L'église de Laveissière

 

 

 

 

 

 

 

 

                   L'église de Laveissière

 

 

Des saints et des lieux miraculeux :

Les Cantaliens vouaient une très grande vénération aux saints, leur enracinement chrétien était très présent et le respect des traditions religieuses était enseigné par la famille. Qu’il faille invoquer la météo pour protéger sa maison ou ses terres, qu’il faille guérir ses proches ou ses bêtes, les prières, les invocations, les pèlerinages étaient de rigueur, même si c’était du paganisme !

L’image des saints se retrouvait tout aussi bien dans les églises, qu’au bord des routes ou dans les maisons. Les plus populaires de notre département étaient Saint Roch, Saint-Mary et Saint-Géraud...

Comme on peut le constater, beaucoup de superstitions entouraient la foi des Cantaliens qui se réunissaient, tous les dimanches, à la messe. Les sanctuaires (fontaines, cloches, croix, statues, ..) étaient très fréquentés dans le département. Le Cantalien trouvait là le moyen de satisfaire ses croyances ancestrales. Il croyait en général à l’existence de certains génies qui habitaient le bord des fontaines. Pour guérir des maladies de la peau, il fallait se rendre à la fontaine d’Allanche, pour les yeux c'était Sainte Reine, Pour les nourrices ne pouvant plus allaiter, il fallait aller à la source de Sainte Font de Montsalvy...

Parmi les pratiques, tant magiques que religieuses, il en est, encore aujourd’hui, qui attirent la foule, lors de fêtes ou de pèlerinages. La dévotion à la Vierge est la plus intense. Plusieurs saints sont vénérés dans les villages : Saint Laurent pour les douleurs dentaires, Saint Jean-Baptiste pour les nouveau-nés...

 

Eglise de Laveissière
Eglise de Laveissière (façade Sud)
Eglise de Laveissière (façade Nord)
Eglise de Laveissière (façade Est)
Eglise de Laveissière (façade Ouest)

Histoire de l'église de Laveissière d'après la "Revue de la Haute Auvergne" :

Section de la commune de Bredons, Laveissière en a été démembrée en 1836 pour être érigée en commune. De son église le maire de Bredons disait en 1819 qu'elle était « belle ». A quand remontait t'elle ? Quoi qu'il en soit, en 1836, son clocher menaçait ruine.

Monsieur Jean COUDERC, prremier maire de la commune, signale le 30 juillet 1836 que la fabrique (organisme chargé d'administrer les biens de chaque église) a fait établir un devis pour la reconstruire mais qu'elle ne possède que la moitié des fonds nécessaires et demande donc de l'aide de la commune. « Vous savez, ajoute t-il, qu'en effet le clocher ancien ne vaut rien absolument, qu'il menace d'entraîner dans sa ruine, outre les malheurs qui peuvent en résulter, une partie considérable de l'église. Il est donc urgent de l'abattre et de construire à neuf ». Le devis des réparations s'élevant à 3 000 F, le conseil vote 300 F et supplie le préfet de leur accorder un secours « proportionné » à leurs besoins.

Le 11 août 1836 le sous-préfet adresse au préfet les plans et devis dressés par l'agent-voyer de Murat ainsi que la délibération de la municipalité et de la fabrique montrant qu'ils ne peuvent contribuer que pour 1 800 F.

La réponse du préfet est rapide « outre, écrit-il le 20 août 1836, que la commune ne pourra obtenir un secours de 1 200 F. les ressources indiquées ne sont pas réelles ».

On ignore ce qui c'est passé ensuite, abandon du projet, rafistolage ou attente encore pendant une vingtaine d'années.

Tout repart en 1859. Le sous-préfet communique au préfet une délibération de la municipalité « qui vote la reconstruction de l'église et affecte à cette dépense une coupe de bois et des excédents de sa caisse ».

Monsieur RAVENET de Murat est choisi comme architecte et donne, le 1er août 1859, un devis estimatif pour la reconstruction de l'église et du clocher. « Cette église d'un style ogival fera 24,30m de long. 6,80m de large et 9m d'élévation du sol à l'intrados de la voute : la nef, le chœur, les deux chapelles et la tribune placée au dessus du porche comprendront une surface de 215m2 (...) largement suffisant pour (...) 996 habitants.

Porche de l'église de Laveissière
Porte de l'église de Laveissière
Entrée de l'église de Laveissière
La nef de l'église de Laveissière
Nef de l'église de Laveissière

La pierre de taille proviendra de la carrière de Lajauve situé à l'entrée du bois du Lioran en face de Fraisse-Haut, les bois de charpente, essence de sapin, proviendront des forêts du Lioran, le sable de l'Alagnon... la couverture en ardoise de la Vitarelle (Aveyron) ».

Choeur de l'église de Laveissière
La nef de l'église de Laveissière
Voute de l'église de Laveissière
Voute et charpente de l'église de Laveissière

« Tout en approuvant les plans, Monsieur Antoine BESSON, maire de Laveissière et le conseil municipal, nous ont chargé de réduire le coût de l'entreprise à 30 000 F, en ajournant pour le moment la construction d'une chapelle latérale et les travaux les moins indispensables » et l'entrepreneur prendra en compte les anciens matériaux estimés à 2 400 F.

Le 5 novembre le ministère demande « un projet plus sérieusement étudié » : la sacristie est insuffisante, la charpente de la flèche et du beffroi ne sont point étudiées, celle de la nef est défectueuse, « combinée de manière à pousser les murs au vide », il faudrait la munir « d'entrais prenant le pied des arbalétriers ». Enfin la différence entre le prix total et celui des ressources locales est trop « considérable pour être comblée par une allocation sur les fonds de l'Etat ».

On continue la négociation et les préparatifs. En mai 1863 est acheté à François LOMBARD une maison couverte en chaume ainsi que son enclos « pour le nouvel emplacement de l'église ».

Dans la séance extraordinaire du 10 mars 1864, le maire fait connaitre « le devis supplémentaire des travaux à exécuter pour la construction de l'église » et fait le point.

Le projet initial modifié, porté à 30 000 F « fut approuvé et son excellence le ministre (...) accorda à la commune un secours de 5 000 F (...) ; les travaux furent aussitôt mis en adjudication et les fondations sont déjà élevées au dessus du sol (...) ; la commune a depuis quelques temps réalisé des sommes assez importantes dont le chiffre dépasse 27 000 F (...) ; le conseil municipal approuve le devis supplémentaire de 5171 F (...) et vote pour faire face à cette dépense la vente d'une coupe extraordinaire de 300 sapins, dans la forêt communale du Lioran, dont le produit sera suffisant pour compléter le paiement des dépenses totales de la construction ». Pour « en faciliter les abords » on achète à Marguerite COMBES, le 17 juillet, un petit jardin attenant à l'enclos acquis de François LOMBARD.

Les vitraux de l'église de Laveissière :

En novembre 1865, la décision est prise d'installer des vitraux dans le chœur. Il avait été prévu que « les croisées (...) seraient en vitre ordinaire » mais que la commune pourrait éventuellement « à ses frais (...) faire établir (...) en verre de couleur les trois croisées du chœur et même celles de l'église et des chapelles » en les déduisant du devis ;

Autel principal dans le choeur de l'église de Laveissière
baptistère représentant le baptême du Christ à l'entrée de l'église de Laveissière
Autel dédié à Saint Louis dans la chapelle gauche de l'église de Laveissière
Autel dédié à la Vierge Marie dans la chapelle droite de l'église de Laveissière
Saint Louis (vitraux église Laveissière)
Saint François de Salles (vitraux église Laveissière)
Saint Joseph (vitraux église de Laveissière)
Immaculée conception (vitraux église de Laveissière)
Saint Blaize (vitraux église Laveissière)
Saint Joachim (vitraux église Laveissière)
Saint Pierre (vitraux église Laveissière)
Saint Paul (vitraux église de Laveissière)

« en conséquence M. le maire propose au conseil de mettre des vitraux qu'on pourrait restreindre à ceux du chœur et des chapelles au nombre de cinq, laissant subsister les verres ordinaires pour les autres six croisées afin de conserver à l'église sa clarté voulue ». La vente de 300 pieds d'arbres s'étant élevée à 6 000 F au dessus des prévisions et rien n'empêchant de prendre cette décision, le conseil vote l'achat de cinq vitraux en priant le maire de « veiller à ce que la croisée du milieu du chœur représente en personnage le bon roi Saint Louis, patron de la paroisse ».

La réception des travaux, église et clocher, accompagné du décompte définitif, à lieu le 24 février 1868.

Le 4 mars, Monsieur Sébastien MEYNIEL, maire de Laveissière, présente encore un devis supplémentaire pour parfaire la construction et faire autour de la place un mur de soutènement pour retenir les terrains rapportés. La dépense s'élève à 910,55 F et sera prise sur les fonds libres de la commune.

Restait à compléter la série des vitraux. Le 18 avril 1889 le maire expose au conseil que « les six croisées de la nef de l'église sont dans un état de décrépitude extrême ». Le devis s'élève à 2 000 F. Comme la commune a voté et dépensé 1 200 F en 1888 « pour réparations urgentes et extérieures de l'église » et que ni elle, ni la fabrique ne peuvent faire face à cette dépense, on sollicitera un secours.

Cependant le 9 février 1889, Monsieur le maire Hugues CHASSANG soumet

au conseil un « traité  passé le 26 octobre 1889  entre la commune et la maison Veuve Lucien CHATAIN, peintre-verrier, domicilier à Clermont, 3 rue Forosan (sic) », par lequel elle doit fournir « six vitraux avec personnage de grandeur naturelle, entouré d'une riche grisaille et d'une belle bordure, moyennant la somme de 1 150 F, la pose et le transport à ses frais ». La dépense sera payée avec le secours accordé par l'Etat et le complément par la fabrique.

Le 13 mars 1890, Félix SERRE, architecte à Murat, dresse le décompte définitif pour la fourniture de ces vitraux, ainsi que le procès-verbal de réception.

L'église de Laveissière est un exemple représentatif et homogène du style néo-gothique cher au XIXe siècle et doit beaucoup, nous l'avons vu, à son patrimoine forestier.

 

Inventaire des Biens dépendants de la Fabrique de la paroisse de Laveissière, dressé en exécution de l'article 3 de la loi du 09 décembre 1905.

Inventaire dressé par Joachim GLANDIERES, receveur des domaines à Murat, en présence de Jean CHOPY, desservant (prêtre assurant le culte) de la paroisse de Laveissière et Jacques MEYNIEL, propriètaire à Combrelles, président du bureau des Marguilliers.

Une protestation de Jean CHOPY, curé de Laveissière et de l'ensemble des paroissiens, concernant les biens " ne provenant pas de l'Etat mais de la générosité des fidèles. Ils représentent leur foi et leur piété. A tous ces objets est attaché le souvenir d'une grande circonstance de la vie, ou de quelqu'un de ceux que nous avons aimés. Ils sont sacrés entre tous "...

 Histoire brève des Fabriques, Fabriciens et Marguilliers

Le Maitre Autel de l'église de Laveissière

L'épreuve d'Abraham : le sacrifice de son fils Isaac

Le Maitre Autel de l'église de Laveissière représente trois scènes inspirées de la génése :

  1. l'épreuve d'Abraham
  2. la célébration de l'eucharistie
  3. le sacrifice de l'agneau Pascal

Livre de la Genèse, chapitre 22.1.18

 
Autel de l'église de Laveissière
L'épreuve d'Abraham : le sacrifice de son fils Isaac
Célébration de l'eucharistie
Sacrifice de l'Ageau Pascal

 

 

Le grand autel

 

Le retable de la chapelle gauche est consacré au saint patron de l'église, Saint Louis.

Identique à l'inventaire du 09 décembre 1905.

La statue de Saint Louis

Le roi est représenté couronné, debout, vétu en chevalier, tenant dans sa main droite l'épée de justice et dans la gauche un coussin sur lequel est posé une représentation de la Sainte Couronne d'épines du Christ.

L'épée de justice. Symbole de puissance, le glaive rappelle que la justice n’est rien sans la force qui permet de la faire appliquer.

L'histoire de Saint Louis

Louis IX, est né le 25 avril 1214 à Poissy et mort le 25 août 1270 à Tunis.

Communément appelé Saint Louis, est un roi de France capétien du XIIIe siècle, qui régna pendant plus de 43 ans de 1226 jusqu'à sa mort. Considéré comme un saint de son vivant, il est canonisé par l'Église catholique en 1297.

Très pieux, il fait d'autre part construire plusieurs églises, abbayes et hospices, vient en aide aux plus faibles, travaille à la conversion des princes mongols, soutient la fondation du collège de Sorbonne et se procure des reliques de la Passion pour lesquelles il fait construire la Sainte-Chapelle en 1242.

Conformément à son vœu prononcé à la suite d'une grave maladie, puis confirmé à la suite d'une guérison considérée comme miraculeuse, Saint Louis part se battre avec ses frères, tout d'abord en Égypte lors de la septième croisade.

À son retour, alors qu'il est persuadé que son échec est dû à l'état d'immoralité du royaume, il travaille à renforcer son autorité et à rétablir la moralité chrétienne. Il décide ainsi de punir le blasphème, les jeux d'argent, les prêts à intérêts et la prostitution ; il tente également de convertir de gré ou de force les juifs de France. À cette fin, il finit par leur imposer diverses mesures, dont le brûlement du Talmud et, vers la fin de son règne, le port de la rouelle, tout en les protégeant lorsqu'ils sont injustement attaqués.

Enfin, en 1270, il repart en Tunisie pour la huitième croisade, au cours de laquelle il meurt, probablement de la dysenterie.

Il est canonisé le 11 août 1297 sous le nom de saint Louis de France par le pape Boniface VIII. Sa fête liturgique est fixée au jour anniversaire de sa mort, c'est-à-dire le 25 août.

La statue de Saint Roch

Roch est toujours figuré comme un homme dans la force de l’âge, d’une stature élevée, portant le plus souvent la barbe, signe distinctif du voyageur. il est simplement représenté dans le costume traditionnel du pèlerin.

De sa main, il montre le bubon de la peste sur sa jambe gauche. Sa statuaire s’inspire essentiellement de cet épisode de sa vie qui était aussi celui qui intéressait le plus les fidèles.

Ses accessoires traditionnels : le bourdon, ou bâton de pèlerin, la gourde et la panetière.

Quant au chien de saint Roch, bientôt aussi populaire que le cochon de saint Antoine, il n’apparaît dans l’iconographie qu’à l’extrême fin du XVème siècle. Par suite d’une contamination avec l’histoire de saint Lazare, patron des « ladres » ou lépreux, il lèche parfois les plaies du pestiféré. Mais le plus souvent, il est accroupi à ses côtés et tient dans ses crocs le pain qu’il dérobait à la table de Gottardo pour nourrir son maître malade réfugié dans les bois.

L'histoire de Saint Roch

Saint Roch naquit à Montpellier en 1280. Il perdit de bonne heure ses parents, qui lui laissèrent en mourant une brillante fortune. Roch, après avoir distribué tous ses biens, prit la résolution de se consacrer au service des pestiférés.

Il parcourut une partie de l'Italie, pour secourir courageusement les malades de la peste. Mais de retour en France, il fut arrêté comme vagabond et jeté en prison, cinq ans après, il y mourut, alors agé de quarante sept ans.

Le pouvoir de saint Roch contre la peste tient au fait qu’il fut lui-même atteint de cette maladie et qu’il en guérit.

Alors que de nombreux miracles s'opéraient sur son tombeau, pendant le concile général de Constance, la peste désolait la ville ou les pères étaient assemblés.  La pensée leur vint de recourir à l'intercession de Saint Roch ; on fit alors une procession ou fut portée la statue du Saint, et la peste cessa.

On trouve beaucoup de statues de Saint Roch en Auvergne. On le fête le 16 août.

La statue de Saint Jean Baptiste

Saint Jean porte une tunique courte en poils de chameau, il tient une croix en bois de rosseau.

Le Saint est accompagné d'un agneau, en rappel d'une parole de Jean-Baptiste : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ». L'agneau est aussi symbole du sacrifice à venir du Christ.

L'histoire de Saint Jean le Baptiste

Jean-Baptiste et Jésus sont cousins et nés à quelques mois d’intervalle.

Jean le Baptiste est le prophète qui a annoncé la venue de Jésus de Nazareth.

Il a mené une vie d'ascèse dans le désert, en compagnie d'esséniens, pendant de nombreuses années, avant d'annoncer sur les bords du Jourdain la venue de Jésus, puis de le baptiser, et après l'avoir désigné comme l'Agneau de Dieu, de lui "passer le relais", avec ses propres disciples.

L'audience de ce prophète apocalyptique n'a cessé de croître au point de susciter la réaction d'Hérode Antipas qui, le voyant rassembler ses partisans, craignait qu'il ne suscite une révolution.

Il est mort décapité, sur demande d'Hérodiade, femme du gouverneur Hérode Antipas, lequel jugera également Jésus quelques temps plus tard.

L'autel consacré à Saint Louis

Statue de Saint Louis

Statue de Saint Roch

Statue de Saint Jean Baptiste

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