édifiant :

« Le peuple de nos campagnes vit dans une misère affreuse, sans lits, sans meubles ; la plupart même, la moitié de l'année, manquent de pain d'orge ou d'avoine qui fait leur unique nourriture et qu'ils sont obligés d'arracher de leur bouche et de celle de leurs enfants pour payer leurs impositions ». (Mgr Massillon, évêque de Clermont, lettre au cardinal de Fleury, 1740).

Peu à peu, la condition économique de la paysannerie s'améliore considérablement grâce à la politique avisée des Intendants et des subdélégués d'Auvergne qui prennent le relais des abbayes et développent l'élevage, la fabrication du fromage, l'agriculture, les verreries, les forges...

Par un édit du mois de juin 1787, le roi Louis XVI ordonna la création d'assemblées provinciales pour toutes les provinces de France. L'administration de la province d'Auvergne fut alors divisée en trois sortes d'assemblées : une provinciale, une d'élection et une municipale. La Haute-Auvergne fut divisée en trois élections : Aurillac, Mauriac et Saint-Flour, qui se subdivisent en arrondissements.

Le réseau routier se développent, notamment par la création de la route reliant Aurillac à Saint-Flour par le col du Lioran, la route royale 126, en 1789.

Titres de noblesse en France

Henri IV, roi de France et de Navarre

 

Intendance  d'Auvergne, Généralité de Riom

Grands jours d'Auvergne 26 septembre 1665

Auvergne en 1763

Carte de France à la Révolution

Le Cantal en 1790, divisé en 4 districts

Carte de France sous Napoléon

Tunnel du Lioran inauguré le 4 décembre 1843

La Révolution française

À la veille de la Révolution, l'Auvergne est une province avant tout conservatrice. Très imprégnée par une foi catholique vive et populaire, selon un mode de vie traditionnel, la province semble figée, en stagnation culturelle, agricole et industrielle.

Les difficultés économiques, qui font rapidement perdre les illusions d'une révolution parisienne mal comprise, provoquent des résistances ; mais ce sont surtout la Constitution civile du clergé et les campagnes de déchristianisation qui sont à l'origine de nombreux troubles, parfois sanglants. Les enrôlements militaires forcés exaspèrent la population, le régime révolutionnaire peine à s'imposer dans les campagnes, et le désordre perdure.

Le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, la Révolution consacra le Haut-pays d’Auvergne, augmentée au nord de quelques paroisses, comme département. Il prit le nom du massif principal des montagnes qui le couvrent, les monts du Cantal et particulièrement de son point culminant le Plomb du Cantal (1858 m).

Aurillac et Saint-Flour se disputèrent l’honneur d’en être la capitale, mais il fut décidé que ces villes, d’égale importance, en seraient tour à tour le chef-lieu pendant 2 ans. Après un passage à Saint-Flour, les assemblées administratives s’établirent à Aurillac et un décret de 1794 mit fin à « l’alternat ». Aurillac devint plus tard le siège de la Préfecture et Saint-Flour se vit attribuer le siège de l’Évêché.

Dès le début du XIXème siècle, apparaissent des migrations temporaires de population vers l’Espagne puis des migrations définitives vers Paris. Cependant, le département reste essentiellement paysan et rural avec une agriculture peu évoluée ( environ 85% de sa population). Il existe néanmoins une bourgeoisie de propriétaires, de commerçants, d’hommes de loi, de médecins, présente et bien implantée dans les villes.

Sous la Restauration, les travaux routiers furent repris : l’une des plus importantes réalisations fut le percement du tunnel du Lioran, entre 1839 et 1843. Mais bientôt, on songea au chemin de fer et la mise en place d'un réseau ferré entre 1866 et 1910, modifia l'économie locale et favorisa l’essor du secteur industriel en stagnation et l’apparition du tourisme.

Les deux guerres mondiales

Au XXème siècle, le département du Cantal, tout comme le pays, a dû faire face à de nouveaux événements historiques, les deux guerres mondiales.

La première guerre mondiale décima la population rurale. Comme les autres fantassins d'origine paysanne, souvent en première ligne face à l'ennemi, les cantaliens payèrent un lourd tribut à la Grande Guerre. Cette saignée démographique se lit encore sur les monuments aux morts des communes rurales.

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance auvergnate utilisa le massif cantalien. Des combats meurtriers s'y déroulèrent, notamment, au Mont Mouchet,  dans les Gorges de la Truyèreou encore au Lioran...

La Résistance manifesta l'affirmation du patriotisme cantalien, malgré les risques encourus tels que la prise d'otages de Saint-Flour, les déportations à Murat, les exécutions de Ruynes-en-Margeride et Clavières...

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les FFI de la région comptaient environ 15 000 membres.

Le développement touristique

Dans les années 60, sous l'impulsion de Georges Pompidou, Alors premier ministre, le tourisme se développe dans le Cantal, notamment avec la création de la station de ski du Lioran.

Deux Auvergnats se succèdent à la présidence de la République : Georges Pompidou, originaire de Montboudif (Cantal), de 1969 à 1974, et Valéry Giscard d'Estaing, ancien maire de Chamalières (Puy-de-Dôme), de 1974 à 1981. Ce dernier sera par la suite président du conseil régional d'Auvergne de 1986 à 2004.

Le 2 juin 2014, à l'occasion de la réforme territoriale, le Président de la République, François Hollande, propose la fusion de la région Auvergne avec la région Rhône-Alpes. Depuis le 1er janvier 2016, Auvergne et Rhône-Alpes ne forment qu’une seule grande Région unie.

Chronologie historique de l'Auvergne

Monument aux morts de Laveissière

Carte des Combats du Lioran en août 1944

Le téléphérique du Plomb du Cantal

L'histoire du Valagnon

Laveissière était avant 1789, de la Haute-Auvergne, du diocèse, de l'élection et de la subdélégation de Saint-Flour. Régie par le droit coutumier, elle dépendait de la justice du seigneur de Chambeuil, et ressort du bailliage de Vic, en appel de la cour royale de Murat.

Son église, dédiée à Saint-Louis, était une annexe de la paroisse de Bredon. Elle a été érigée en succursale par ordonnance royale du 05 janvier 1820.

Laveissière, qui dépendait originairement de la commune de Bredon, a été érigée en commune distincte par ordonnance royale du 06 mai 1836.

La seigneurie de Chambeuil

Le château de Chambeuil

Chambeuil était un ancien fief que défendait un château fort de quelque importance. Aujourd'hui en ruines, il ne subsiste que quelques murs ainsi que les vestiges d'une petite tour.

Seigneurs de Chambeuil :

  • Famille de Beaumarchais de 1263 à 1325
  • Famille de la Vie de Villemur de1325 à 1370
  • Famille Julien de Chambeuil de 1370 à 1636
  • Famille de Cosnac de 1636 à 1660
  • Famille d'Anrerroches de 1660 à 1789 (portent toujours le titre de seigneur de Chambeuil)

Le premier seigneur de Chambeuil connu est Eustache de Beaumarchais (1235-1294), baron de Calvinet, seigneur de Chambeuil, de Fontrouge,  de Falcimagne et de Moret, coseigneur de Sénezergues et de Tournemire, seigneur de Salers, bailli des Montagnes d'Auvergne, sénéchal de Toulouse et d'Albi, bienfaiteur de l'hôpital d'Aurillac, Bailli du Comte de Poitiers, sénéchal de Poitou, puis de Toulouse et d'Albi, auteur de la Ière Paix d'Aurillac. Fondateur de bastides en paréage avec l'Ordre cistercien.

Ce petit noble gravissant rapidement l'échelle sociale, devient seigneur de Chambeuil en 1263 (acquisition), ainsi que baron de Calvinet en épousant Marine de Vigouroux en 1266, fille unique et héritière de Déodat de Vigouroux, seigneur de Calvinet, et de Philippie de Salers. Elle était une des plus riches héritières du pays. Elle lui apporta les seigneuries de Calvinet, Roussy et Caylus qui venaient de son père, et les fiefs morcelés de Salers et Tournemire qui lui venaient de sa mère.

Eustache fait hommage de la seigneurie de Chambeuil au vicomte de Murat en 1265, puis en 1285 directement au roi de France en raison du château de Beccoire.

Le château de Beccoir est un ancien château royal, aujourd'hui à l'état de vestiges. Construit sur le rocher de Bredons par ordre de Saint Louis au XIIIème siècle, il faisait office de siège ambulant au Bailliage des Montagnes d'Auvergne dont Eustache de Beaumarchais fut le premier bailli en 1266.

Eustache est désigné par Philippe le Bel en 1277 pour arbitrer le différend entre les consuls et l'abbé d'Aurillac. Il est l'auteur de la « première Paix d'Aurillac» en 1280.

Il deviendra par la suite sénéchal de Toulouse et participera à la campagne de Navarre entre 1276 et 1277 ainsi qu'à la campagne de Catalogne avec Philippe III le Hardi en 1285.

Astorg Jurquet, seigneur de Combrelles, de Chambon et co-seigneur de Chambeuil, fit hommage de ses terres, en 1268, à Henri comte de Rodez, vicomte de Carlat

En 1283 et 1284, Guillaume, vicomte de Murat, fit hommage de Chambeuil au roi, comme fief, château et dépendances.

Village de Chambeuil

Ruine du château de Chambeuil

Blason de Beaumarchais

D'azur à un chevron d'or accompagné de trois têtes d'aigles d'argent.

Sceau d'Eustache de Beaumarchais

Blason de Pierre II de la vie de Villemur

En 1294, Eustache de Beaumarchais meurt sans héritier mâle et lègue une grande fortune territoriale à sa fille Marie de Beaumarchais (1282-...), alors agée de 12 ans, issue de son premier mariage avec Marine de Vigouroux.

Elle décide de vendre la baronnie de Calvinet, la seigneurie de Chambeuil et sa part de la seigneurie de Sénezergues, le 25 avril 1325, à son beau-frère, Pierre II de la Vie de Villemur, marié à Eustachie, issue du deuxième mariage d'Eustache de Beaumarchais avec Aygline de Barasc).

Pierre II de la Vie de Villemur (1280-1337), chevalier, vicomte de Calvignac, seigneur de Villemur, seigneur de Salers, est un personnage important puisqu'il est en effet le neveu du pape Jean XXII (élu pape en 1316, mort en 1334).

« Terrier des reconnaissances féodales consenties par les habitants de la châtellenie et mandement de Chambeuil, en faveur de noble et puissant Pierre de la Vie de Villemur, chevalier, seigneur de la baronnie de Calvinet et de la châtellenie de Chambeuil en Carladez, de Villenueuve et de Villemur en Languedoc, absent, levées par ses procureur généraux noble Hugon de Malhac, chevalier, et autres » - grand parchemin 1326.

Il transmet à sa mort en 1337, la seigneurie de Chambeuil à son fils Arnaud, issu de son premier mariage avec Bernarde du Mas.

Arnaud de la Vie de Villemur (1305-1382), vicomte de Villemur, baron de Calvinet, seigneur de Chambeuil, Marié vers 1325 avec Marguerite de Chauvigny.

Arnaud de la Vie de Villemur vend le domaine en 1370 pour 2000 livres, à Pierre Julien, qui fut, dit-on, le premier noble de sa famille en prenant le nom de « de Chambeuil». La famille de Julien de Chambeuil est maintenue dans sa noblesse par ordonnance du 8 mai 1668, elle s'est éteinte au cours du XVIIIe siècle.

Famille Julien de Chambeuil : le nom primitif de cette famille était Julhen, elle pris, suite à l'acquisition de la seigneurie, celui de Chambeuil. Maintenue dans sa noblesse par ordonnance du 8 mai 1668.

Pierre Julien, décédé avant 1325, Marié avec Marie de Beaumarchais, baronne de Calvinet, dame de La Vinzelle, de Roussy, de Chambreuil et de Salers, coseigneur de Tournemire, baronne de Calvinet, née avant 1280.

Pierre était licencié en droits, bourgeois de la ville de Murat, acheta en 1370, à Arnaud de La Vie, vicomte de Villemur et baron de Calvinet, tout l'affar, lieu et tènement de Chambeuil, avec tous les droits que celui-ci possédait en la paroisse de Bredon, rivière du Valagnon, bois et montagne du Lioran, en toute justice, haute, moyenne, basse, pour le prix de 2.000 livres. Vente consentie par noble Arnaud de Villemur au profit de Pierre Julien, licencié es lois, de tout ce qu'il possédait dans le tènement de Chambeuil et dans la vallée de l'Allagnon (1370).

Terrier des reconnaissances féodales

Ecartelé aux 1 et 4, d'argent, au lion d'azur, armé et lampassé de gueules; aux 2 et 3, d'or à 2 fasces crénelées de gueules.

D'azur, au chevron d'argent accompagné de trois épées d'or

Pierre de Chambeuil, né vers 1300, marié à Bompar du Chambon vers 1350, fils du précédent. La seigneurie s'étendait à l'époque sur tout le Valagnon, riche des montagnes d'estives et de la forêt du Lioran.

Elle est transmise ensuite à son fils Guillaume de Chambeuil (né vers 1350), damoiseau, seigneur de Chambeuil, un homme très savant pour son siècle. Marié vers 1440 avec damoiselle Delphine de Montjou. Il rend hommage, la veille de Noël 1403, au duc de Berry, comte d'Auvergne, d'Etampes et de Boulogne, pour le château et la châtellenie de Chambeuil, et les cens et droits seigneuriaux, dépendant de ladite seigneurie dans les manses de Chambeuil, la Chassagne, le Meyniel, le Meynialou, Forniols, Agut, Monteil, la Veyssière, le Chambon, Fraisse Soubra et le Cheylar.

Guillaume agrandit la seigneurie en acceptant la donation de Fraisse-Soubro (Fraisse-Haut) et Langlade en 1403 de la part de son cousin Jean de Chazelles, seigneur d'Ussel, et en achetant en 1407 diverses pièces de terre dans la vallée de l'Alagnon à Guillaume Couderc (de Murat) et à Jean Saisset (bougeois de Saint-Flour).

Investigation, faite par Rigaud du Val, seigneur de Combrelles, en faveur de Guillaume Julien, seigneur de Chambeuil, de l'effar del Roc dans la vallée de l'Allagnon, acquis par ce dernier de Guillaume Condet, habitant de Murat ; procès-verbal relatif au paiement des droits de lods et ventes dûs au seigneur de Combrelles en cette occasion (1408).

Son fils Jean de Chambeuil (1410-1433), seigneur de Chambeuil, marié vers 1430 à Marguerite de Rochefort, lui succède mais meurt jeune (sans héritier mâle, 2 filles Claude et Gabrielle) et lègue la seigneurie de Chambeuil à son frère, Pons, qu'il avait institué, en 1433, son héritier universel.

« Jehan Julhen, damoiseau, seigneur du châstel, châtellenie et mandement de Chambeuil. Pour se conformer à la substitution au profit des mâles, établie dans le contrat de mariage de son père, il avait institué Pons Julhen, son frère, pour son héritier universel, ne laissant que 800 écus à ses deux filles ».

« Reconnaissances faites en faveur de Jean Julhen, seigneur de Chambeuil, et d'Astorg Jurquet, seigneur de Combrelles, en 1422 et 1428  ».

Pons de Chambeuil (1411-1465), chevalier, seigneur de Chambeuil. Frère du précédent, marié avec Claude Roullaud. Cette possession lui fut contestée par ses deux nièces, Claude et Gabrielle Julien et les maris de celles-ci auxquels se joignit Marguerite de Rochefort, veuve de Jean Julien ; mais au mois d'aout 1464 un jugement fut rendu en sa faveur, le maintenant en possession de la seigneurie de Chambeuil, et de tous les biens à lui délaissés par le testament de Jean Julhen, son frère aîné.

Celui-ci poursuit l'œuvre de son père en achetant des portions de terrains au Chambon à Guillaume de Mollitz et Bérarde Brugueyre en 1442 ; Vente faite en faveur de Pons Julhen, seigneur de Chambeuil, par noble Pons Seysset, des cens et rentes qu'il avait sur le mans de Frugeyres, paroisse de Talizat.

Il testa en 1465, instituant pour son héritier universel, noble François Julhen, son fils aîné, et mourut la même année ; lui et sa femme avaient donné à l'église de Bredon, une somme de 200 écus d'or, pour la célébration d'une messe, tous les jours de l'année et ce à perpétuité. Les prêtres de la dite église en donnèrent quittance à son fils François en 1466.

Le château de Chambeuil a éprouvé de grands désastres lors des guerres contre les Anglais (1337-1453), et a été pris, repris plusieurs fois et dévasté.

François de Julhien de Chambeuil (1450-1516), écuyer, seigneur de Chambeuil, seigneur du Lioran, fils aîné de Pons de Chambeuil, marié le 20 septembre 1484 julien avec Jeanne de Beaufort. Ayant été obligé d'aliéner différentes terres à réméré, il rachète en 1481 la montagne du Lioran à Jean et Astorg de Clavières et en 1482 le bois de Vallere à Amerigon de Combrelles.

La même année, il assigne 400 écus d'or à sa femme Jeanne de Beaufort sur le village de Fraysse-Soubro (Fraisse-Haut).

Il vivait encore en 1512, où il consentit à Durand et Jacques de Merguel, la vente d'un champ, appelé « del Riou ». Reconnaissance emphytéotique d'Antoine Borgarde, de Bredon, en faveur de François, seigneur de Chambeuil (1485).

Nouvelle investition, faite à Etienne et Jean Portes, de Chambeuil, par noble François Julhen, seigneur de Chambeuil, et noble Astorg de Combrelles, d'une certaine terre vague, appelée La Gardelle (1500). Reconnaissances faites en faveur de François Julhen de 1474 à 1516.

Son fils Charles Julien de Chambeuil (1485-1558), chevalier, seigneur de Chambeuil de Farreyrolles et La Vaissière, marié à Marguerite de Saint Martial de Drugeac le 24 juillet 1513, lui succède, rend hommage au roi le 17 juin 1538.

Charles de Chambeuil, transigea avec ses frères Guillaume et Jean de Chambeul, au sujet de la succession paternelle par acte reçu par Vergruche, notaire, le 8 mai 1531 ; il testa en son château de Chambeuil, par acte reçu Delanusse, notaire, le 24 juin 1558 ; il élisait sépulture dans l'église paroissiale de Bredon, au tombeau de ses prédécesseurs, en la chapelle de monsieur St Antoine, faisait des legs à ses fils Jacques, Guyot et Hubert de Chambeuil, ainsi qu'à son bâtard Guillaume, fils de Jeanne de Tessonnières ; il avait épousé par contrat, reçu par Jacques de Sistrières, notaire, passé au château de Drughac, le 24 juillet 1513, Marguerite de St-Martial, fille de Louis de St-Martial, chevalier, seigneur de Drughac. Son père par ce contrat lui fit donation de la moitié de tous ses biens et par la suite l'institua son héritier universel. Reconnaissances faites en faveur de Charles Julhen en 1525 et 1529.

Son fils Antoine de Chambeuil (...-28 décembre 1580), marié à Françoise d'Anjony en 1540, prend la succession, suivi de son fils Jean (marié à Catherine de Ludesse en 1586).

Jean de Chambeuil, seigneur de Chambeuil, de Nyemel et de Laveissière, marié le 13 février 1586 à Catherine Andrée de Ludesse, répare le château délabré grâce au service rendu auprès du vicomte de Polignac. (Sentence arbitrale de 1610).

Le 29 janvier 1633, bail passé par Catherine de Ludesse, veuve de noble Jean de Chambeuil, assisté de son fils Jean de Chambeuil, écuyer dudit lieu, demeurant au château de Chambeuil, d'un carteron (25%) de domaine audit lieu, à Pierre Poulderoux dit Brajacou, pour 6 ans.

François de Chambeuil (1596-16 septembre 1639, tué en service) (fils de Jean et Catherine), se marie avec Magdeleine de Lastic, sans héritier mâle, il lègue Chambeuil à sa fille Claude.

Claude de Chambeuil transmet la seigneurie à la maison de Cosnac en se mariant le 25 novembre 1636 à Annet de Cosnac (1606-...), seigneur de la Marque, septième et dernier des enfants mâles d'Annet (1547- 1606), seigneur de Cosnac, (auteur de la branche de la Marque) et de Jeanne de Juyé (...-1642).

À la mort d'Annet de Cosnac, Claude, dame de Chambeuil, se remarie avec Pierre Ier de Dienne, seigneur de Chavagnac et de Courbines, le 24 mars 1648.

Elle eut de son premier mariage deux fils et deux filles : Claude, aide de camp du maréchal de Turenne, auprès duquel il meurt, sans laisser d'enfants, d'Anne de la Mothe, sa femme ; Clément de Cosnac à qui elle cède la seigneurie de Chambeuil ; Madelaine, marié à Armand d'Amber, seigneur de la Johanie ; Catherine, Religieuse aux Ursulines de Limoges reçue le 1er janvier 1664.

La seigneurie est en partie vendue à la famille d'Anterroches dans la première moitié du XVIIe siècle. Devenus co-seigneurs, les deux familles ont de grands démêlés au sujet de la prééminence dans le choeur de l'église de Bredons.

Clément de Cosnac,  chevalier, seigneur de la Marque, mourrut le 30 juillet 1680, il avait épousé Jeane-Françoise de la Jugie-Faulcon le 31 juillet 1677. Il vendit en 1660, ses droits sur la terre de Chambeuil à M. d'Anteroches désormais pleinement seigneur de Chambeuil. Les descendants de ce dernier en ont joui jusqu'à la révolution de 1789 et portent toujours le titre de seigneur de Chambeuil.

D'argent, semé d'étoiles de sable ; au lion de même brochant, lampassé, armé et couronné de gueules

La Seigneurie de Combrelles

Le château de Combrelles

Le château de Combrelles était construit sur un bombement situé derrière la ferme actuelle, à mi-coteau de la vallée de l'Alagnon, dominant au nord le fond de la vallée, au sud un petit replat constitue un terroir privilégié (Bourdardchouk). Le château est actuellement en ruines, il ne subsiste que quelques murs.

Seigneurs de Combrelles :

  • Famille Jurquet de Combrelles de 1260 à 1568
  • Famille de Traverse d'Anterroches de 1568 à 1789, (portent toujours le titre de seigneur de Combrelles)

La ferme de Combrelles, le château se trouvait sur le promontoire à l'arrière

Description du château :

La seigneurie comprend alors le château au dit-lieu de Combrelles et s'étend sur tout le Valagnon, de la forêt du Lioran à la Maladrerie de Saint-Gal à Murat, comme l'atteste Astorg de Jurquet, seigneur de Combrelles, du Chambon et co-seigneurs de Chambeuil, lorsqu'il rend hommage en 1268 de ses terres à Henri II de Rodez, vicomte de Carlat.

Un manuscrit rédigé, dit-on, par un ancien chapelain, nous a laissé une description du château de Chambeuil. Nous la reproduirons, en lui laissant son caractère légendaire et sous toute réserve ; car, depuis longtemps, il n'existe plus de ruines qui témoignent de ce que pouvait être Combrelles :

« Il s'y trouvait trois enceintes, la première, de douze à quinze mètres d'élévation, munie de meurtrières et de mâchicoulis. Les logements de ses défenseurs étaient voûtés, et les mettaient à couvert de tous les engins connus à cette époque. On pénétrait dans cette enceinte par une porte flanquée de deux tours, d'un pont-levis, d'une herse que l'on relevait intérieurement à l'aide d'un cabestan, et d'une seconde porte recouverte de fortes lames de fer. Ce rempart s'élevait jusqu'au niveau d'une terrasse destinée aux exercices de la garnison et aux promenades des habitants du manoir.

La deuxième enceinte avait été bâtie à peu près dans les mêmes conditions que la première ; mais les salles voûtées de l'intérieur étaient plus convenablement disposées, et servaient à loger des gens d'une classe supérieure. L'entrée en était également défendue par deux tours.

Au centre de cette deuxième enceinte, s'élevait un mamelon qui supportait une autre tour carrée flanquée de quatre tourelles. C'était là le donjon. Nous nous abstiendrons de détailler sa distribution intérieure. Disons seulement que les souterrains renfermaient les cachots, les oubliettes, et qu'on y pénétrait par l'esplanade, entre la deuxième enceinte et le donjon.

La tradition rapporte encore qu'il existait des chemins secrets partant du château et allant aboutir dans la vallée voisine. Parmi les tours de la deuxième enceinte, l'une était occupée au rez-de-chaussée par la chapelle, au premier étage par la salle de justice, au second se trouvait enfin la prison destinée aux femmes dont les fautes étaient légères.

Le seigneur de Combrelles était haut justicier. On l'apprenait de loin ; car la tour d'Orient, où ses justiciables étaient détenus, s'élevait au-dessus des autres constructions. Elle dominait les arbres de la forêt, et se terminait par une plateforme sur laquelle étaient dressées plusieurs potences ; de sorte que les suppliciés pouvaient être vus de tout l'horizon, et servir d'épouvantail aux vassaux de !a seigneurie ».

Blason des Jurquet d'Oradour : "De gueule, à la croix vidée, cléchée et pommelée d'or"

Arbre généalogique d'Hugues de Rouergues

Arbre généalogique famille Jurquet, d'Oradour, de Combrelles, de la Salle

Blason des Jurquet de Combrelles : "De gueule, à la bande d'or"

D'or, à trois pomme de pin d'azur

 

Nobiliaire de Combrelles

À l'origine, le château est propriété de la maison des Jurquet de 1260 à 1568  :

Jurquet : coseigneurs de Chaudesaigues, d'Oradour, de Pierrefort, seigneurs de Combrelles et de Châteauneuf. la famille Jurquet est connue dans l'histoire d'Auvergne depuis l'an 1004.

Cette famille prétend descendre des comtes de Toulouse et notamment de Raymond 1er, comte de Rouergue, lequel, après avoir distribué à ses deux fils Raymond et Hugues, ses biens par testament, mourut en l'année 961.

Raymond, l'aîné, hérita du comté de Rouergue et du marquisat de Gothie. Hugues, le puîné, obtint les seigneuries de la Garde, de la Vidalenche et le château de Sainte Marie. Ces deux derniers fiefs restèrent toutefois indivis entre les deux frères. Hugues vivait en 980. C'est lui que les Oradour reconnaissent pour le chef de leur race. C'est à ce titre que, dans la suite, ils placèrent dans leur écusson les armes de la maison de Rouergue Toulouse.

On sait de lui fort peu de chose, sinon que de ces lambeaux de terre, épars autour du Plomb Cantal dans les vallées du Valagnon, de Brezons et de la Truyère, il fit un domaine immense qui gagna Pierrefort et tout le mandement de la Planèze, déjà inféodé au monastère de Saint Flour, par les bienfaiteurs de ce couvent, les sires de Brezons et d'Apchon, dont ils ne tardèrent pas à devenir les rivaux.

D'après Boudet au contraire les seigneurs d'Oradour descendent des comtours de Nonette et se trouvent, par conséquent parents des seigneurs de Brezons. (Le titre de comptour d'Auvergne désignait les plus puissants barons de la Haute Auvergne). Quoi qu'il en soit, cette famille vient à être à la tête de la seigneurie d'Oradour.

Vers le milieu du XIIe siècle, cette maison se divisa en deux branche, celle des seigneurs d'Oradour et celle des seigneurs de Combrelles. La branche de Combrelles produisit plusieurs chanoines-comtes de Brioude dont Bernard Jurquet en l'an 1200 et Rigald Jurquet en 1290, ce dernier était fils de Jean Jurquet, seigneur de Combrelles qui vivait encore en 1262.

Bernard Jurquet (...-1259), seigneur d'Oradour, a pour fils cadet, Astorg Jurquet, né au château de Combrelles, qui devient le premier seigneur de Combrelles.

Astorg Jurquet, seigneur de Combrelles, de Chambon et co-seigneurs de Chambeuil, reconnaît, en 1268, à Henri II de Rodez, comte de Rodez, comme vicomte de Carlat, à St-Flour, en présence de Déodat de Canillac, la seigneurie de Combrelles, de Chambon, une partie de celle de Chambeuil  et tout ce qu'il possède dans la vallée de l'Alagnon depuis le Lioran jusqu'à la Maladrerie de Saint-Gal aux portes de Murat. Il reconnaît la majeure partie des forêts du Lioran et d'Albepierre. Cet acte d'hommage se rapporte seulement aux domaines de la vicomté de Murat, relevant de Carlat.

Les nombreux. fiefs mentionnés dans les actes d'hommage d'Astorg Jurquet en 1268 ou dans le testament de Hugues Jurquet en 1307 donnent une idée de l'étonnante fortune que fit cette famille, tant en Planèze que sur les pentes du Lioran et les hautes vallées du Cantal ; ils sont maîtres de tout le pays entre Saint-Flour et Murat.

Le fils d'Astorg, Hugues Jurquet, chevalier, lui succède mais meurt, sans héritier direct en 1307, avec deux de ses frères. Son testament rédigé le lundi après la fête de saint André en 1307, va nous faire connaître l'étendue des patrimoines de ses aïeux, dans la région de St-Flour.

Gilbert Jurquet, seigneur de Combrelles et de Chambon, coseigneur de Chambreuil, héritier universel de son oncle Hugues, sauf le château de Combrelles qu'il donne à un autre neveu Jean.

Hugues lègue la seigneurie de  Combrelles à son autre neveu, Jean Jurquet, seigneur de Combrelles (fils d'Armand, seul frère survivant à 1307 sur une fraterie de 4 enfants). Il est qualifié d'homme de grand mérite puisqu'il est fréquemment consulté par Guillaume de Nemours, commissaire royal en 1316.

Le 06 septembre 1329, Armand Jurquet, seigneur de Combrelles, rend hommage pour sa seigneurie à Reynaud Pons, vicomte de Carlat.

Bégon de Combrelle, en 1366, accorda en pagésie divers droits à certains mas, villages et autres lieux voisins, et ratifia les concessions faites par ses prédécesseurs. La seigneurie connaît ainsi, son apogée avec la charte de communauté aux habitants du Valagnon.

On trouve ensuite Rigald de Combrelles, fils de Jaubert, en 1377.

Louis Jurquet, seigneur de Combrelles, fils de jean Jurquet, vivait en 1409 quand le vicomte Reynaud de Murat dévasta le château de Combrelles lors de sa querelle avec les Cardaillac.

Le 15 février 1410, Riguaud Jurquet, seigneur de Combrelles, rend hommage pour sa seigneurie à Bernard VII, vicomte de Carlat.

Le 28 mars 1430, Astorg Jurquet, seigneur de Combrelles, rend hommage pour sa seigneurie à la comtesse d'Armagnac.

Armand Jurquet, seigneur de Combrelles, dont les armes figurent à l'armorial de 1450.

Il parait que la seigneurie de Combrelles subit plusieurs divisions et appartint à divers seigneurs. Réginal de Laval, coseigneur de Combrelles en 1418 ; Olivier de Linarès en était coseigneur en 1446 ; Rigaud et Amérigot de Baile eu possédaient les deux tiers en 1475 ; Guinot de Fumel était coseigneur de Combrelles en 1476. (Procès verbal du 10 janvier 1476 concernant la prise de possession de la seigneurie de Combrelles entre Mérigon de Laval dit de Combrelles à l'encontre Guinot Fumel)

Le 22 juillet 1490, un autre Astorg de Combrelles, seigneur de Combrelles, rend hommage pour sa seigneurie au comte d'Armagnac.

Vespasien de Combrelles vivait encore 1497, et avait épousé Marguerite de Quincampoix. « Les processions de Saint Bonnet étant quelque peu tumultueuses à cause du grand concours du peuple qu'elles attiraient, le porteur de l'épée avait la charge de maintenir l'ordre dans les rangs et d'écarter le populaire lors du défilé du cortège. Dans quelques pélerinages fameux on avait créé cette charge en titre d'office, sous le nom de « la bâtonnerie ». ainsi, à Moissat-Bas, où l'on venait de tous les coins de l'Auvergne vénérer les eliques de Saint Lomer et de plusieurs autres saints, il y avait un bâtonnier, ordinairement genthilomme, pour faire la police des processions. Vespasien de Combrelles était investi de cette office en 1483 ».

On trouve, Astorg Jurquet, seigneur de Combrelles et de Châteauneuf, en 1501.

Le 05 septembre 1538, Louis de Combrelles, seigneur de Combrelles et de Châteauneuf, rend hommage pour ses château et chatellenie de Combrelles, montagnes de Peyregui, de Lhioran, Grandchamp, Lissac et autres. Louis et son fils Antoine de Combrelles vendent, le 27 septembre 1573, la montagne de Peyregary à Tristan de Brezon. en 1572 il maria son fils, Antoine, avec Gabrielle de Pierrefort, fille de feu  Roch de Pierrefort, baron dudit lieu.

« En présence du notaire, maître Guillaume Chourcy et du prêtre au chastel de Combrelles fut fait promesse par monseigneur Louis de Combrelles, de noble Antoine de Combrelles, son fils et noble Tristan de Brezons, seigneur de Massebeau, de parachever la consommation et traitement du mariage qu'il a pris à sa charge d'entre ledit noble Antoine de Combrelles et noble Gabrielle de Pierrefort et son accomplissement, assignation de 300 livres de rentes à prendre sur les revenus de Combrelles, dont font état tant en assens que affermes, domaines, chauffours, péages et autres  ».

Antoine de Combrelles, était seigneur de Combrelles en 1579. Il avait épousé, en 1572, Gabrielle de Pierrefort, veuve en 1586. étant mort sans enfants, ne laissa que deux sœurs, Isabelle et Anne, dernières représentantes de cette branche,  qui, demeurées sans alliance, vendirent leurs biens à la famille de Traverse.

Les Traverse d'Anteroches deviennent seigneur de Combrelles. La famille de Traverse est originaire de Murat où sa généalogie remonte à 1265. La famille d'Anteroches en est un rameau et possédait encore cette seigneurie en 1723 et portent toujours aujourd'hui le titre de seigneur de Combrelles.

François d'Anterroches est seigneur de Combrelles le 1er décembre 1609.

 

Guerre de Cent-Ans

Ce conflit entre le royaume d'Angleterre et le royaume de France a de lourds impacts sur le Valagnon. En effet, la région est largement piétinée et pillée par les Anglais, cependant le château de Combrelles est épargné.

Mais à la guerre étrangère s'ajoutent les conflits internes. Après 50 ans de lutte contre les Murat pour l'hégémonie sur la cité murataise, les Cardaillac, devenus vicomtes de Murat, entament une lutte contre les vicomtes de Carlat, leurs suzerains.

En effet, Renaud II de Murat refuse de rendre hommage à Bernard VII d'Armagnac, chef du parti des Armagnac soutenant les Orléans et les intérêts français face à la maison de Bourgogne alliée aux Anglais, devenu vicomte de Carlat en épousant Bonne de Berry.

Renaud n'hésite pas à attaquer Bernard, un des hommes les plus puissants du royaume de France, et pille la région de Carlat en janvier 1414. Bernard réplique aussitôt et envoie son fils Jean IV, à la tête d'une armée de 6000 hommes, qui assiège le château de Murat et oblige Renaud à se rendre. Fait prisonnier pendant 18 mois au château de Carlat, Renaud arrive à s'échapper et se réfugie auprès du duc de Bourgogne Jean Ier.

Pour se venger, Renaud ravage toute la vicomté de Carlat y compris la vicomté de Murat, il enlève 10 000 têtes de bétail dans le Carladès, brûle le château de Brezons et les nombreuses personnes qui s'y sont réfugiés, ravage les domaines des seigneurs d'Estaing, de Dienne et de Combrelles.

 Les guerres de religion

À l'issue de la Guerre de Cent-Ans, la seigneurie de Combrelles et le Valagnon sont ravagés, ils peinent à se reconstruire et voient arriver un nouveau conflit, cette fois religieux, entre catholiques et huguenots.

La catholique et peu fortifiée Haute-Auvergne constitue une proie facile pour les protestants. Ceux-ci entre dans la région de Murat à la fin du XVIe siècle, brûle le couvent des Cordeliers de Saint-Gal et ses malades à la sortie de Murat et s'emparent du château de Combrelles le 28 octobre 1579.

C'est à la fin de l'hiver, le 10 avril 1580, que le seigneur d'Anteroches, dont le château est sur l'autre versant de la vallée, aidé des gens du pays, reprend Combrelles, chasse les huguenots et rase le château.

En 1581 le château fut, une nouvelle fois, pillé et ruiné par les huguenots.

 

La légende du baron de combrelles

 

Selon cette légende populaire, Bégon de Combrelles semait la terreur dans le pays  en enlevant des jeunes filles qu'il violait puis égorgeait. Il appliquait aussi le « droit du seigneur » (droit de cuissage).

« Sur une roche escarpée, dominant une gorge,  était construit le manoir de Combrelles. La solitude de ce lieu, la difficulté de ses abords qui le rendait inaccessible presque sur tous les points, l'épais feuillage qui le cachait à tous les regards, les ténébreuses perspectives de la forêt du Lioran dans le lointain, rappelaient involontairement à la pensée les sombres tableaux d'Anne Radcliffe, et impressionnaient presque au même degré l'imagination.

Quand on était parvenu jusqu'à ce manoir, on se demandait quelle pouvait être la nature des crimes commis par son fondateur pour qu'il eût choisi un lieu aussi sauvage et aussi rempli d'horreurs, afin d'y cacher des jours flétris, et de laver, loin de tout être humain, sa conscience souillée dans les larmes du repentir....»

Le barbe bleue du Valagnon

La Seigneurie d'Anterroches

Le château d'Anterroches

Le château d'Anterroches est un château médiéval situé dans la vallée de l'Alagnon, sur la commune de Murat, bien que géographiquement et historiquement rattaché au Valagnon (commune de Laveissière).

Il est connu de par l'un de ses illustres occupants, Joseph-Charles-Alexandre d'Anterroches (1710-1784), célèbre pour être l'auteur de la citation « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! » lors de la bataille de Fontenoy, le 11 mai 1745.

Inscrit par arrêté du 7 avril 2008 à l'inventaire des Monuments Historiques. Le château en totalité, y compris ses intérieurs avec leurs décors (cuisine, salles basses, salon, salle à manger, billard, escalier d'honneur, chambres).

Périodes de construction :

Aux XVe, XVIe, XVIIe, XVIIIe siècle et fortement remanié au XIXe dans le style troubadour, avec des créneaux, des échauguettes et des fenêtres à meneaux.

Description :

Le château d'Anterroches est de plan quadrangulaire avec, en façade, un donjon rectangulaire à quatre étages chemin de rondes et mâchicoulis, toitures à quatre pans.

Les corps de logis de trois niveaux accolés de chaque côté du donjon, sur la gauche, trois  tours carrées, une sur l'extérieur accolée à l'ensemble l'autre en saillit à trois niveaux  et une petite saillante en encorbellement sur deux niveaux avec toit impérial.

Sur la droite, deux tours rondes accolées l'une à l'angle avec chemin de ronde et mâchicoulis et la deuxième entre le donjon et la tour, les deux à toits en poivrière.

A l'origine c'était une ferme fortifiée pouvant remonter au XIIIe siècle, au début du XVe siècle, un donjon rectangulaire est construit. A cette époque, lui sont ajoutés un logis à droite, flanqué d'une tour d'escalier et d'une autre tour ronde à l'angle droit, ainsi que d'une construction basse reliée au corps principal par une arche et contenant l'ancienne chapelle et le four à pain à abside.

Le château est restauré et réaménagé de 1890 à 1906 par l'architecte Jean Delpirou (à qui l'on doit également le monument aux morts de Laveissière). L'aile droite est rhabillée en style néogothique, on l'agrandit par l'ajout d'un pavillon et les superstructures des autres bâtiments sont restaurées.

L'aile gauche, auparavant très lisse, est animée de nombreux ressauts : une travée en légère saillie avec un mur-pignon, une tourelle carrée engagée en encorbellement sur deux niveaux et deux balcons. Les baies sont agrandies et régularisées. Sur le logis ancien, on crée trois niveaux de loggias à la place du balcon situé entre le donjon et la tour d'escalier. La loggia supérieure est pourvue de créneaux à archères cruciformes. Les façades sont refaites et les moellons sont entourés de joints gras blancs. La face latérale ouest, bien que peu visible, reçoit un bow-window à deux niveaux. La façade nord de l'aile ouest est garnie d'une tour d'angle et d'un petit avant-corps qui offre une terrasse à la chambre du premier étage.

L'entrée d'honneur est reprise pour être encadrée de blocs d'andésite finement sculptés de motifs néogothiques de la fin du XVe siècle. La porte est placée sous un arc brisé à trois colonnettes, encadrées par des colonnes grêles supportant de forts pinacles. Les écoinçons ont des motifs végétaux. Le registre supérieur accueille deux lions tenant le blason couronné de la famille d'Anterroches au-dessus d'un phylactère portant la devise « Semper fidelis Deus providebit » (Toujours fidèle, Dieu pourvoira). L'ensemble est coiffé par un fleuron feuillagé. La porte elle-même paraît assez massive à cause des deux renforts et des pentures ouvragées. Le tympan vitré est garni de volutes en fer forgé.

Un très grand escalier d'honneur en bois est construit dans la partie nord du donjon, sous un très beau plafond à solives du XVe siècle, ornées de frises à entrelacs.

La distribution correspond aux habitudes locales :

Au rez-de-jardin, il y a la cuisine, la souillarde, le bûcher et des caves. l'étage qui accueille les services n'est pas visible depuis l'entrée car il est enterré. Ainsi la cuisine peut être largement ouverte sur l'extérieur, recevant de ce fait une lumière abondante et une bonne ventilation.

Au rez-de-chaussée, il y a deux salons et une salle à manger qui reçoivent des aménagements et des décors de styles variés.

Le salon blanc a des lambris bas et une imposante cheminée en marbre rouge sculpté de colonnes et de triglyphes. Le salon bleu reçoit une cheminée néo-Renaissance en bois, très ouvragée. Sa hotte est ornée d'une peinture représentant la bataille de Fontenoy (1745), lors de laquelle le comte Joseph-Charles-Alexandre d'Anterroches s'est illustré et aurait laissé à la postérité « Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! ». Le sol est en marqueterie de trois essences de bois. Les murs portent des lambris d'appui assez sobres et un tissu tendu bleu à hermines jaunes. Le plafond à poutres et solives apparente est supporté par des modillons en bois, sculptés aux armes des propriétaires.

La salle à manger a des lambris d'appui et un tissu tendu à motifs fleurs de lys. La cheminée est en marbre rouge, elle est plus sobre que celle du salon, mais elle reçoit en partie haute des incrustations de marbre noir. Au premier et au deuxième étages il y a huit chambres, le propriétaire d'alors avait six enfants.

Au troisième étage, il y a la nouvelle chapelle qui reprend les vestiges du retable baroque de la chapelle primitive. L'autel d'inspiration néo-gothique reçoit des décors polychromes avec rehauts d'or. On trouve également au troisième, les chambres des domestiques.

Le quatrième étage est un grenier. Seul le donjon dispose d'un cinquième étage qui correspond au chemin de ronde.

Seigneurs d'Anterroches :

Interrochas, Denterrochas, Enterroches, Anteroche, Anterroches : noblesse d'extraction. Maintenue 1667. Rameau de la famille de Traverse originaire de Murat dont la branche aînée s'est fondue dans celle de la Rochelambert, mais il subsistait au XIXème siècle une branche cadette. Une première famille d'Anteroche était un rameau de celle du Chambon.

  • Famille de Chambon dès le XIIIe siècle à 1478.
  • Famille de Traverse d'Anterroches de 1478 à 1749.
  • Famille de la Rochelambert de 1749 à 1808.
  • Famille de Brives de Peyrusse de 1808 à 1856.
  • Famille d'Anterroches de 1856 à nos jours.

 

Le château d'Anterroche, dessin de Lancelot d'après l'album de M. Henri de Lanoye 

Blason couronné de la famille d'Anterroches au-dessus d'un phylactère portant la devise « Semper fidelis Deus providebit » (Toujours fidèle, Dieu pourvoira)

 

 Plan d'Enterroches

Armoiries famille de Chambon : de gueule, au sautoir d’or- Cri de guerre : Enterroches.

Mandement et Châtellenie du Chambon

Château de Chambon à Paulhac

Famille de Chambon

Attesté au XIIIe siècle, il appartenait à la famille de Chambon qui prie par la suite le nom d’Enterroches.

Armand de Chambon dit d'Enterroches (...-1288), seigneur du Chambon et d'Enterroches, et son fils Etienne vivaient en 1282.

Etienne de Chambon dit d'Enterroches (...-1331), seigneur d'Enterroches de Chambon et de Niermont.

Pierre d'Enterroches (...-1374), fils du pécédent, est seigneur d'Anteroche, de Chambon et Niermont. Il fait hommage en 1351 pour les villages de Bressanges, Prathéron et Sauvage à Renaud de Pons, Vicomte de Carlat, lequel en céda  le bénéfice  à Begon, Vicomte de Murat,  à  la suite d'une  transaction...

« Donation et émancipation pour cause de noces par devant maître Domergue Borrelli, juge du seigneur d'Enterroches, faite par noble Pierre d'Enterroches (Denterrochas), damoiseau, seigneur du château d'Enterroches, paroisse de Bredon, de ses biens et droits audit lieux d'Enterroches, du château de Beyriagues, de Chalinhargues, Chavanhac, Paulhac, Coltines, Dyene, Valogne et autres, en faveur de son fils aîné Léon d'Enterroches, avec réserve des droits de Jean et Aymeric ses autres fils et de Marguerite sa fille, et substitution en faveur des enfants dudit Léon, puis de ses fils ... fait en présence de Raimond Laveyssière, maître Domergue Guitard prêtre et Guillaume le Duc, 8 février 1374 », parchemin, sceau de cire.

Léon d'Enterroches, fils du précédent, né avant 1370, est seigneur du Chambon et d'Enterroches en 1374. il est marié avec Esquine ...

Antoine d'Enterroches, seigneur d'Enterroches et de Chambon, fils du précédent, décédé après 1463.

Antoine aurait eu pour fils, (la filiation n'est pas sûre), Guillaume de Traverse (...-1476), anobli en 1459, qui se marie avec Christine Pallebon (née avant 1430) et ont un fils Jean (de Traverse) d'Enterroches.

Juliane de Chambon, apporte la seigneurie d'Anteroche en dot à Jean de Laire, en 1478. Jean de Laire revend le domaine et le château à Jean de Traverse.

Famille de Traverse d'Anteroche

Jean de Traverse d'Anterroches, seigneur d'Anteroche, coseigneur du Chambon, Gouverneur de Murat en 1484. Né vers 1450, décédé avant le 29 décembre 1500.

Vers 1440, il est coseigneur du Chambon à Paulhac qu'il tient d'Antoine de Chambon son grand-père paternel. Fin 1478, il achète Anteroches à Jean de Layre et Julienne de Chambon et en prend le nom.

Jean d'Anteroches de Traverse, se marie le 28 avril 1478 avec Marie de Caissac.

Il est le fils du docteur Guillaume de Traverse (1415-1476), seigneur de Brésolles, garde des sceaux de la vicomté de Murat, garde des sceau du baillage de Vic-sur-Cère, chancelier de Carlat (1476). Né vers 1425, il se marie vers 1445 avec Ellaine du Trieu (1420-...). Il est premier médecin du roi Charles VII (en 1461), toujours médecin du roi Louis XI en 1473. En 1475, à la demande de Jacques d'Armagnac, vicomte de Carlat, il est exempté de ban et d'arrière ban par lettres patentes de Louis XI.

« Contrat de mariage entre Guillaume de Montferrier, bourgeois habitant de la cité de Rodez, d'une part et noble Hélène-Françoise d'Enterroches (Interrochas), fille de feu noble Jean d'Enterroches, seigneur d'Enterroches, paroisse de Saint-Pierre de Bredon, d'autre part, en présence de noble Jacques d'Enterroches, licencié es-lois, chanoine de la cathédrale de Rodez, tuteur de François d'Enterroches, fils et héritier dudit feu Jean, dot 1000 livres t. et les accoutrements nuptiaux ; acte au bourg de Rodez, maison de Montferrier en présence de maître Vidal Tabardelle, recteur de Saint-Amans du Bourg de Rodez .... le 29 décembre 1500 », (parchemin).

François de Traverse d'Anterroches, fils du précédent, né vers 1480, décédé avant 1531, se marie le 05 juillet 1511 avec Hélaine de Ribier de Lavaur.

François de Traverse d'Anterroches, fils du précédent, seigneur d'Anteroche et de Bressanges. Né vers 1520, décédé le 19 février 1574, il se marie en 1542 avec Gabrielle de Roquelaure (pas de descendance), se remarie le 28 février 1555 avec Jeanne de Limoges, de la maison de la Gorsse (1530-...).

« Constitution faite par noble François d'Enterroches, seigneur dudit lieu pour sa fille demoiselle Catherine d'Enterroches (1555-...) et noble Louis de Céveyrac, écuyer, seigneur dudit lieu et noble Lermet de Céveyrac son fils en faveur du mariage desdits Lermet de Céveyrac et de Catherine d'Enterroches, dotée de 4500 livres et accoutrements, dimanche 7 janvier 1571, expédié par Antoine Dumas, notaire  », (parchemin).

François de Traverse d'Anterroches (1560-1626), seigneur d'Anteroche, Bressanges, Combrelles et en partie du Jarry, fils du précédent, marié le 11 juillet 1592 avec Péronnelle de Brezons, demoiselle de Neyrebrousse (1570- 1616).

« Entre noble François d'Anterroches, seigneur dudit lieu, de Bressanges et de Jarry, habitant son château d'Anterroches, d'une part et noble Tristan de Bresons, seigneur de Massebeau, habitant son château de

Blason d'anterroches : D'azur, à la bande d'or, chargée de trois mouchetures d'hermine de sable, accompagnée de deux croisettes d'or, en chef trois burelles ondées d'argent, brochant sur la bande.

Blason couronné de la famille d'Anterroches au-dessus d'un phylactère portant la devise «Semper fidelis Deus providebit» (Toujours fidèle, Dieu pourvoira)

Massebeau, noble Sébastien de Bresons, seigneur de Négrebrousse et demoiselle Péronelle de Bresons, fille de feu noble Louis de Bresons, en son vivant seigneur dudit Négrebrousse, habitante du château de Négrebrousse, paroisse de Cézens, pour parvenir au mariage entre lesdits François et Péronelle, avec la présence de noble Guillaume de Gorsses, seigneur dudit lieu nommé curateur dudit seigneur de Négrebrousse pour faire cet acte, assistée la future dudit seigneur de Massebeau son oncle, de son frère et du seigneur de Saint-Hilaire son beau-père et aussi de maître Jacques Récadère, docteur en médecine son curateur, dotée de 4000 écus et 500 écus pour les accoutrements, laquelle somme Enterroches promet de reconnaître sur ses biens de Bressanges, Pauliac et Cussac, métairies de la Sallesse et de la Peyre, jouissance du château de Bressanges, autre réserve pour demoiselle Jeanne de la Gorsse, mère dudit Enterroches durant sa vie ; acte au château de Massebeau en présence de maître Jean Rolland, licencié, lieutenant particulier au baillage des Montagnes d'Auvergne au siège de Saint-Flour et de Joseph Vidal, Dumas notaire 11 juillet 1592 ».

Louis de Traverse d'Anteroche, écuyer, seigneur et baron d'Anteroche Combrelles, Bressanges et de Coulans. Fils du précédent, né en 1602, décédé le 10 novembre 1636, il se marie le 20 octobre 1630 avec Isabeau de la Tour du Pin-Gouvernet (1600-1657).

« Contrat de mariage entre Louis d'Anterroches, écuyer, seigneur dudit lieu, Combrelles et Bressanges d'une part et demoiselle Isabeau de la Tour de Gouvernet, fille de feu puissant seigneur René de la Tour de Gouvernet et de dame Paule de Chambaut, alors remariée en secondes noces à Claude d'Hautefort, vicomte de Chaylane et de Privatz, baron de Lestrange et Boulogne en Vivarais, gouverneur du Puy, passé au château de Chaylane en Auvergne, dotée par sa mère d'une certaine somme d'argent en pour règlement, elle lui abandonne la seigneurie de Colan, en haut Vivarais  », Teilhard et Falguières, notaires 20 octobre 1630.

« Certificat du vicomte de Polignac, conduisant la noblesse du pays d'Auvergne portant que Louis d'Anterroches, seigneur dudit lieu, Combrelles, Bressanges, Coulans en Vivarais a toujours été au service du roi, avec son équipage de 6 chevaux et d'un homme d'armes  », 11 novembre 1635.

« Testament au château d'Anterroches de dame Isabeau de la Tour de Gouvernet, veuve. Demande a être inhumée en l'église de Murat, chapelle Saint Claude, sépulture de son feu mari et de ses prédécesseurs, légats aux religieuses de Sainte-Catherine de Sienne, de Murat, à Jacques-César d'Anterroches son fils puiné, à François d'Anterroches son second fils, à deux filles non baptisées, héritier son fils Claude d'Anterroches et cas de décès sans hoirs de ses enfants

et filles précitées désigne pour héritier Jacques-César de la Tour de Gouvernet, son frère et les sien, Davidal notaire le 8 novembre 1639 ».

Claude de Traverse d'Anteroche, écuyer, chevalier, seigneur d'Anteroche, de Combrelles, de Chambon, de Bressanges et de Védrines, baron de Chambeuil (07 février 1666). Fils du précédent, né en juin 1637 et décédé en 1706, il se marie le 28 février 1656 avec Marguerite Isabeau de Bonnefons de Presques (08/11/1639- 27/01/1679). Ils eurent trois enfants.

« Contrat de mariage, passé au château de Presques, entre noble et puissant Claude d'Anterroches, baron dudit lieu, Combrelles et Bressanges, fils de feu Louis d'Anteroche et Isabeau de la Tour de Gouvernet, sa veuve, alors remariée à Pierre de Beauverger Mongon, seigneur de Verguières, Chambant, Védrines, Coulan d'une part et demoiselle Isabeau-Marguerite de Bonnefous, fille de puissant Jacques de Bonnefous, seigneur de Presque et Teyssiers (ou Tussiers), gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et de Suzanne de Peyronène de Saint Chamaran, en présence de Charles-Gaspard d'Espinchal comte dudit lieu de Marsiac, maréchal des camps et armées du roi, son cousin, Jacques-César d'Anterroches, capitaine de cavalerie au régiment du baron de Canilhac, son frère, Lasalle, notaire de Saint-Cirq, 28 février 1656 ».

« De Traverse Claude, seigneur d'Anteroche, paroisse de Bredon, élection de Saint-Flour ; cette famille a quitté, approximativement vers 1666, le nom de Traverse pour prendre celui d'Anteroche ou plutôt d'Anterroche, la date de l'ordonnance manque mais la mention "bon à expédier" est inscrite en regard de ce nom au f154 de l'état qui termine le ms550 de la bibl. de Clermont  », (De Ribier).

Il est seigneur de Combrelles, paroisse de Bredon, seigneurie qui appartenait à une branche de la famille de Jurquet (d'Oradour) jusqu'en 1568.

« Sentence du juge d'appeaux de Vic au profit de Claude d'Anterroche, au sujet de cens dû par Pol-Tristan de Chazelles, seigneur de Saint-Loup, pour la montagne de Ramberte (Remberter) à cause de la seigneurie de Combrelles à Laveissière  », (parchemin de 1686).

Charles-Louis d'Anterroches, écuyer, chevalier seigneur et comte d'Anteroche, de Combrelles, de Chambeuil et de Lesurant, gouverneur de Murat, lieutenant des maréchaux de France, capitaine des dragons du roi. Fils du précédent, né en 1672, décédé le 26 avril 1742, marié le 03 mars 1703 avec Jeanne Cécile de Lastic de Fournels, ils eurent 14 enfants.

Charles-Louis à quatre frères et une soeur dont : Alexandre d'Anterroches (...-1748), Chevalier, seigneur et baron de Combrelles, capitaine au régiment des dragons du roi et François d'Anterroches (1661-1743), écuyer, chevalier, comte d'Anteroche, baron de Peyrusse, seigneur de Combrelles et de Chambeuil, marié le 26 septembre 1703 avec Antoinette Eléonore de Brives, baronne de Peyrusse.

« Certificat de service aux ban et arrière ban donné par le duc de Bouillon, gouverneur des provinces d'Auvergne à François d'Anterroches chevalier de Malte au lieu et place de Claude d'Anterroches, son frère », 30 septembre 1674.

« Contrat de mariage entre Charles-Louis d'Anterroches, lieutenant d'une compagnie de dragons dans le régiment du roi, fils de Claude de Traverse d'Anterroche et de Marguerite-Isabeau de Bonnefous de Presques d'une part et demoiselle Jeanne de Lastic, fille de feu Joseph de Lastic seigneur de Fournels et Philiberte de Béral, Gazard, notaire de Murat 1er mars 1703  ».

Lettres de la chancellerie pour Charles-Louis d'Anterroches, lieutenant des maréchaux de France au haut pays d'Auvergne, pour faire assigner ses emphytéotes des terres de Chambeuil et Combrelles, 31 août 1737.

Charles Louis d'Anterroches devient propriétaire de la seigneurie de Peyrusse en 1710 et prend le titre de baron de Peyrusse.

Joseph Charles Alexandre d'Anterroches, comte d'Anteroche, baron de Peyrusse, seigneur de Combrelles et de Chambeuil, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le 05 mars 1743, maréchal de camp le 25 juillet 1762 et lieutenant général le 01 mars 1780. Fils du précédent, né le 03 juillet 1710 au château d'Anteroches, décédé le 29 août 1785 à Brioude. Il se marie le 25 juillet 1729 avec Louise Françoise d'Erlach (1706-1781)

Il est célèbre par la réponse qu'il fit à Lord Charles Hay en 1745 à la bataille de Fontenoy.

Joseph-Charles-Alexandre à 13 frères et soeurs dont : Alexandre-César d'Anterroche, évêque de Condom.

Ce dernier est chanoine-comte de Brioude, grand vicaire de Cambray, évêque de Condom de 1763 à 1792, commandeur de l'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont-Carmel (1762), député au Etats généraux (1789).

Né le 23 mars 1719 au château d'Anteroches, décédé le 28 janvier 1793 à Londres, il fit ses études au séminaire de Saint-Sulpice, licencié en théologie, il s'oppose à la Constitution civile du clergé.

Le 21 juin 1780, homologation d'un échange de pastural entre Joseph-Charles-Alexandre d'Anterroches, comte d'Anterroches, Combrelles, Chambeuil d'une part et les habitants du lieu.

Joseph-Charles-Alexandre d'Anterroches à une fille unique, Louise Marthe Catherine.

Louise Marthe Catherine d'Anterroches, dame d'Anteroche, marquise de la Rochelambert, est l'héritière de la branche aînée d'Anterroches. Fille du précédent, née le 02 novembre 1730, décédée le 03 février 1780, elle se marie le 14 juillet 1749 avec Henri Gilbert de la Rochelambert.

La bataille de Fontenoy- 11 mai 1745

Alexandre César d'Antéroches évêque de Condom

D’azur, à la bande d’or, chargé de trois mouchetures d’hermine de sable, accompagnée de deux croix de Jérusalem d’argent, au chef du même, chargé de trois burelles ondées d’azur.

Henri Gilbert de la Rochelambert, Chevalier, comte de la Rochelambert, marquis de la Rochelambert-Monfort, seigneur de Fieu, de la Valette, de Bansat, de Vinzelles et d'Usson, capitaine au régiment du roi infanterie, propriétaire d'Anteroche.

Né vers 1731, décédé le 15 juillet 1808, il était le fils de Claude de la Rochelambert (1683-1761), chevalier, comte de la Rochelambert Montfort, comte de la Valette et de Charlotte de Cordebœuf de Beauverger Montgon (1692-1755). Il se marie, le 14 juillet 1749, avec Louise Marthe Catherine d'Anterroches (1730-1780), dame d'Anteroche, marquise de la Rochelambert, héritière de la branche aînée d'Anterroches.

Il fut commissaire de l'assemblée provinciale de la noblesse qui procéda à la convention des états-généraux de 1783 et membre de l'assemblée provinciale d'Auvergne en 1787.

Au début du XIXe siècle Henri-Gilbert de la Rochelambert vend Anteroche à Jacques de Brives.

Jacques de Brives de Peyrusse, baron de Peyrusse, dit le Comte d'Anterroches, receveur particulier des finances.

Né le 25 mai 1780, décédé vers 1855, il se marie le 24 janvier 1809 avec Catherine Sophie Tallendier, il devient propriétaire d'Anteroche en 1808, dont les descendant ont pris le nom d'Anterroches (avec deux R et un S).

Il est le fils de Jacques de Brives de Peyrusse (1748-1818), notaire royale et de Louise Teillard de Chambon (1755-1842).

Eugène de Brives de Peyrusse, baron de Peyrusse, dit le comte d'Anterroches (Jean-Baptiste René Laurent Eugène de Brives de Peyrusse), propriétaire d'Anteroche vers 1855.

Né le 10 mars 1810 et décédé en 1891, il était receveur des impôts de Murat. Il se marie le 02 mars 1859 avec Hélène Louise Guilhelmeine de Vaissière (1827-1920).

Eugène de Brives est membre de la société cantalienne, il revend le château d'Anterroches à son neveu éloigné de la branche cadette subsistante de la famille d'Anterroches.

D'azur, au sautoir d'or, accompagné en pointe d'une étoile du même ; au chef cousu de gueules, chargé d'un croissant d'or accosté de deux étoiles du même - couronne de baron.

Louis François d'Anterroches, propriétaire d'Anteroche après 1856

Né le 05 avril 1817, décédé en 1883, Il avait pour parent François d'Anterroches, baron de Peyrusse, né le 17 octobre 1782, décédé le 23 novembre 1829 et Anne Rome (1777-1840), François d'Anterroches, dit le baron de Peyrusse,  était propriétaire demeurant en la ville d'Allanche à la naissance de son fils en 1817.

Louis François ne figure pas dans la liste de la société cantalienne en 1856, au moment de la publication du dictionnaire statistique du Cantal qui dit que le château d'Anterroches avait été racheté par la famille de Peyrusse qui le possédait et en avait repris le nom. Mais son beau frère Henri Brugerolles de Frayssinette en faisait partie, ainsi qu'Eugène de Brives et le marquis de la Rochelambert.

L'information suivante est contredite par les actes d'état-civil. Selon un descendant il y a bien racheter le château d'Anteroche mais il s'appelle bien « d'Anterroche »:

« Au début du XIXe siècle, M. de Brives rachète au héritiers de M. de la Rochelambert en 1808 le château d'Anteroche à Murat (15) dont ses descendants reprendront le nom (en l'écrivant avec un s à le fin et deux r ). Le Dictionnaire statistique du Cantal, tome IV p. 519, dit formellement qu'il s'appelle « de Brives  » et non d'Anterroches, et qu'il était receveur des finances à Murat ».

Acte d'état civil, baptême : « François d'Anterroches fils légitime à haut et puissant seigneur messire François d'Anterroches chevalier comte dudit Anterroches baron de Peyrusse ... de capitaine des dragons de la légion de Soubise, re... son château de Peyrusse et de haute et puissante dame Marie Dusaunier son épouse, a été baptisé le dix-sept octobre mil sept cent quatre-vingt quatre  ».

Acte d'état civil, mariage : « ... ont comparu Sr François Vicomte d'Anteroche (sic), né à Peyrusse-le-Château le dix-sept octobre mil sept-cent quatre-vingt deux, majeur, fils d'autre François, Comte d'Anteroche (sic) et de dame Marie Dusaunier propriétaire du dit lieu de Peyrusse-le-Château ci présent et consentant d'une part, & Anne Rome née à Allanche le vingt-huit octobre ... signé du Saunier, d'Anterroches, Rome et Vigouroux  ».

Comme il n'était pas possible que le Dictionnaire statistique du Cantal se soit trompé, étant donné que c'est une œuvre collective faite par les représentants des familles concernées (le Comte de la Rochelambert et Eugène De Brives sont membres de la Société cantalienne qui en fait l'édition), il y a une explication à cette apparente contradiction, c'est que le château d'Anteroche a bien été racheté à la branche aînée de la famille d'Anterroches par M. de Brives de Peyrusse en 1808, et revendu plus tard à la branche cadette de la famille d'Anterroches juste après la parution du Dictionnaire en 1856.

Louis François d'Anterroches était marié le 04 juin 1849 avec Fanny Brugerolle de Fraissinette (1823-1881), qui lui donna deux fils : Henri (1850-1924) et Louis (1851-1926) dont les descendants ont conservé le château jusqu'à nos jours.

Henry d'Anterroches, comte d'Anterroches, (François Marie Henri d'Anterroches). Fils du précédent, né le 23 août 1850, décédé en 1924, était marié avec Louise Marie Blanche Mathieu (1852-1930)

Ferdinand d'Anterroches, comte d'Anterroches, (François Marie Henry d'Anterroches). Fils du précédent, né le 29 janvier 1877, décédé le 25 novembre 1933, il était avocat mais n'exerçait pas, marié le 21 avril 1904 avec Marie Thérèse Henriette Nathalie Hennet de Bernoville (1883-1982).

Olivier d'Anterroches, propriétaire d'Anterroches. Fils du précédent, né en 1915 ou 1919, décédé le 14 décembre 1983, marié avec ... Colmet-Daâge le ..... dont 5 enfants 14 petits-enfants et 20 arrière-petits-enfants...

Bredons, le château de Beccoire, le prieuré

Le nom de Bredons vient du mot celtique « dunum », qui signifie  « site élevé, forteresse». Certains pensent que nous devrions écrire Bredom et non Bredons, de Bredomius, comme on dit aujourd'hui Condom.

Les premiers habitants se sont installés sur des collines aisément fortifiables, ce qui explique une présence humaine sur le site, dès le néolithique.

« Bredon était, avant 1789, de la Haute-Auvergne, du diocèse de l'élection et de la subdélégation de Saint-Flour. Régi par le droit coutumier, il était le siège d'une justice seigneuriale basse ressortissant à la sénéchaussée d'Auvergne, en appel de la prévôté de Saint-Flour ».

« Bredon, commune du canton et arrondissement de Murat, a 28 villages, 428 maisons et 2421 habitants. Les villages de cette commune sont distribués entre les succursales d'Albepierre et de La Veyssière nouvellement érigée. Il doit aux souvenirs de son ancienne abbaye d'avoir été choisi comme siège de la commune, préférablement a Albepierre, bourg plus populeux.

  • Albepierre (succursale)
  • Auzoles-Bas
  • Auzoles-Haut
  • La Bastide
  • La Bourgade
  • Bredon (chef lieu)
  • Chambeuil
  • Le Chambon
  • La Chassagne
  • Chauziers
  • Les Cheyrouses
  • Combrelles
  • Empalat
  • Freysse-Bas
  • Freysse-Haut
  • Les Gouttes
  • Grand-Champ
  • La Grange
  • Malméjeau
  • Malpertus
  • Le Meynial
  • Le Meynialou
  • La Moulède
  • Pignon
  • Prat-Grand
  • Rial
  • Stalapos
  • La Veyssière (succursale)

Bredons perd, le 26 mai 1836, la section de Laveissière, érigée en commune distincte. Bredons prend le nom d'Albepierre-Bredons par décret du 1er août 1955.

Le village de Bredon est bâtie sur la partie scorifiée d'un dyke basaltique des mieux caractérisés. Il est composé d'un petit groupe de maisons, construites sans élégance, presque toutes couvertes en chaume; jadis plusieurs familles habitaient des grottes dont certaines servent encore de dégagement aux petites maisons qui leur ont succédé.

Bredon était le siège d'un prieuré de l'ordre de Saint-Benoît, fondé en 1050 et dépendant de l'abbaye de Moissac, au diocèse de Cahors...

Ancien prieuré et grottes troglodytes de Bredons

La maison sous terre de Bredons

Commune de Bredons - carte de Cassini entre 1756 et 1815

Bredons et ses grottes

Vestiges du château de Beccoire

Le château royal de Beccoire

Louis IX (1214-1270), roi de France, voyant que la suzeraineté des rois d'Aragon sur la vicomté de Murat, en qualité de vicomtes de Carlat, donnait au centre même de son royaume des titres à un prince étranger, voulut remédier à cet inconvénient. Comme il possédait des droits à proximité de l'Espagne, un échange fut fait entre ces monarques.

Saint-Louis fit, par suite, construire en 1284, sur le petit mamelon qui domine l'esplanade de l'église, un fort qui fut nommé Beccoire, et le choisit pour siège de la suzeraineté royale dans cette partie de l'Auvergne. Le vicomte de Murat en rendit hommage au roi en 1285.

L'ensemble du rocher devait alors avoir l'aspect d'une forteresse imposante et dominatrice qui, ajouté au rocher fortifié de Bonnevie et aux murailles de la ville de Murat, castrum apud castrum (1285) château contre château, faisait du site un pôle militaire de première importance.

Un contrat entre le Prieur de Bredons et le Bailli des Montagnes d'Auvergne est établi, aux termes duquel est partagée la souveraineté judiciaire et financière.

Les baillis d'Andelat siégèrent quelquefois à Bredon, lorsque le bailliage était ambulant ; le bailli Guillaume de Villebœuf y tint ses assises en 1270. Il est constaté par un acte déposé aux archives de Murat, en date de 1326, que les assises royales s'y ajournèrent, alors que les haute et basse justice du prieuré avaient été saisies et mises sous la main du roi. Jean de Bénévent siégeait aussi à Bredon en 1328.

En 1357, le château de Beccoire fut pris, pillé et abattu par les Anglais.

Il fut de nouveau détruit lors des hostilités qui eurent lieu entre le vicomte Reynaud de Murat et les Armagnac, vicomtes de Carlat, en 1409. Quelques vestiges de l'enceinte de ce fort sont encore visibles aujourd'hui.

Dans le rocher que surmontait le fort de Beccoire, à une vingtaine de mètres au-dessus du sol, et dans un endroit très escarpé, se montre l'ouverture d'une caverne sur laquelle la tradition du pays rapportait, il y a cinquante ans, de nombreuses merveilles. Cette caverne est, à ce qu'il paraît, d'une grande profondeur perpendiculaire. La tradition disait qu'à l'époque des guerres des Anglais, et des hostilités avec le vicomte Reynaud, les moines y avaient jeté leurs trésors pour les soustraire au pillage des mécréants. A l'appui de cette croyance, les hommes assez entreprenants pour grimper jusqu'à l'ouverture de la grotte, prétendaient que les pierres lancées dans le gouffre produisaient en arrivant au fond un tintement argentin. On assurait même que de hardis explorateurs avaient osé y descendre à l'aide de cordages. Mais nul n'avait pu atteindre l'extrémité de l'abîme, et les trésors qu'il cachait resteraient encore ensevelis.

Le prieuré de Bredon

Le territoire de Bredons dépendait au XIème siècle des biens de la famille de Henry, noble famille Murataise, possédant de vastes domaines entre Murat et Saint-Flour.

A cette époque, il y avait sur le rocher une modeste chapelle du nom de Saint-Timothée et de la Sainte-Croix, datant du VIIIe ou IXe siècle.

En l'année 1050, d'après les actes de fondation existant encore dans les archives de Murat et déposés dans l'étude de Maitre Achalme, notaire, que le prieuré de Bredons fut érigé sous le vocable de Saint-Pierre et de Saint-Paul par Guibert de Murat, premier du nom, vicomte de Murat et Bernard d'Henry, seigneur de Bredon.

Vers 1060, Bernard de Henry, légua à son frère, Durand de Henry, moine de Cluny, abbé de Moissac et évêque de Toulouse, l'église qui existait à Bredons pour lui permettre de fonder une abbaye. Cette donation fut confirmée en 1070 par son suzerain, le vicomte de Murat. La petite chapelle de Bredons Saint-Timothée devint l'église paroissiale de Murat, et, bientôt trop exiguë pour les besoins du culte, dut être remplacée par un édifice plus grand.

La nouvelle église, de style roman, dont les travaux commencèrent en 1074 fut consacrée le 12 septembre 1095 et placée sous le vocable de Saint-Pierre et Saint-Paul. Elle fut desservie par les religieux de l'ordre de Saint-Benoît, dépendant de l'abbaye de Moissac.

La consécration eut lieu le 12 septembre 1095, par Durand de Henry, évêque de Clermont, (neuveu de Durand de Henry, évêque de Toulouse, fondateurdu prieuré décédé en 1272)  sur la délégation du pape Urbain II. Durand fut assisté de saint Hugues, abbé de Cluny ; de Raimond, évêque de Lectoure. Le vicomte Guillaume assistait à cette cérémonie. On croit que le pape Urbain II, revenant du concile de Clermont, visita l'église de Bredon.

Blason de la famille d'Henry, par la suite  de Bredons et de nos jours, blason de la commune d'Albepierre-Bredons. « D’or au cœur de gueules ; au chef d’azur chargé d’un croissant d’argent accosté de deux étoiles du même ».

Nobiliaire de la famille de Henry, seigneur de Bredons

 

La notice de la consécration de l'église de Bredons en 1095 : le plus ancien document original des Archives du Cantal

Reproduction d'un vieux dessin représentant l'ancien prieuré de Bredons

Pignon Est

Façade Sud

Portail de l'église de Bredons

Le clocher

Pignon Ouest

Architecture religieuse

Les bâtiments du prieuré étaient construits sur la petite esplanade au nord du bourg et au pied du mamelon de Beccoire. Ils dessinaient les trois côtés d'un quadrilatère, avec cour intérieure ; l'église (1) formait le quatrième côté, au Nord, regardant Murat.

Les écuries (2) occupaient la partie Sud-ouest de l'enclos prieural, reliées à l'église par un mur encore existant. Des bâtiments (3) en forme de "L" fermaient le Sud et l'Est, rattachés aux écuries par un porche (4). Les chapelles gothiques (5) avaient trouvé place au Nord malgré le gouffre, ce qui avait nécessité des travaux de fondation considérables. Un cloître (6), en bois probablement, se déployait le long des côtés Sud et Est de l'église tandis qu'un pigeonnier circulaire (7) trônait dans la cour. Un dernier bâtiment (8) enfin venait s'encastrer dans l'église même, à droite du portail.

La première pile du bas-côté Sud se trouvait dans le prolongement du mur Ouest de ce bâtiment bizarrement placé (8), légèrement en biais. Cela laisse à penser qu'il s'agit là d'un élément peut-être antérieur à l'église actuelle. En même temps, l'entrée de l'église se trouvait ainsi séparée du reste du prieuré, usage paroissial oblige. Les traces d'arrachement de cette excroissance Sud sont encore aujourd'hui très visibles à droite du portail.

L'habitation de l'abbé (9) était abritée contre les vents qui soufflaient des Monts du Cantal, par le premier bâtiment destiné aux recettes. Elle se trouvait au fond de la cour, et dominait au nord la vallée de Murat. Ses appartements étaient vastes et commodes.

L'église de Bredons, malgré la relative abondance des sources écrites, reste encore bien mystérieuse. Son plan constitue une originalité, puisqu'il s'agit chez nous de la seule église à trois nefs (1), à chevet plat (2). Elle est malgré tout "cantalienne" par d'autres aspects et notamment la sculpture. Eglise riche en tout cas, tant par son histoire, son mobilier, aujourd'hui dispersé en grande partie, que par son architecture compliquée et la résistance qu'elle oppose à l'amateur de simplifications.

L'architecture de Bredons, en effet, n'est simple qu'en apparence. Deux chapelles gothiques (3), sont en saillies sur la façades Nord. Trois nefs forment un rectangle parfait, c'est-à-dire clos à chaque extrémité par un mur droit (4). Il s'agit là en fait d'une originalité en Haute-Auvergne, où la présence de bas-côtés implique généralement un chevet à trois absides échelonnées. Le fait que le pignon Est (5) ait été visiblement repris ne nous indique pas cependant la forme d'origine du monument, et nous supposons que le plan actuel reproduit celui de l'époque de construction.

L'église a un style massif. La façade possède un portail sculpté surmonté par des meurtrières et des mâchicoulis (6) qui ont été ajoutés au XVème siècle. L’ensemble prieural ayant été fortifié durant les XIVe et XVe siècles, (guerre de Cent ans).

Elle rappelle, par son architecture, le style roman. Le portail est embelli de sculptures et d'ornements de l'époque,  au-dessus, on voit encore les ouvertures qui servaient a redresser le pont-levis et dont un mâchicoulis forme le couronnement.

De grandes réparations furent entreprises à l'église de Bredons  par le prieur Jean II des Prez de Montpezat en 1517 (prieur de 1502 à 1533). Antoine d'Auriol (prieur de 1533 à 1552), amateur éclairé à l'époque de l'influence italienne, dota en 1542, l'église d'un ensemble de stalles et boiseries de grande qualité dont on peut regretter qu'une partie seulement nous soit parvenue (les parties manquantes disparurent en 1872-1873).

Antoine d'Anglade, dernier Prieur régulier de Bredons entreprit d'importants travaux de restauration de la partie sud-ouest (9) de l'église où son blason est visible au revers de la façade occidentale.

Un prix-fait de 1643, indique la reconstruction complète du portail, à l'identique semble t'il. Le contrat stipule en effet que les claveaux encore présentable devront être replacés, et l'ensemble respecte scrupuleusement ce que nous appelons aujourd'hui le style roman. Certains claveaux anciens furent déplacés et réemployés ici et là ; ils présentent une ornementation de perles qui n'a pas été reproduite sur les neufs.

Le clocher actuel est également une reconstruction. L'original adoptait la même forme carré et s'élevait au même endroit, mais plus haut. Il fut abattu vers 1795 et rétabli en 1805 (restauré en 1847). Il comportait, en 1686, huit fenêtres, c'est à dire, classiquement, deux baies par côté. A ces travaux il faut ajouter la réfection probable des voûtes de la nef. Aujourd'hui simple lambris, mais qui furent à l'origine en pierres, comme l'indique un reste de voûte brisée sur la façade Ouest du clocher et une tendance des murs à pencher vers l'extérieur. Le chevet lui-même présente quelques anomalies qui laissent penser à une reprise.

A l'intérieur, les collatéraux sont plus classiquement voûtés en quart de cercle tandis que les trois travées de la nef sont aujourd'hui coiffées d'un simple lambris. Les doubleaux de ce fait ont disparu mais les colonnes à chapiteaux qui les supportaient subsistent. On remarque que les quarts de cercle des bas-côtés contrebutent assez bas la poussée de la nef centrale, ce qui a permis le percement de petites baies dans les murs hauts de la nef et un éclairage direct, comme à Mauriac, ce qui constitue une autre originalité. Cet éclairage cependant n'était guerre suffisant et des restaurateurs tardifs ont trouvé judicieux d'agrandir considérablement les baies du bas-côtés Sud (7). Cette transformation, esthétiquement désastreuse, nous interdit de percevoir le monument à la manière de ceux qui l'ont conçu, car la lumière n'était pas ainsi répartie : éclairage faible par les bas-côtés, compensé par les ouvertures du pignon Est (8) aujourd'hui bouchées pour cause de retable imposant. On a donc essayé de gagner d'un côté ce que l'on perdait de l'autre.

Le cœur de deux travées poursuit le plan de la nef, avec une moindre élévation. Le berceau primitif et ses doubleaux subsistent. Les cinq baies du chevet ont été obstruées.

L'aspect extérieur de l'église  ne donne pas une idée juste de l'impression qu'offre l'intérieur. L'abaissement de la nef centrale et du clocher confère un caractère trapu voire écrasé à un édifice qui, côté intérieur, paraît au contraire très aérien et élevé. La monumentalité de Bredons est véritable, mais cachée.

Après la suppression du prieuré, les pierres de taille, les bois, tuiles et autres matériaux furent enlevés successivement par les habitants de la commune, qui s'en servaient pour leurs constructions particulières. Enfin, dans le courant du mois de septembre 1795, un grand incendie ayant dévoré la majeure partie d'un quartier de la ville de Murat, nommé Fontillou, ce qui restait des constructions du prieuré, fut donné aux pauvres incendiés pour se refaire de leur sinistre et ils achevèrent ainsi la ruine du prieuré.

Il ne reste plus aujourd'hui sur l'esplanade, où existaient tant de constructions imposantes, que l'antique sanctuaire de la paroisse. Il a survécu seul au prieuré, dont on voit encore quelques ruines, et au fort de Beccoire dont l'enceinte est marquée par les mouvements du terrain.

Du côté de Murat, les murs extérieurs de l'église sont dangereusement lézardés. Cette façade a été ébranlée dans toute son étendue par la destruction du mur d'enceinte, dont il ne reste qu'une arcade, sous laquelle devait passer le chemin qui conduisait dans le prieuré. Privés de ce contrefort, les murs ont perdu leur solidité.

Eloignée du village, isolée de toute habitation, l'église de Bredons règne sur les décombres d'une antique splendeur.

Les donations au prieuré :

Bredon, par son prieuré, avait acquis un rang important dans le haut-pays d'Auvergne, à cause des fondations nombreuses et des privilèges qui lui avaient été concédés.

En 1062, Guillaume Ier, vicomte de Murat, fils de Guibert Ier, confirma les donations faites à l'abbaye de Moissac par son prédécesseur, du prieuré et de l'église existante de Saint-Timothée sous la clause que l'un et l'autre dépendraient de Cluny. Cette fondation fut faite en franc-alleu, moyennant cinq onces d’or et deux sicles d'argent, une fois payés. Il fut stipulé que les prieurs ne pourraient construire que les bâtiments nécessaires au service de Dieu et à la sûreté du monastère, mais qu'aucune forteresse ne serait élevée auprès du prieuré. L'emplacement du monastère fut choisi à l'extrémité nord du coteau, dont les pentes sont très rapides en cet endroit, et sur une esplanade peu considérable, dominée par un rocher escarpé qui séparait au sud l'édifice religieux du village.

Vers l'année 1074, Etienne de Henry, son épouse Flourence, leurs fils, Géraud et Durand, firent don de la cure de Murat au prieuré moyennant 70 sols. Depuis cette époque, la ville eut pour église paroissiale celle de l'abbaye.

L'esprit du temps portait aux fondations pieuses ; les revenus et les droits du prieuré prirent un rapide accroissement. Pierre Leroux, évêque de Clermont, par ordre et en présence du pape Pascal II, alors à Brioude, donna à l'abbaye de Moissac, l'église de Valuéjols avec ses revenus, pour être réunis au prieuré de Bredon, au détriment de l'abbé de Conques qui la postulait.

En 1131, les Bénédictins jouissant de la faveur royale a cause de leur science, Aimery, évêque de Clermont, obtint l'assentiment du roi, et maintint cet ordre dans toutes ses possessions en Auvergne. La translation à Bredon de la paroisse de Murat se trouva ainsi définitivement confirmée.

Léger et Adalargue, sa femme, donnèrent au prieuré en 1132 le village de Laval, l'église de Saint-Hilaire de Moissac-sur-Allagnon, partie de celle de Sainte-Anastasie et les droits qu'ils avaient sur celle de Valuéjols.

Giraud Gobriant, damoiseau, lui céda au XIIe siècle une partie de Loubeysargues, le mas de Ribes et son domaine de Chazelles.

Robert de Chastel, damoiseau ; Giraud de Vabres ; Pierre de Moussayes et sa mère et Paul de Sallètes, firent aussi de nombreuses concessions au prieuré de Bredon. Rigaud de Murat avait donné l'église de Virargues en son entier, ses eaux, prés et bois.

En 1240, Pierre III, vicomte de Murat, fit donation au prieuré de la moitié des hameaux et territoires de Haute-Besse, et de Las-Costas, à la charge de dire, chaque année, trois messes pour le repos de l'âme de son père. Cette donation fut faite sur l'autel des reliques de Bredon, en présence de Beraud de Murat. d'Armand de Gorse et de Guillaume de Bonafos.

En 1288, sous le prieur Guérin, Pierre de Murat donna 6 000 sols pour continuer les fortifications du monastère.

Gaillarde de Murat, fille de Guillaume et d'Eléonore de Caumont, n'ayant point d'enfants d'Odon, comptoir de Saignes, son époux, fonda deux chapelles à Bredon et les dota chacune de cinq livres de rente. Elle constitua aussi une rente annuelle de vingt septiers de blé, qui devaient être distribués par le prieuré aux pauvres du village. Elle voulut être enterrée près de la porte de l’église, et fit dresser un autel à côté de la tombe qu'elle s'était choisie.

Des différents surgirent en 1303 entre le vicomte de Murat et Bertrand de Montagnac, alors prieur. Ces deux seigneurs acceptèrent la médiation de Bertrand de Pierrefort, prieur de Champagnac ; de Gilbert de Pierrefort, chevalier, et de Pons de Ville-Vialle, prieur de Duravel. Il s'agissait d'un règlement sur les eaux que le prieur avait le droit de prendre pour l'arrosement de ses prairies et le service de divers moulins.

En 1344, Bégon Ier, vicomte de Murat, voulut renouveler les mêmes discussions. Le prieur porta plainte au roi, qui rendit, à la Saint-Gal de cette même année, une ordonnance par laquelle il était prescrit à Bégon, Dauphine et Guillaume de Murat, de tenir les transactions consenties par leur père en 1303, et de ne plus troubler les prieurs dans leurs possessions.

Liste des prieurs de Bredons

 

Durand de Bredon, premier prieur, abbé de Moissac, évêque de Toulouse (pilier dans le cloître de l'abbaye de Moissac)

 

 Le maître-autel

Retable de la Vierge

Retable du couronnement de la Vierge

Retable de l'ex-voto

Retable de Saint Timothée

Guerre de cent ans :

Vers 1350, en haute Auvergne, apparurent des bandes de pillards connus sous le nom de « Bandes Anglaises ». Beaucoup d'églises furent incendiées. par ailleurs, la région sortait à cette époque d'une longue période de misère où le simple manque d'entretien avait pu précipiter la ruine des constructions. C'est peut-être dans ces temps que disparaissent les voûtes de la nef de l'église de Bredons.

Les courses des Anglais étaient toujours fréquentes dans le pays en 1384. Les fidèles ne pouvaient, sans danger, se rendre à Bredon pour y remplir leurs devoirs paroissiaux. Emu par ces considérations, Monseigneur d'Aurouze, évêque de Saint-Flour, concéda à l'église collégiale de Murat, nouvellement construite, et à son chapitre qui venait d'être érigé, le droit de faire les offices, les processions, et de recevoir les sépultures.

Guibert de Veyrac, alors prieur, mit opposition, en cour de Rome, à ces concessions. Il allégua qu'elles étaient attentatoires à ses droits ; qu'ayant été faites sans son aveu et consentement, elles devaient être considérées comme non avenues. Mais Guillaume de Cardaillac lui ayant succédé, le différend fut arrangé par l'intermédiaire de Pons, son cousin, et d'Hugues de Chavagnac, prieur de Talizat, vicaire-général de Saint-Flour. Le chapitre s'obligea, dans cette transaction du 7 avril 1394, à payer annuellement dix florins d'or pour l'église de Saint-Martin, que le prieur lui abandonna, et pour l'église nouvelle. Les processions ordinaires et extraordinaires, les droits de sépulture des chanoines et des laïques furent réglés, ainsi que la sonnerie des cloches ; le patronage d'un canonicat fut laissé au prieur ; enfin, tout fut déterminé jusqu'aux prérogatives de ce même prieur dans les deux églises et à la fixation du nombre des chanoines, des autels, des images et des conférences. Le 30 novembre 1394, Aimery de Peyrac, abbé de Moissac, ratifia les conventions faites ; mais il modéra à huit florins la prestation due par le chapitre. Le pape Benoît XIII homologua le tout par bulle du 4 mai 1409.

Les prieurs de Bredon, presque toujours a cette époque parents des vicomtes de Murat, prirent souvent une part active aux démêlés qui les divisaient. Ainsi en 1408, Guillaume de Cardaillac, prieur, pendant les conflits qui eurent lieu entre Pons de Cardaillac, son puiné, et le vicomte Reynaud de Murat, donna longtemps un asile dans le prieuré à Pons et à ses enfants. Il leur fournit même des secours pour s'emparer du fort de Beccoire.

Reynaud, qui avait la charge de bailli des Montagnes, ne tarda pas à reprendre ce château, et le fit démolir. Pons se saisit alors du fort de La Bastide. Guillaume et les religieux de Bredon lui procuraient de l'argent et des vivres. Reynaud vint encore expulser son ennemi de la place ; les moines qui s'y trouvaient furent tellement maltraités, que depuis lors, ce château fut nommé la Tour des Moines. Reynaud, en outre, porta plainte au roi Charles VI, le priant de destituer Guillaume, et de le remplacer par Antoine, son frère, alors moine de la Chaise-Dieu.

Le pape Jean XXII ayant succédé à Alexandre V, fit droit à la supplique que le roi Charles VI avait envoyée contre le prieur de Bredon :

Par bref du 23 mai 1410, le prieur de la Chaise-Dieu fut commis pour informer sur les faits mentionnés dans l'accusation contre Guillaume. Les principaux étaient : d'avoir porté secours à Pons, son frère germain, dans un château près du prieuré, quoique celui-ci eût des alliances avec les ennemis du roi et qu'il eût été rebelle à la justice ; de ne donner aucun soin à son prieuré ; de ne prendre aucun souci des affaires de conscience de ses paroissiens, empêchés, par les malheurs du temps, de se rendre à l'église de Bredon pour y recevoir les instructions religieuses et les sacrements. On ne retrouve pas la suite de cette affaire, mais il est probable que Guillaume fut obligé de se démettre de son bénéfice en faveur de son frère Antoine.

Guillaume de Cardaillac intervint aussi au procès qu'eurent les chanoines et les choristes de Murat, au sujet de la perception des revenus. Les choristes furent supprimés, et le prieur eut deux nominations de chanoines, au lieu d'une seule qu'il avait précédemment.

Le prieur de Bredon intervint, en 1429, dans la fondation faite à Saint-Gal par Bernard d'Armagnac, fils du connétable, d'un couvent d'hommes qu'il donna aux cordeliers de l'Observance.

En 1432, une vive querelle s'éleva entre Guillaume de Saint-Hilaire, prieur, et le commandeur de Celles. On en vint à des hostilités.

Les privilèges que le prieuré avait sur la ville de Murat et sur sa paroisse furent diminués en 1449. Les habitants, qui avaient fait constamment des efforts inutiles pour être affranchis de la juridiction spirituelle des prieurs, obtinrent, cette année, des fonts baptismaux. Ils avaient été obligés, jusque-là, de porter les enfants nouveau-nés à Bredon pour y recevoir le baptême.

Par suite du traité fait le 17 janvier 1469 entre Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, pour le roi, et Jacques de Nemours d'Armagnac, vicomte de Carlat et de Murat, Louis XI délégua Draguinet de Lastic, seigneur de Valheilles et de Rochegonde, maître d'hôtel de la reine et chambellan du roi, pour recevoir le serment des nobles, ecclésiastiques, officiers, vassaux et populaire des vicomtes de Carlat et de Murat. Ce serment fut prêté à Bredon, en avril 1470. On l'avait consigné dans un cahier de parchemin, existant aux archives de Chavagnac de Dienne, et tiré de celles de Madic.

Voici l'état sommaire des ecclésiastiques des deux vicomtés qui se rendirent alors à Bredon ; nous donnons ce document comme propre à jeter quelque jour sur la statistique religieuse de cette partie du pays à l'époque dont nous parlons : Tableau

Ainsi les vicomtés de Carlat et de Murat comprenaient en 1470, 451 ecclésiastiques occupant des emploi, dont 277 pour la première vicomté et 174 pour la seconde.

En 1622, le prieur de Bredon fit à la ville de Murat la concession de tous ses droits spirituels, pour favoriser l'érection d'une paroisse. Ainsi, la ville obtint son affranchissement après sept cents ans de réclamations. Pendant ce long espace de temps, le curé de Murat avait résidé à Bredon, et les habitants étaient forcés d'y aller faire leurs pâques et remplir leurs autres devoirs religieux.

En 1697, M. de Lastic de Sieujeac acheta du roi la vicomté de Murat, et réunit en sa personne les suzerainetés spirituelle et temporelle de cette vicomté. La double prise de possession fut l'occasion de grandes fêtes, dont le détail est rapporté dans l'histoire de Murat.

Les prieurs de Bredon avaient anciennement, comme tous les seigneurs, des droits de bode et de manœuvre, qui leur avaient été constitués soit, par la générosité des seigneurs, soit par la piété des habitants voisins du prieuré. Pour donner un aperçu de ce que pouvaient être ces droits, nous tirerons d'une procédure, existante aux archives de Murat, l'extrait rapide d'une des contestations que souvent ils suscitaient, renvoyant au titre même ceux qui voudront pénétrer plus avant dans cette discussion.

Le prieur Jean de Lastic réclamait des habitants de Bragheac et de Virargues douze bodes et douze manœuvres en nature ou en espèces, savoir : les bodes à vingt sols et les manœuvres à cinq sols, conformément à la coutume d'Auvergne. Il fondait sa demande sur un contrat d'échange de 1289, fait entre Guillaume, vicomte de Murat, et Pons de Ville-Vialle, prieur, par lequel le vicomte de Murat cédait à ce dernier les bodes et manœuvres que lesdits habitants s'étaient engagés à faire pour le vicomte, a cause de son château de Murat.

Les habitants des deux villages répondaient qu'ils avaient été déchargés des droits de guet, de garde, bodes et manœuvres, par arrêt rendu le 19 avril 1636, et que du reste les vicomtes de Murat, par bail emphytéotique de 1287, en leur abandonnant les terres dépendantes de leurs villages à la charge de cens, rentes, redevances et autres droits seigneuriaux, avaient modéré à trois le nombre des bodes et des manœuvres.

Cette contestation fut portée devant la justice royale. Les habitants gagnèrent leur procès contre le prieur.

Retable « Deo Patri »

Retable du Christ refuge

 Retable du rosaire

Le déclin

La cléricalisation du personnel de Bredons en 1448, les conflits incessants avec les chanoines de la collégiale Notre-Dame de Murat, la mainmise de la royauté sur les biens ecclésiastiques en 1516, la sécularisation du prieuré en 1644 et la Révolution sont autant d’événements qui accompagneront Bredons dans son déclin, jusqu’à sa fermeture en 1793.

Une loi de L'assemblée nationale ayant ordonné la vente des biens nationaux avant le 15 septembre 1790, la municipalité de Murat mit en vente le Prieuré de Bredons. Aucun acquéreur ne se présenta. La population, fuyant les prêtres assermentés, venait suivre à Bredons les offices des réfractaires. En 1791, la municipalité de Murat fermait l'église de Bredons. Des émeutes assez violentes s'en suivirent.

Déjà mal entretenu et pillé depuis plusieurs années, le prieuré tombait en ruines ; le conseil municipal de Murat décida alors, en 1795, d’autoriser les habitants du quartier de « Fontillou» à Murat, victimes d’un important incendie, à venir se procurer des pierres des bâtiments du Prieuré pour reconstruire leurs maisons…

En 1795 le quartier du « Fontillou» à Murat ayant brûlé, autorisa les sinistrés à prendre des pierres des bâtiments du Prieuré pour reconstruire leurs maisons. A la même époque le clocher fut démoli et reconstruit dans son état actuel.

Renaissance

A partir du début du XIXe siècle, avec le renouveau du culte, est restauré le site, dont il ne reste plus que l’église : en 1801, une partie du clocher est réhabilitée et la voûte en pierre de la nef est remplacée par un plafond en bois, 2 m plus bas.

Par ordonnance royale du 22 mai 1822, l'église de Bredon a été érigée en succursale.

En 1840 l'église de Bredons fut classée Monument Historique et on répara les désordres qu'avait provoqué dans les maçonneries la démolition des bâtiments du Prieuré.

Pendant le XXème des travaux importants furent engagés. En 1920, la foudre frappa la pile engagée Sud-ouest, au revers de la façade Ouest. La partie basse fut éclatée et entièrement remplacée. En 1921,1937 et 1960 on remplaça des couvertures.

En 1989, les M.H. avaient envisagé des travaux sur les couvertures de l'église de Bredons pour un montant d'environ 2 millions de Francs. Bien que l'église fut classée Monument historique, et qu'elle bénéficiait de 75% de subventions, la dépense restait élevée pour la commune d'Albepierre-Bredons propriétaire de l'édifice.

En 1990, la pression exercée par les M.H. pour faire les travaux à Bredons devenait plus forte si bien que la charge globale d'entretien des édifices cultuels s'annonçait lourde pour la commune. Afin de trouver un financement pour l'entretien de l'église, et de son mobilier, la commune demanda l'autorisation du curé de Murat, affectataire de l'église de Bredons, de percevoir un droit d'entrer pour la visite de l'église, en période de vacances scolaires,

Le 22 août 1991 la foudre tomba sur le toit de l'église provoquant de nombreux dégâts.

54 objets  de valeur (tableaux, statues, bas-reliefs...) ont été volés à Bredons  dans la nuit du 30 juin au 1 juillet 2002.

Statue reliquaire Majesté de Saint Pierre

 

La vicomté de Murat

Murat, le chef-lieu de la commune, est l'une des villes du département dont l'existence est constatée le plus anciennement. Son origine se perd dans la nuit des temps, et, si l'on en croit quelques écrivains de l'Académie celtique, les racines de son nom dérivent de cette langue et auraient signifié dans le vieux temps roc escarpé. Nous donnons cette étymologie pour ce qu'elle vaut.

An 270. On trouve son nom cité pour la première fois dans l'histoire, à l'endroit des prédications de saint Mamet, qui fut envoyé par saint Austremoine, vers 270 de notre ère, pour y porter les lumières de l'Evangile. Cette ville occupait donc alors un rang important dans les montagnes.

1008. Ses souvenirs historiques se perdent ensuite jusqu'à l'année 1008, où nous commençons à les suivre par une tradition non interrompue. Nous trouvons alors sa vicomté déjà puissante, ce qui dénote une existence antérieure de près de deux siècles. Son château existait aussi depuis longtemps. La ville était une place fortifiée; et, dans le traité passé en 1283 entre Pierre IV, vicomte de Murat, cette ville est désignée ainsi : Castrum apud castrum de Murato, forteresse appuyée au château de Murat. Nous reviendrons sur ce traité à l'article de ce vicomte. Un hôpital y avait été fondé avant le XII° siècle. Il est constaté qu'au XIV° siècle, l'église de Saint-Martin, non loin de laquelle a été bâtie celle de Notre-Dame, était d'une architecture remontant au VIII° ou IX° siècle. Tout concorde pour prouver l'existence antique de cette ville.