L' Alagnon

L'Alagnon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les rivières sont nombreuses dans notre belle région. En effet, en Auvergne, l’eau ruisselle plus qu’elle n’est stockée.

L’Auvergne possède donc un réseau hydrographique dense et ramifié, dont le linéaire cumulé approche les 23 000 km pour les cours d’eau permanents, et les 38 000 km si on y additionne les écoulements temporaires de moins d’1 km de long.

bassin versant de l'alagnon
département traversés par l'alagnon
géographie de l'alagnon

Alagnon ou Allagnon

On écrit « Alagnon » dans la partie amont (département du Cantal) et « Allagnon » dans la partie aval, notamment dans la dernière partie du cours d'eau.

Le bassin-versant de l’Alagnon, de part sa situation stratégique en tête de bassin de l’Allier et de la Loire, constitue un réservoir hydrologique et biologique de première importance.

Le bassin-versant de l’Alagnon correspond au territoire, délimité par les lignes de crêtes, dans lequel les eaux tombées alimentent l’Alagnon. Il est lui-même une composante du bassin-versant de l’Allier et de celui de la Loire.

Situé au cœur de l’Auvergne, le bassin versant de l’Alagnon s’étale sur trois départements : le Cantal pour sa majeure partie (71%), la Haute-Loire (16%) et le Puy-de-Dôme (13%).

Premier grand affluent rive gauche de l’Allier, l’Alagnon prend sa source à 1 686 m d’altitude au Puy de Bataillouse dans le Massif du Lioran, commune de Laveissière, dans le Cantal.

Après un parcours d’environ 86 km orienté sud-ouest/nord-est, l'Allagnon rejoint l’Allier au lieu dit du Saut du Loup (commune d’Auzat-la-Combelle), à 386 m d’altitude, peu après que la rivière rentre dans le département du Puy-de-Dôme.

Les principales villes du territoire que sont Murat (15), Allanche (15), Massiac (15) et Lempdes-sur-Allagnon (43) se sont développées à proximité directe de l’Alagnon ou de l’Allanche, son affluent principal.

L’Alagnon présente une pente longitudinale moyenne de 1,5 % (1,5 m/100 m) caractéristique des cours d’eau de montagne avec toutefois une certaine irrégularité. Le relief du bassin de l’Alagnon est particulièrement contrasté avec plus de 1 400 m de dénivelé.

L’histoire géologique de la vallée se traduit par différents types de profils transversaux, variables en fonction de la pente de leurs versants et de la largeur de leur fond de vallée. Suivant la dureté de la roche et la pente des versants, 6 différents types de vallées ont été mis en évidence le long de l’Alagnon  :

  • Le cirque glaciaire : ce type de vallée, uniquement présent au niveau de Font-d’Alagnon, se définit par des versants très abrupts se prolongeant avec une pente beaucoup plus douce pour former un bassin où autrefois la neige s’accumulait et se transformait en glace.

  • Les gorges : les zones de gorges se caractérisent par des versants très abrupts et un fond de vallée très étroit. On les trouve au niveau des affleurements de basaltes vers le Lioran, de certaines migmatites comme vers Chambezon, ou encore lorsque la chape volcanique sous-jacente des roches métamorphiques est proche.

  • Les vallées en « V » : contrairement aux types précédents, les versants de ces vallées sont moins pentus. Le fond de vallée a une largeur variable mais néanmoins toujours inférieure à 50 m.

 
Gorges de l'Alagnon entre le Lioran et Fraisse-Haut
L'Alagnon aux environs de Murat
Confluence de l'Alagnon et de l'Allier au Saut du Loup
  • Les vallées en « U » : ce type de vallée est fréquent tout au long de l’Alagnon. Il se distingue du précédent par un élargissement du fond de vallée allant jusqu’à 200 m de largeur. Ces élargissements sont liés à l’affleurement de roches plus tendres ou à la présence d’affluents.

  • Les bassins : les versants deviennent beaucoup moins pentus et le fond de vallée très large accueille des dépôts sédimentaires. Trois bassins peuvent être distingués : Murat, Neussargues et Massiac.

  • La plaine : elle correspond à un gigantesque bassin dont le fond de la vallée et sa couverture alluviale atteignent plusieurs centaines de mètres de largeur. L’unique plaine présente sur l’Alagnon, de Lempdes jusqu’à Charbonnier-les-Mines, présente également des terrasses alluviales.

 

Géologie du bassin de l'Alagnon

 

 

Géographie du bassin de l'Alagnon

La haute vallée glacière sur massif volcanique : la vallée rectiligne extrêmement pentue est caractéristique des rivières torrentielles. A partir de Fraisse-Haut, la vallée adopte un profil en auge avec des flancs abrupts et un fond plat.

L’Alagnon évolue alors dans une plaine d’environ 800 m de large où il peut divaguer librement. Cette vallée était anciennement occupée par un glacier qui a façonné cette forme si caractéristique.

La haute vallée glacière constitue une zone de dépôts de matériaux très grossiers. Une faille multiple vers le Pont-du-Vernet marque la fin de cette unité.

L’Alagnon aura parcours 30 km de la source jusqu’à la confluence avec l’Allanche.

La moyenne vallée sur socle métamorphique (46,6 km) : à son extrémité aval, le glacier laissait place à la rivière qui a alors entaillé la roche, configurant à la moyenne vallée un profil en « V » dans sa partie amont. Au fil de son cours, l’Alagnon occupe un fond de vallée encaissé et ponctué d’élargissements d’ampleur inégale en fonction de la résistance des roches à l’érosion (profil en « U » voire en bassin). Au niveau de Massiac, il atteint près de 500 m de large.

La pente faible permet à l’Alagnon de diversifier son style fluvial en adoptant un style plus ou moins sinueux. La moyenne vallée établie le transfert des sédiments vers la basse vallée alluviale. Une grande faille au niveau de Lempdes-sur-Allagnon met fin à cette unité.

La basse vallée alluviale dans la plaine sédimentaire de la petite Limagne (Limagne de Brioude) : à partir de Lempdes-sur-Allagnon, la vallée s’élargit considérablement en entrant dans la Limagne de Brioude où elle atteint plus de 1 km de large. Les terrains sédimentaires meubles de la partie aval permettent à l’Alagnon d’exprimer une dynamique fluviale active à travers un style très sinueux proche du méandrage vrai. Certains chenaux secondaires actifs constituent des traces du style en tresse que la rivière avait par le passé.

Les principaux affluents de l'Alagnon :

Avec ses 1 091 km de cours d’eau dont 768 km permanents (70%), le réseau hydrographique relativement dense draine au total un bassin de 1 040 km² de superficie. L’Alagnon possède ainsi de nombreux affluents dont les principaux sont :

En rive gauche, prenant leur source sur le plateau du Cézallier de l’amont vers l’aval :

  • L’Allanche confluant au Pont du Vernet (Commune de Joursac, 15).
  • La Sianne confluant au Basbory de Blesle (Commune de Blesle, 43).
  • La Voireuze confluant au Basbory de Blesle (Commune de Blesle, 43).
  • La Bave confluant à Brugeilles (Commune de Torsiac, 43).

En rive droite, prenant leur source sur les Monts du Cantal de l’amont vers l’aval :

  • Le Benet confluant à Murat (Commune de Murat, 15).
  • Le Lagnon confluant à Laborie (Commune de la Chapelle d’Alagnon, 15).

En rive droite, prenant leur source sur le massif de la Margeride de l’amont vers l’aval :

  • L’Arcueil confluant à Massiac (Commune de Massiac, 15).
  • L’Alagnonnette confluant à Massiac (Commune de Massiac, 15).

 

Les caractéristiques des crues de l’Alagnon

Les crues sont des phénomènes naturels faisant intervenir plusieurs facteurs :

  • L'intensité et la répartition des pluies sur le bassin versant.
  • La pente du bassin et sa couverture végétale qui accélèrent ou ralentissent les écoulements.
  • L'absorption de l'eau par le sol et son infiltration dans le sous-sol alimentant les nappes souterraines.

Sur le plan hydraulique, son rôle est primordial car en permettant le débordement et le stockage de l'eau au niveau du lit majeur, c'est toute la régulation hydraulique du cours d'eau qui est assurée.

Les phénomènes météorologiques pouvant engendrer des crues exceptionnelles sont de deux ordres :

  • Les orages d’été d’une violence extrême : les intensités pluvieuses sont alors extrêmement importantes mais réduites dans le temps et dans l’espace. Les périodes d’occurrence de tels événements sont alors généralement entre mai et septembre. Des crues exceptionnelles peuvent alors être générées sur les sous bassins de petite taille.

  • Les événements pluvio-nival de type océanique : les pluies longues et importantes engendrent éventuellement la fonte du manteau neigeux. Ces événements se produisent généralement entre novembre et mai et génère des crues exceptionnelles sur les bassins de grande taille.

Dans les deux cas, les crues de l’Alagnon sont qualifiées de torrentielles caractérisées par des montrées d’eau et des décrues rapides

Les crues historiques :

Une vingtaine de crues a pu être retracée depuis 1710.

Antérieurement, aucun élément n’est disponible.

L’Alagnon a été touchée par des crues très importantes au XIXème siècle (septembre 1866 et octobre 1868). Si peu de données concernant la crue de 1866 sur l’Alagnon existent, elle a été par ailleurs retenu comme la crue de référence sur le bassin de l’Allier (T=150 ans).

Au Xxème siècle, les crues connues (depuis l’implantation des stations hydrométriques) les plus importantes sont survenues en janvier 1982, novembre 1994 et décembre 2003

Réseau hydrologique du bassin de l'alagnon

 

Climatologie du bassin versant de l'Alagnon

 

Risques d'inondation du bassin versant de l'Alalagnon

 

Popualation sur le bassin de l'Alagnon

Aquifères et entités hydrologiques

Eaux souterraines :

Le territoire de l'Alagnon est majoritairement concerné par des aquifères volcaniques et métamorphiques très perméables mais dont la ressource est limitée. Compte tenu de leur importance (95% du bassin versant), cette ressource en eau souterraine n’est pour autant pas à négliger. Elle est en effet à l’origine de nombreux captages d’eau potable plus ou moins importants.

Excepté l’aquifère sédimentaire du Tertiaire qui est majoritairement captif (3,5 % du territoire), les autres aquifères dit « libres » sont directement alimentés par les eaux d’infiltration, les rendant ainsi plus vulnérables à la pollution superficielle. Cette vulnérabilité reste tributaire de la perméabilité du réservoir, de la profondeur de la nappe, de la couverture géologique, de la pente et de l’intensité pluviométrique. Elle nécessiterait d’être plus finement caractérisée. La vulnérabilité hydrologique de chaque masse d’eau est variable. Compte tenu de leur caractère superficiel et de leur faible pouvoir de rétention d’eau, les aquifères volcaniques et de socle sont très sensibles au déficit en eau en période de sécheresse.

Les nappes d’eau plus ou moins profondes (aquifères multicouches) interviennent dans l’alimentation des cours d’eau par le biais de sources à condition que le niveau piézométrique entraînant le tarissement des sources ne soit pas atteint. Leur importance dans le soutien des étiages reste à préciser.

Qualité de l'eau :

Depuis 20 ans, les élus locaux s’intéressent activement à la préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques (cours d’eau, lacs, ripisylves, zones humides, etc) sur ce territoire.

Des mesures de qualité des eaux sont effectuées sur 13 points réparties sur l’Alagnon et ses affluents. 32 paramètres physico-chimique, d’observation et biologiques sont relevés.

Les eaux de l’Alagnon subissent à l’amont du bassin une désoxygénation qui avec le temps devient de plus en plus inquiétante.

Des excès de matières organiques sont régulièrement observés au niveau de la station de Joursac et étaient responsables du non-classement des eaux en très bon état au droit de Massiac et Grenier-Montgon jusqu’en 2004. Depuis, un regain de qualité via une autoépuration des eaux est observé entre Massiac et Beaulieu où une désoxygénation très légère des eaux s’effectue à nouveau.

Les eaux de l’Alagnon sont atteintes d’une pollution chronique en matières phosphorées empêchant leur non-classement en très bon état vis-à-vis de ces paramètres.

Même si depuis 2004 les concentrations mesurées ne sont plus un facteur limitant au bon fonctionnement du milieu, elles ne semblent pourtant pas s’amenuiser au fil des années. La présence en ammonium dans les eaux est parfois décelée en aval de Murat. Les concentrations en nitrates sont excellentes sur l’ensemble du cours de l’Alagnon. A noter toutefois une légère recrudescence en période hivernale, période d’épandage des effluents d’élevage.

Milieux aquatiques : 

L’état hydro-morphologique des cours d’eau

L’état écologique des cours d’eau s’appréhende selon plusieurs approches. Outre la qualité physico-chimique et biologique des eaux, la qualité du milieu physique, aussi appelée qualité hydro-morphologique, constitue la troisième composante essentielle à la description de cet état.

Le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques est largement dépendant de l’habitat physique du cours d’eau, c’est à dire de la capacité du milieu à répondre aux exigences écologiques du peuplement qui l’occupe dans des conditions naturelles.

Seuls les compartiments « lit », « berges » et « ripisylve » sont analysés :

Le lit et les berges :

Le lit désigne tout l'espace occupé, en permanence ou temporairement, par un cours d'eau. On distingue le lit majeur du lit mineur, ce dernier étant la zone limitée par les berges. Le lit majeur est l'espace occupé par le cours d'eau lors de ses plus grandes crues.

Les berges, constituées d’une partie végétale (ripisylve) et d’une partie minérale, maintient le cours d’eau dans son lit mineur. Leur état est ainsi étroitement lié à celui de la végétation qui les soutient mais aussi de la nature du sol qui les compose. Véritable écotone, les berges naturelles abritent des espèces des milieux aquatiques, des milieux adjacents et des espèces rivulaires

La végétation rivulaire :

La ripisylve est la végétation arborescente et arbustive des berges. Elle joue un rôle prépondérant dans la définition des caractéristiques morphologiques des cours d’eau en assurant plusieurs fonctions :

  • Stabilisation des berges : La végétation naturelle d’une ripisylve se compose d’une grande diversité de végétaux. Seule l’association de leur système racinaire favorise le maintien des berges et limite l’érosion par le cours d’eau mais aussi par le ruissellement

  • Habitat et corridor écologique : La ripisylve est un corridor biologique particulier aux fonctions d'abri pour les espèces terrestres comme aquatiques. Elle est également une source de nourriture pour un grand nombre d'animaux (insectes, reptiles, oiseaux, mammifères, poissons, crustacés, ...) qui la colonisent ou en dépendent. Certaines espèces y sont partiellement inféodées (loutre, martin pêcheur, ...), d'autres s'y réfugient. Outre la valeur intrinsèque des populations végétales qui la compose, la faune qu’elle abrite présente souvent un grand intérêt pour le fonctionnement de l’écosystème et pour la biodiversité.

Sites et espaces remarquables

 

 

Gorges de l'Alagnon
L'alagnon en amont de Fraisse-Haut
L'Alagnon, une rivière sauvage

  • Ombrage du cours d’eau : Par son développement, elle limite l’ensoleillement et le réchauffement des eaux. La faune piscicole et astacicole du bassin de l'Alagnon est très sensible à une élévation de la température des eaux, 15°C correspond à leur optimum biologique. Son maintien est donc capital.

  • Filtre naturel : Le système racinaire de la ripisylve associé à l’activité microbienne du sol assurent une certaine épuration des éléments nutritifs (matières azotées et phosphorées) à condition que son épaisseur et sa densité soit suffisante.

  • Régulation des écoulements : En accueillant de grandes quantités d’eau pendant les crues, les boisements alluviaux ralentissent les déplacements de l’onde de crue et écrêtent son maximum. Les surplus d’eau sont stocker puis restituer plus lentement au fur et à mesure de la décrue.

  • Atout paysager : En soulignant l’existence du cours d’eau, la ripisylve rompt la monotonie des paysages de la plaine alluviale souvent dominés par les cultures.

L'Alagnon à la sortie des gorges
L'Alagnon
L'Alagnon à Fraisse-Haut

La dynamique fluviale de l’Alagnon

La géomorphologie des cours d’eau et de leur vallée est certes en partie héritée de l’histoire géologique du bassin versant mais c’est aussi le fruit de l’expression d’une dynamique fluviale active.

La rivière, un système physique énergétique

Les cours d’eau sont des systèmes dynamiques dont le fonctionnement est régi par un ensemble de processus physiques. Son évolution spatio-temporelle est conditionnée par le climat (précipitations), le relief (pente) et la géologie (nature du substrat).

La combinaison de ces 3 paramètres confère au cours d’eau une certaine énergie, ou puissance spécifique (produit de la pente du cours d’eau par le débit), que celui-ci dissipe par l’érosion et le transport de sédiments. Le flux d’un cours d’eau se compose donc d’un débit liquide (Ql) et d’un débit solide (Qs), correspondant aux matériaux transportés. La puissance spécifique du cours caractérise ainsi son potentiel de mobilité, l’expertise de sa mobilité réelle prenant en compte les contraintes socio-économiques réversibles ou non (digues, protections de berge, seuils, etc.).

L’Alagnon, une rivière sauvage

Une étude hydro-géomorphologique réalisée par le CEPA en 2004 a permis de mettre en évidence le fonctionnement dynamique latéral global de l’Alagnon.

Cette étude n’ayant pas fait l’objet d’une analyse précise, certaines précautions quant à l’évaluation subjective du niveau de protection des berges ainsi que l’évaluation de l’intensité d’érosion sont à prendre. A noter qu’aucune expertise de la dynamique verticale de l’Alagnon n’a été menée.

L’Alagnon, chargé de sédiments et soumis à de forte vitesse d’écoulement suite au passage des gorges, va exprimer sa dynamique latérale dans les zones d’accumulation alluvionnaire des secteurs de bassin ou de plaine mais aussi à travers les vallées en U . Dans ces sédiments meubles, les processus d’érosion et de dépôt alternent constamment.

Cette dynamique spatio-temporelle génère des bancs sédimentaires qui se déplacent par migration longitudinale et transversale au gré des crues pouvant alors modifier profondément l’orientation des écoulements.

Bassin sédimentaire fluvio-glaciaire de Murat ainsi que sa partie amont qui établie progressivement la transition entre la zone de gorge et le bassin de Murat. Par cette rupture de pente, la dynamique latérale de l’Alagnon dans le bassin de Murat est inéluctable bien que modérée et en adéquation avec la puissance spécifique de l’Alagnon amont. Entre 1974 et 2000, le style fluvial déjà très sinueux (Coefficient de sinuosité 1,47) est devenu méandriforme (Coefficient de sinuosité 1,52) laissant présager des recoupements de méandre à moyen ou long terme. Ce bassin constitue une zone de dissipation de l’énergie.

Les berges sont partiellement protégées sur de faibles longueurs par des matériaux inertes de construction ou des déchets végétaux dont l’efficacité est parfois controversée voire inverse à l’effet recherché. Des zones d’érosion d’intensité moyenne à forte sont observées principalement sur la partie aval de ce secteur où la ripisylve est limitée voire inexistante. Sur les 6,4 km de cours d’eau, 1/4 du linéaire de berges est érodées soit 3 km.

Ce secteur fonctionnel de l’Alagnon est d’une importance majeure. Grâce à ses capacités importantes de stockage et à la dominance de prairies dont l’inondation est peu dommageable, le bassin de Murat constitue une zone privilégiée d’expansion des crues, qui va permettre d’atténuer le pic de crue au niveau des secteurs aval.

Les espèces remarquables inféodées à l’eau :

La liste des espèces remarquables inféodées à l’eau et disposant d’un statut de protection est très longue sur le bassin de l’Alagnon. Seules les espèces emblématiques seront évoquées. A noter toutefois que de nombreuses masses d’eau ont été identifiées comme des réservoirs biologiques vis-à-vis de la faune piscicole. C’est le cas de l’Alagnon amont, de l’Allanche, du Bouzaire, de l'Arcueil, de la Sianne et de la Roche qui joue ainsi un rôle de « pépinière » et de « source colonisatrice » pour le cours d’eau aval.

Le saumon atlantique

L’Alagnon constitue un axe migrateur notamment pour le saumon atlantique (Salmo salar), espèce emblématique du bassin. Jusqu’en 1850 environ, le saumon remontait l’Alagnon jusqu’aux premières cascades naturelles de l’Alagnon soit jusqu’en amont de Laveissière (75km). La création de la microcentrale de Grand Pont à Lempdes-sur-Allagnon en Haute-Loire avait définitivement bloqué sa migration. Les travaux d’arasement réalisés en 2003 et 2005 sur ce barrage ont permis la réouverture de cet axe.

Aujourd’hui, grâce à d’autres aménagements (passe à poissons, ...), des frayères de saumon sont régulièrement recensées sur l’Alagnon jusqu’à Massiac et sur la partie aval de la Sianne. L’année 2004 a été particulièrement propice à leur remontée sur l’Alagnon grâce aux conditions hydrologiques favorables (crue importante). Cette colonisation exceptionnelle reste une référence qui met en avant tout l’intérêt de la restauration de cet axe migratoire afin maintenir les populations de saumon atlantique. Depuis 2005, le nombre de frayères est en constante augmentation

 
le saumon atlantique (Salmo salar)
La loutre (Lutra lutra)
L'écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes)

L’écrevisse à pattes blanches

L’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est une espèce protégée en France, inscrite depuis 1983 sur la liste rouge des espèces menacées établie par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et en annexes II et IV de la Directive Habitat. La conservation de cette espèce est reconnue comme prioritaire au niveau européen et fait l’objet d’un classement en site Natura 2000 « rivières à écrevisses à pattes blanches » dont tous les affluents rive gauche de l’Alagnon entre Murat et Ferrières-Saint-Mary font partis (la Pie, l’Allanche, le Bouzaire, etc.). Inféodée aux eaux courantes, fraîches, bien oxygénées et d’excellente qualité, l’écrevisse à pattes blanches présente des exigences écologiques très fortes et multiples.

L’analyse de données historiques semble indiquer une très forte régression de cette espèce. Aujourd’hui, quelques sites de colonisation ont été recensés notamment sur la Pie, le Bouzaire, l’Arcueil, la Sianne, la Voireuze, la Violette et l’Auze. La dégradation de la qualité des eaux, les atteintes aux cours d’eau et la compétition avec l’écrevisse signal sont d’autant de menaces expliquant sa régression.

La loutre

La loutre (Lutra lutra) est de retour sur le bassin de l’Alagnon depuis le début des années 1990. En 2001, des prospections se sont avérées très positives. Sa recolonisation depuis l’Allier a laissé de nombreux indices sur la quasi-totalité du bassin de l’Alagnon.

Aujourd’hui, la loutre est largement présente sur l’Alagnon, l’Auze, la Bave, la Voireuze, la Sianne, l’Alagnonnette, l’Arcueil, le ruisseau de Farges, le Bouzaire, l’Allanche, le Freissinet, le Benet et le Lagnon.

La loutre est également présente sur les lacs et les zones humides des plateaux de Chalinargues et du Cézallier dont l’ensemble constitue un secteur remarquable propice aux connexions entre les populations de la Santoire et de l’Allanche.

Les espèces invasives végétales :

Dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature, le Groupe Régional Auvergne Plantes Exotiques Envahissantes (GRAPEE) animé par le Conservatoire des Espaces et Paysages d’Auvergne (CEPA) a élaboré en 2009 une liste régionale des espèces exotiques envahissantes comportant 68 espèces dont 12 prioritaires, au titre de la conservation des habitats, de la biodiversité et de la santé publique, et 56 secondaires. Cette liste constitue une adaptation régionale de celle existante à l’échelle du bassin Loire Bretagne.

Le bassin de l’Alagnon est particulièrement touché par cette problématique où 14 espèces végétales invasives ou potentiellement invasives ont été inventoriées en 2006.

Une forte densité de colonisation est mise en évidence sur l’ensemble du cours aval de l’Alagnon jusqu’à Massiac. Des secteurs importants mais de plus en plus discontinus sont observés jusqu’à la confluence avec l’Allanche qui, contrairement à l’amont du bassin et aux autres affluents exempte d’espèce invasive, reste largement concerné par cette problématique.

Rencontrées sur près de 90% des 688 sites recensés, la Balsamine de l’Himalaya et les Renouées asiatiques constituent les 2 espèces les plus rencontrées sur le bassin.

Balsamine de l'Himalaya

Liste des espèces végétales exotiques invasives et leur abondance sur le bassin de l’Alagnon. (Source : SIGAL, 2006)

ESPECE

NOM COMMUN

ABONDANCE *

Espèces prioritaires menaçant la conservation des habitats et la biodiversité

88,94%

Impatiens glandulifera

Balsamine de l'Himalaya

69,31%

Fallopia japonica

Renouée du Japon

15,41%

Fallopia bohemica

Renouée de Bohême (hybride Sakhaline et Japon)

2,91%

Fallopia sachalinensis

Renouée de Sakhaline

1,31%

Espèces prioritaires posant des problèmes de santé publique

0,15%

Heracleum mantegazzianum

Berce du Caucase

0,15%

Espèces secondaires menaçant la conservation des habitats et la biodiversité

10,91%

Solidago gigantae

Solidage géant / Verge d'or géante

4,80%

Parthenocissus insertae

Vigne vierge commune

2,47%

Heliantus tuberosus

Hélianthe tubéreux / Topinambour

1,74%

Buddleja davidii

Arbre à papillon / Buddleia de David

0,58%

Impatiens balfourii

Balsamine de Balfour

0,58%

Ailanthus altissima

Faux vernis du Japon

0,29%

Impatiens parviflora

Balsamine à petites fleurs

0,15%

Collomia grandiflora

Collomie à grande fleur

0,15%

Helianthus rigidus

Hélianthe raide

0,15%

* Abondance des espèces végétales calculée en fonction du nombre de sites colonisés sur les 688 stations recensées correspondant à 170 km de cour d'eau (SIGAL, 2006)

 

Les espèces invasives animales :

Associé aux 14 espèces végétales, 2 espèces animales envahissantes ont été observées : l’écrevisse signal et le ragondin.