Faune et la flore invasive

 

 

 

 Faune et flore invasive d'Auvergne

 

 

 

Espèces Exotiques Envahissantes (EEE)

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante ?

Depuis que l’homme voyage, des espèces ont été transportées et introduites là où elles n’existaient pas, de manière volontaire ou accidentelle. Certaines de ces espèces exotiques parviennent à s’acclimater à leur nouvel environnement et à se disperser, plus ou moins rapidement, de façon naturelle comme le long des cours d’eau ou par l’intervention humaine (vente en jardinerie et animalerie, transports de terre, moyens de transport…). Parfois, elles se développent de façon démesurée et colonisent l’ensemble des milieux qui leur sont favorables, souvent au sein de milieux perturbés le plus souvent dépourvus de prédateurs/ravageurs naturels.

Lorsqu’elles deviennent envahissantes, ces espèces exotiques peuvent modifier les écosystèmes et amoindrir la biodiversité indigène.

  • Certaines plantes (comme la Renouée du Japon (Reynoutria japonica) ou la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora)) concurrencent les espèces communes indigènes et les éliminent progressivement. Cette colonisation des milieux engendre une banalisation de la flore locale mais aussi de toute la faune autochtone qui en dépend pour sa survie.
  • Côté faune, la présence de certains mollusques (comme les corbicules (Corbicula fluminea)) dans un bras mort peut entrainer un changement radical du milieu en raison de la densité d’individus présents et de leur capacité à filtrer l’eau et à la rendre pauvre en éléments nutritifs (oligotrophe).Cette transformation de la qualité de l’eau entrainera une modification de la flore et de la faune aquatique initialement présentes.

Tandis qu’elles tendent à créer des milieux monospécifiques et contribuent à l’homogénéisation des paysages, ces espèces exotiques envahissantes touchent parfois fortement les activités humaines.

Elles coûteraient des dizaines de milliards d’euros par an à l’Europe :

  • d’une part à cause des dégâts occasionnés sur la production agricole ou forestière, sur les routes et infrastructures, sur la production piscicole des étangs ;

  • d’autre part, à cause des dépenses de santé liées aux :

  • et enfin, à cause des opérations de gestion permettant de contenir ces espèces et de limiter leurs conséquences écologiques sur les écosystèmes, les habitats et les espèces indigènes.

Pour la faune et la flore, un bilan des espèces observées sur le territoire de l’Auvergne où dans les territoires limitrophes ont été listées puis distinguées selon leur potentiel d’invasion connu et leur répartition en Auvergne au cours de l’année 2014.

Les espèces exotiques envahissantes d’Auvergne sont représentées par :

  • 141 plantes exotiques envahissantes (sur les 396 espèces exotiques présentes)
  • 27 espèces animales exotiques envahissantes
Ces listes ne sont pas figées et pourront être actualisées, car l’introduction de nouvelles espèces et leur dispersion sur le territoire reste dynamique au cours du temps. Les cartes permettent de visualiser les données collectées. Vous pouvez participer à leur amélioration en nous informant de vos observations. D’autre part, des espèces particulièrement discrètes et difficiles à identifier peuvent passer inaperçu, et leur répartition peut sembler lacunaire sans que cela corresponde à la réalité.

Ces espèces ont fait l’objet d’une évaluation individuelle selon les connaissances acquises sur le territoire considéré ou sur d’autres territoires afin de préciser la situation actuelle en Auvergne et la capacité invasive connue de chacune.

Renouée du Japon

Jussie à grandes fleurs

 Hebe de la Pampa

Arbre aux papillons

Liste hiérarchisée pour la Flore Exotique Envahissante en Auvergne

Liste hiérarchisée pour la Faune Exotique Envahissante en Auvergne

La propagation rapide et massive des espèces exotiques (faune, flore), formant parfois des populations denses, peut engendrer des atteintes à l’environnement (appauvrissement de la biodiversité, perturbation des sols…), à l’économie (perte de rendements agricoles, dépréciation des récoltes, intoxication du bétail…) ou encore à la santé humaine (allergies, dermatoses…).

Sur ce sujet, le Conservatoire Botanique national du Massif Central (CBNMC) et le Conservatoire d'Espaces Naturels d'Auvergne (CENA) ont créé et mettent à disposition un portail numérique. Ses finalités pratiques sont multiples :

  • mieux identifier ces espèces
  • repérer leur progression
  • valoriser des actions expérimentales de lutte contre leur développement
  • ...

Un outil donc à enrichir, avec la contribution du plus grand nombre...

Accéder au portail numérique

La flore exotique envahissante en Auvergne

Bilan de la cotation pour l’Auvergne

Une cinquantaine d‘espèces présentent un risque invasif élevé et sont donc susceptibles de poser des problèmes de prolifération dans un proche avenir.

Les efforts de surveillance devront donc porter sur ces espèces (50 espèces en Limousin et en Auvergne, 47 espèces pour le Massif Central Rhônalpin) dans le but de détecter au plus vite un comportement envahissant et intervenir en conséquence.

Pour la flore, une liste hiérarchisée des espèces végétales exotiques envahissantes en Auvergne a été publiée en 2014 par le CBNMC (Bart et al., 2014). Cette liste comprend 141 taxons exotiques envahissants :

  • 33 considérés comme envahissants avérés
    Plantes exotiques dont la prolifération occasionne des dommages (avérés ou supposés) importants sur l’abondance des populations des espèces végétales indigènes et les communautés végétales.
  • 18 potentiellement envahissants
    Plantes exotiques qui présentent un comportement envahissant plus ou moins marqué dans les zones cultivées ou perturbées. Ces taxons peuvent se retrouver dans les milieux naturels mais n’y forment pas pour le moment de populations denses et ne sont donc pas actuellement une menace directe pour ces milieux.
  • 90 émergents
    Plantes exotiques dont l’ampleur de la propagation n’est pas connue ou reste très limitée et qui seraient susceptibles de créer des dommages sur les communautés végétales envahies si elles se propageaient. Certaines de ces espèces pourraient poser problème dans un avenir proche en Auvergne : Amorphe faux-indigo (Amorpha fruticosa), Asclépiade de Syrie (Asclepias syriaca), Bambous, Herbe de la pampa (Cortaderia selloana), Souchet robuste (Cyperus eragrostis), Lentille d’eau minuscule (Lemna minuta), Lenticule à turion (Lemna trisulca), Chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica), Lyciet commun (Lycium barbarum), Raisin d’Amérique (Phytolacca americana), Laurier-cerise (Prunus laurocerasus) ou Laurier-palme, Cerisier d’automne (Prunus serotina), Chêne rouge d’Amérique (Quercus rubra), Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis), Solidage du Canada (Solidago canadensis), Symphorine à fruits blancs (Symphoricarpos albus), Aster de Virginie (Symphyotrichum novi-belgii), Aster à feuilles lancéolées (Symphyotrichum lanceolatum), Aster de la nouvelle Angleterre (Symphyotrichum novae-angliae)...
Bilan de la problématique végétale invasive en Auvergne 2014

Souchet robuste

Lyciet commun

Solidage du Canada

L’ambroisie,

une plante envahissante et dangereuse pour la santé...

Qu’est-ce que l’ambroisie ?

L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) est une plante invasive dont le pollen émis en fin d’été est particulièrement allergisant. Il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d’air pour que les manifestations allergiques apparaissent chez les sujets sensibles, généralement en août-septembre. Les plus courantes sont des rhinites, des conjonctivites, ou des symptômes respiratoires tels que trachéite, toux et parfois urticaire ou eczéma.
Dans 50% des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition de l’asthme ou provoquer son aggravation.

De par son caractère envahissant, l‘ambroisie se développe dans toute l’Europe, avec de forts impacts sur la santé et l’agriculture. Elle colonise une grande variété de terrains (espaces agricoles, bords de voies de communication, chantiers de construction, terres en déprise...).
Aujourd’hui, l’ambroisie est majoritairement présente dans la vallée du Rhône mais son aire de répartition s’élargit d’année en année sur le territoire national.
Notre département est pour le moment peu infesté, d’où l’importance d’une stratégie de prévention et d’observation pour maitriser son expansion : c’est maintenant qu’il faut agir !

 

 

Comment lutter contre l’ambroisie ?

Pour éviter la production de pollen et limiter la reproduction et l’expansion de cette espèce, les plants d’ambroisie doivent être systématiquement détruits. Il est en effet possible d’éliminer l’ambroisie dès le mois de juin, quand elle est suffisamment développée pour être reconnaissable et avant le démarrage de sa floraison à la mi-juillet.

Suivant la taille de la surface infestée et le type de milieu concerné (surface agricole, bords de route, zone de chantier...), la destruction peut se faire par arrachage, tontes ou fauchages répétés menés sur les seules zones contaminées par l’ambroisie, ou par le déchaumage de parcelles de céréales envahies, ou d’autres techniques culturales appropriées. En dernier recours, la lutte chimique peut être utilisée de façon raisonnée, au moyen de produits homologués et en respectant les modes d’emploi.
Attention, portez des gants de jardinage en cas d’arrachage. Par précaution, les personnes allergiques et notamment les personnes très sensibles au pollen doivent s’abstenir de tout contact avec la plante, même non fleurie car l’allergène est présent en quantité infinitésimale dans la sève.

Les terrains ne doivent pas être laissés nus ou en friche, mais doivent être couverts systématiquement (couvert végétal dense à base d’herbacées et de légumineuses vivaces, protection du sol avec des matériaux bloquant le développement de la végétation tels que le paillage ou des copeaux de bois...). La durée de vie dans les sols des semences d’ambroisie étant de plusieurs années, les actions de lutte doivent être menées sur le long terme.
Un arrêté préfectoral prescrivant la destruction obligatoire de l’ambroisie vient d’être pris dans le département du Cantal

Comment reconnaître l’ambroisie ?

Aux différents stades de son développement, l’ambroisie à feuilles d’armoise peut être confondue avec d’autres plantes (notamment avec l’armoise commune et l’armoise annuelle). Aussi, pour l’éliminer efficacement, il est nécessaire de bien la reconnaître (cf. plaquette ci-jointe).

En savoir plus :

Observatoire des ambroisies : www.ambroisie.info
ARS Auvergne : www.ars.auvergne.sante.fr
Réseau National de Surveillance Aérobiologique : www.pollens.fr

Les animaux invasifs

De nombreux animaux ont été le plus souvent introduits volontairement par l’homme pour leur productivité, en dépit des risques encourus par l’environnement.

Ces espèces invasives sont en compétition avec les espèces locales en consommant les proies, en occupant leur territoire, et se reproduisant plus vite.

Elles profitent de la détérioration des milieux et l’amplifient car elles sont adaptées à des facteurs de pollution que ne supportent pas les espèces locales exigeantes en qualité de l’eau.

Pour ces espèces vulnérables ou menacées d’extinction, la pression exercée par ces concurrents est redoutable .

Chien Viverrin présent dans le Sud du Cantal

Le Raton Laveur pénétre dans le Cantal, par la vallée de l’AlagnonL'Ibis Sacré à un impact fort sur la biodiversité

La 1ere liste régionale des especes animales invasives a été établie de manière exhaustive spécifiquement pour l’Auvergne.

Aussi pour la période 2013-2014, huit espèces exogènes sont classées nuisibles dans le département selon l’arrêté ministériel du juillet 2013 :

  • chien viverrin,
  • raton laveur,
  • vison d’Amérique,
  • ragondin,
  • rat musqué
  • bernache du Canada.

L’expansion récente du raton laveur et du chien viverrin est analysée en 2014 dans cet article de la revue Faune sauvage.

Le Guide des especes Animales invasives illustre les principales espèces animales ayant colonisé les milieux aquatiques du Massif Central et susceptibles d’être rencontrées dans le Cantal. 

L’impact du ragondin n’est pas négligeable. En creusant des terriers pouvant atteindre 10 m pour un diamètre de 20 à 23 cm, il déstabilise les berges en accélérant leur érosion et envase les voies d’eau. En consommant plus de 3 à 4 kilogrammes de matières végétales par jour, ce sont des cultures tel que le maïs, le colza, les céréales, les plantes maraîchères et de jeunes plantations qui disparaissent. Sans compter, l’altération de la qualité des sites humides, la destruction de frayère, les dégâts à la végétation aquatique : carex, roseaux, rhizomes ou la perturbation de la nidification incombant à sa présence. Il est à noter que le ragondin est porteur de parasites et de bactéries pouvant contaminer l’homme et le bétail (la grande douve du foie et la leptospirose).

Le ragondin n’a pas de prédateurs naturels.

Le Raton laveur en Auvergne : suivis de la répartition et étude du régime alimentaire (Charles Lemarchand, Groupe mammalogique d’Auvergne). Le Raton laveur est un carnivore de la famille des Procyonidés. Cette espèce plutôt solitaire et nocturne a de faibles exigences concernant son habitat et un régime alimentaire opportuniste à large spectre, comportant des proies terrestres, aquatiques et arboricoles. Elle est également prolifique et possède une espérance de vie d’une quinzaine d’années, avec une prédation faible sur les jeunes et nulle chez l’adulte. L’ensemble de ces caractéristiques rendent la prolifération et la dispersion de cette espèce très probable. En Auvergne, le Raton laveur est connu depuis les années 1970, où il a eu une expansion rapide le long des cours d’eau sur le bassin de l’Allier. Son impact potentiel concernant la concurrence (notamment avec le putois) et la prédation demeurant inconnus, un projet d’étude de son régime alimentaire a été initié en 2015. Il repose sur l’analyse des contenus stomacaux des individus piégés, tués à la chasse ou victimes de collisions. Les cadavres de ratons laveur sont à signaler à la DREAL, l’ONCFS ou au Groupe mammalogique d’Auvergne.

Biologie et impacts du Frelon asiatique

Le Frelon asiatique est plus petit que le Frelon européen et est reconnaissable à ses pattes à chaussettes jaunes. Cette espèce active uniquement le jour semble suivre les rivières dans sa dynamique de colonisation. Elle a des impacts multiples sur l’apiculture (consommation d’ouvrières, affaiblissement général de la ruche) qui sont plus importants en ville du fait de la plus faible diversité en proies disponibles dans le milieu urbain. La consommation d’abeilles a des conséquences sur la pollinisation et le piégeage non-sélectif des frelons asiatiques a des impacts plus importants sur la faune indigène que sur les frelons. Le Frelon asiatique a d’autre part des effets sur la santé, sa capacité à attaquer en nombre et le nombre d’individus présentes dans un nid font que l’exposition aux risques de piqûre (2% de la population française est allergique au venin d’hyménoptères) est nettement plus importante qu’avec le Frelon européen

Biologie et impacts de la Coccinelle asiatique

La Coccinelle asiatique a été introduite en France afin de réduire l’utilisation d’insecticides contre les pucerons (lutte biologique). Elle a été détectée pour la première fois en France en 2004 et est actuellement présente dans tous les départements de la métropole. Cette espèce présente des impacts sanitaires, biologiques et agricoles.

Contribuez au projet Eurofrelon !

Eurofrelon est un projet participatif de chercheurs de l’INRA et du CNRS sur le frelon asiatique (Vespa velutina).

L’objectif est de comprendre les différentes adaptations qui favorisent l’expansion de ce redoutable petit prédateur, afin de mieux en réguler les populations.

 

Un peu plus d’infos sur le projet

Le frelon asiatique à pattes jaunes Vespa velutina est un prédateur d’abeilles et d’autres insectes introduit en France accidentellement en 2004. Maintenant présent dans une grande partie de l’Europe, sa vitesse d’expansion augmente dangereusement : Mais pourquoi ? Est-ce un transport passif par l’homme ? Et si c’était aussi une évolution des populations ?
 

En effet, le climat et le temps depuis lequel ils sont présent dans une région pourraient faire développer à ce frelon de nouvelles caractéristiques physiques (taille, poids, taille des ailes etc...), qui changeraient sa vitesse de vol.

Grace à la capture de fondatrices partout en Europe, nous voulons comprendre ces mécanismes évolutifs. Les résultats de cette étude permettront de mieux caractériser les populations suivant leur environnement, et d’ainsi mieux comprendre et suivre l’invasion, dans le but de mettre en place des stratégies de régulation adaptées, mais également de mieux anticiper leur expansion ! En associant des mesures directes de morphologie et de génétique, des chercheurs de l’INRA et du CNRS vont tenter de répondre à cette question.

Comment participer ?

Si vous souhaitez participer à cette étude, il vous suffit d’envoyer des fondatrices, capturées dans votre région avant qu’elles nidifient, en suivant les recommandations ici.

Retrouvez toutes les informations sur le flyer joint et sur le site web du projet.

 

EuroFrelon 2017

Dites nous l’emplacement de vos pièges :

en cliquant ici

Etape 1 - Fabriquer un piège

 

 

 

 

 

 

Etape 2 - Congelez les fondatrices

Etape 3 - Envoyez-les !